Publié par : Memento Mouloud | octobre 17, 2015

Dictionnaire Jeanne d’Arc : lettre B

Barbazan Arnaud-Guilhem :

Dit « cœur d’argent fin, fleur de chevalerie ». Il servit le duc d’Orléans, celui de Berry, fut chambellan du dauphin et sénéchal d’Agen. Il est placé à la tête de la forteresse de Melun où il fut capturé par les anglais conduits par le comte de Salisbury. De son côté, en 1422, le bâtard de Vaurus avait préféré être tué que de passer du côté anglais lors du siège de Meaux. Libéré de Château-Gaillard en 1429 par les soins de La Hire, il épaule René d’Anjou contre l’envoyé du duc de Bourgogne, Antoine de Lorraine. En juillet 1431, il trouve la mort lors du désastre de Bulgnéville où René d’Anjou est capturé.

Basin Thomas :

Evêque de Lisieux, il tient la chronique du règne de Charles VII. Il note la présence obsédante de champs incultes dans la France anglaise. Alors que Gilles de Rais servira de pâture aux légendes et de prétexte à un petit récit de Michel Tournier, il constate que c’est par centaines que les paysans sont enlevés contre rançons, à l’instar des moeurs colombiennes ou syriennes d’aujourd’hui. Parti français comme « brigands » vivent sur la bête, c’est-à-dire les paysans. Les anglais ont beau élever des potences et des vergues où jouissent dans un dernier sursaut les pendus, rien n’y fait, le commerce suit son cours, business as usual. Selon son analyse, les capitaines français et les nobliaux préféraient une victoire anglaise à la celle des paysans insurgés du pays de Caux. Il dira de Charles VII, qu’épris de luxe et plongé dans l’oisiveté, il laissa son royaume à la dérive n’ayant aucun souci de son salut, de sa sécurité et de sa défense. Sur demande de Charles VII, il énumère les 12 causes de nullité du procès de Rouen pour vice de forme et les 7 causes sur le fond de l’innocence de la Pucelle.

Bavière Isabeau de (et ses favoris) :

Née, Elisabeth de Wittelbasch, en 1371, elle est la fille d’Etienne II et de Taddea Visconti. Toutefois, sa famille ne lui octroie aucun douaire, ce qui la contraint à bâtir elle-même sa fortune. Elle comptait, en partie, sur son fils, le dauphin Louis de Guyenne pour s’assurer domaines et revenus et doit donc composer avec les appétits féroces de Jean sans Peur. Habile, elle offre sa fille en mariage à Richard II. Elle-même réside à l’hôtel Saint-Pol, résidence officielle du couple royal. Lorsque le roi entre dans une nouvelle période de démence, elle se réfugie à l’hôtel Barbette, puisque Charles VI ne la reconnaît plus et la bat. Comme le cérémonial royal est public et que les médecins pensent que l’activité sexuelle permet à Charles VI de soulager ses souffrances, Elisabeth est souvent assaillie par son royal mari. Le dernier coït connu du couple royal date du 10 mars 1408. Elle n’eût pas moins de 12 enfants dont le dernier, Philippe, est glissé dans la liste des filles, dans l’histoire de France de Villaret (1770) contre l’avis du chroniqueur de Saint-Denis (1457). Toutefois, les exhumations du 10 août 1793, ne mentionnent pas le tombeau du petit Philippe et il n’y eut aucune fondation funéraire attachée à sa mémoire. Brantôme comme le marquis de Sade lui prêtent une liaison avec Louis d’Orléans alors que la dernière reine de France qui se soit affichée avec un amant, Marguerite de Bourgogne, avait fini congelée en haut d’une tour. Bien entendu, le marquis de Sade attribue à la femme de Louis d’Orléans, une liaison parallèle avec Charles VI. Or, une reine française ne peut être queen and quean. En effet, si la bâtardise est reconnue jusque dans les blasons (elle est marquée d’une barre oblique), dans les lignages nobles, elle est absolument incompatible avec la théorie du sang royal élaboré lors du règne de Philippe le Bel puisque celui-ci n’est marqué d’aucune bâtardise. Il est pur et fonctionne comme signe de l’élection divine qui touche la royauté française et elle seule. De plus ce sang pur se dédouble puisque le roi porte une sorte de stigmate de son élection sur l’épaule droite (selon la prophétie d’Isaïe). En 1405, Isabeau se replie avec le duc d’Orléans sur Melun. Ses proches sont Pierre de Giac, la Trémoille, Louis de Boisredon. La femme de Giac, Jeanne de Naillac fut du cercle d’Isabeau. On la dit aussi maîtresse de Jean sans Peur. Pierre de Giac était seigneur de Châteaugay-Riom et soi-disant amant de la reine. C’est lui aussi un proche de Jean sans Peur. On a donc un quadrilatère Isabeau/Jean sans Peur/ Jeanne de Naillac/Pierre de Giac. Après avoir liquidé sa femme, Giac épouse Catherine de l’Isle-Bouchard et devient, en 1424, maître des finances. En plein délire de toute puissance, il destitue Robert le Maçon mais ne perçoit pas le degré d’hostilité qu’Arthur de Richemont lui voue, ce qui le conduit à la chute.

Dans une intrigue, Isabeau joue le rôle de la mauvaise femme à laquelle s’oppose la « bergère » miraculeuse, pure, sainte et entêtée comme s’il était nécessaire qu’elle se moule dans la maxime qui voulait que « la France perdue par une femme serait restaurée par une pucelle ». L’ironie veut qu’Isabeau ait conçu sa fille, Isabelle, qu’elle offrit à Richard II, en mariage, comme cette pucelle qui se chargerait de racheter les péchés de la reine Isabelle de France qui fit assassiner Edouard II afin de gouverner avec son amant.

Bergame Philippe de :

Il dit de Jeanne qu’elle possède une rusticina facie mais qu’elle est « toto corpore praevalida (bien charpentée) de « brevi statura » (petite) et les cheveux noirs (nigro capillo). Quicherat dira de lui, qu’il était un homme d’esprit inexact et très ignorant des choses de la France.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :