Publié par : Memento Mouloud | octobre 8, 2015

Aphorismes d’après…

La prière d’Allah : pas un seul homme libre

Je suis un schisme vivant

Notre époque s’imagine si peu d’ennemis qu’elle ne les conçoit que monstrueux.

L’histoire de l’émergence au sein d’une collectivité nationale d’un individu libre ou du moins à peu près autonome ressortit à la chronique aventureuse.

L’effroi n’est pas seulement la figure de l’Ici puisqu’il interdit tout ailleurs et même toute fuite. L’effroi condamne à la diversion ou à la mort, c’est le dilemme de notre temps.

Chaque fois que nous dormons, les morts nous veillent

Le bonheur est si insupportable qu’on s’en divertit par quelque crime ou corruption, aussi le bonheur et l’humiliation ne peuvent se discerner.

Je m’en vais, vous me chercherez en vain et vous mourrez dans votre péché

L’existence d’un peuple est indissociable de ses victoires. A ce compte, combien de peuples ont d’ores et déjà disparu ?

Le bonheur est une idée qui n’en finit plus de soumettre.

Que pouvez-vous attendre de gens qui n’aiment pas le théâtre, l’ivresse, les visages de femmes et la fiction ?

La consommation est notre destin ou notre providence. Tous bourgeois, petits ou grands, tel est le slogan.

De quelque sorte que ce soit, qui m’aurait proposé une telle vue, je l’aurais pendu

La bourgeoisie n’est pas seulement une classe mais une morale, celle du déshonneur permanent.

Bêtes sans instinct, nous tuons par plaisir, nous souffrons d’amour et la tristesse dévore notre cœur.

Ceux qui ne croient pas aux cauchemars n’ont pas de rêves

Seuls les porcs désirent rire de tout

On n’a jamais autant parlé de politique depuis que celle-ci a disparu.

Toutes les ouvertures te rappellent l’infini, inutile de les combler

Le quadrilatère de l’oligarchie unit les milieux d’affaires à ceux du spectacle et les deux aux juges et aux journalistes.

Un Dieu visible, il faut l’oublier

Il y avait des fascistes et des communistes, des républicains et des monarchistes, des réactionnaires et des hommes de progrès. Il y avait donc du sacré, il n’y a plus que l’argent.

L’âme commence par un secret, une lecture

L’argent triomphe mais ne convertit personne, plus son règne s’étend plus la folie s’affirme.

Quand ils nous enterrent, ils voudraient voler notre solitude

Pangloss est notre sage

La société n’a aucune valeur puisque la solitude nocturne la précède

Ils ne demandent qu’à jouir, ils finiront donc sacrifiés

La langue est un artifice qui nous divise

La politique était du domaine du limité mais le domaine de l’argent n’a aucune borne connue, il me vient un titre pour le grand livre de sa nature, event horizon.

Le pouvoir appelle le crime, le troupeau et le gueuloir ; la liberté, le retrait, la triche, le clandestin

Les derniers révolutionnaires proclamés veulent enterrer la démocratie, peut-être n’ont-ils pas compris qu’elle a déjà disparu.

L’homicide de celui qui n’est pas un tiers. Cela a plus d’honneur que tous les martyres

La gauche n’a plus qu’une fonction réelle, rendre la transparence parfaite et les épurations permanentes, son devenir est celui du délateur public et son comparse, le juge.

Le premier voleur c’est le Temps, le second, c’est la mort

Les parlementaires sont le cirque permanent qui blanchit le capital de sa corruption structurelle

Nous naissons après avoir vécu

Le capital est né de la fable d’une conjonction, celle des intérêts et des besoins, la politique, d’une résurgence, celle de la tragédie.

L’euthanasie est le contraire d’une mort libre puisqu’elle demande une autorisation

Le Front National menaçait la démocratie réellement enterrée. Depuis que Marine Le Pen peut envisager d’entrer dans le prochain gouvernement, la menace s’appelle Soral ou Dieudonné, Tarnac ou les zadistes, le gang des barbares et ceux à capuches, les miliciens de l’islam et les skinheads. Enfin, tous ceux qu’on chargera du fardeau de ressusciter un fantôme.

La liberté est une poussée de la nature, une sortie de la jachère et des prés, une fuite hors de la ferme

Ce n’est pas seulement Dieu qui est mort, mais les conditions mêmes auxquelles il était possible de l’embrasser et de l’aimer si bien qu’on l’a remplacé par la mondialisation.

Là-bas disait Baudelaire, any where, c’est-à-dire dans les livres

En célébrant la chute du mur de Berlin ou plutôt son ouverture vespérale, ils célébraient la honte qu’ils éprouvaient devant toute Histoire, devant tout tragique, ils le célébraient avec des boules de lumières.

Quand ils chassaient, les hommes ne prenaient pas modèle sur leurs parents mais sur les bêtes fauves.

On a jugé les fascistes et les communistes sur leurs crimes, d’où vient que le capital qui en commet chaque jour ne soit jamais jugé ? Formé de la chair de toutes les vipères, le capital penche du côté d’Asclépios, il est le grand guérisseur des angoisses humaines. Appelant toutes les jouissances, il est aussi le grand sacrificateur, il tient dans une maxime et un impératif : que chacun soit le bourreau de lui-même.

Le croyant est comme un chien, c’est un animal de meute, obéissant, passionné du groupe, il cherche les récompenses et adore son maître.

Le capital est le rêve éveillé de l’émigré, le devenir-naufragé de chaque homme.

Addictus : l’esclave pour dettes

Les amateurs de complots sont les enfants de la Transparence, ils voudraient que le secret soit impossible et comme banni de l’existence.

Il demanda, quels sont tes tyrans ?

Lors du premier krach post-moderne de 1987, des centaines de banquiers allèrent croupir en prison, en 2008, il n’y en eut qu’un, Madoff. Entre temps, le capital a décrété son innocence perpétuelle.

Le Japon est l’extrême raffinement de la civilisation, les Etats-Unis y répondirent par deux bombes atomiques

Comme le capital est amoral, il lui faut nécessairement se dire naturel, c’est-à-dire dans sa langue, darwinien. Mais le capital est trop retors pour se réclamer d’un seul discours. Dès lors il ira s’imposer jusque chez son ennemi communiste qui finira par l’adopter, d’abord parce que la couleur du chat est indifférente quand il attrape les souris, ensuite parce qu’il aura rallié cet étrange idiome. Enfin, il ira s’imposer jusque dans les consciences quand il se dira propre et signera des contrats dans lesquels il est stipulé que la sortie de la pauvreté commence quand on gagne plus de 2 dollars par jour. Il sera alors, non pas applaudi et acclamé mais considéré comme indépassable.

Aimer son ennemi est un privilège, le plus souvent l’ennemi est trop con

La seule égalité que revendique le capital est celle de la compétition. Le sport est donc son portrait craché, coulisses comprises.

L’athée est l’ennemi de tous les troupeaux

Du temps où la révolution existait, ceux qui avaient été vaincus avaient payé de leur vie et de l’exil leur défaite provisoire. Quand Daniel Cohn-Bendit et les autres l’ont délaissée, ils ont commencé une nouvelle carrière.

La République française s’est arrêtée en chemin, pour complaire

Warhol prophétisait le quart d’heure de célébrité pour tous. Comme d’habitude, il mentait. La nouvelle règle ne promet pas la célébrité à tous, il la promet au quelconque. Par cette procédure, il ne rend pas le pouvoir juste, il le rend désirable.

Un pur rien, un simple nom, un son, une idée abstraite

Quand tous croient aux vertus du capital ou du moins à l’impossibilité de s’en passer, le libéralisme est la doctrine commune parce qu’elle est la doctrine de l’innocence intrinsèque de l’Argent et de la malveillance de ses détraqueurs.

Les gens athées se trahissent en leurs bibliothèques, ça tombe bien plus personne ne sait lire

One nation under God et cette nation se dit libre ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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