Publié par : Memento Mouloud | novembre 2, 2015

Air Cocaïne la fausse piste Sarkozy les clowns frontistes et le vrai chemin des corses et des barbouzes

Accusés par les autorités de la République dominicaine d’avoir tenté de transporter 630 kilos (680 selon d’autres sources) de cocaïne fournis par le cartel mexicain de Sinaloa, cocaïne répartie en 680 paquets et 26 valises à bord d’un Falcon 50, deux Français, Pascal Fauret et Bruno Odos, étaient assignés à résidence en attendant un nouveau procès. Deux jours plus tard, l’avion avait été réservé pour un vol Paris-Bordeaux et devait ce jour-là acheminer Nicolas Sarkozy convoqué par le juge Gentil dans le cadre de l’affaire Bettencourt. C’est la première des coïncidences qui a permis à la juge d’instruction française de saboter le travail d’enquête. Les deux pilotes ont quitté clandestinement cette île des Caraïbes il y a plus d’une semaine. L’affaire impliquait deux autres Français : le passager Nicolas Pisapia mis en relation avec Ali Bouchareb et l’apporteur d’affaires Alain Castany. Dans le volet dominicain de l’affaire, plus de 30 policiers, douaniers et militaires furent écroués en même temps que les quatre Français.

L’affaire Air Cocaïne remonte au 9 décembre 2012. Ce jour-là, un Falcon 50 se pose à l’aéroport de La Môle-Saint-Tropez en provenance de République dominicaine. Dix lourdes valises sortent de l’avion piloté par Bruno Odos et Pascal Fauret et à bord duquel avait pris place Nicolas Pisapia. Le 4 mars 2013, en provenance de Quito, en Équateur, le même Falcon, avec les mêmes pilotes, se pose au Bourget. Nicolas Pisapia est encore à bord, en compagnie d’Alain Castany. Mais selon la police, aucune valise n’est déchargée ce jour-là.  La juge cherche encore qui payait l’avion lors des trois vols en provenance d’Amérique latine.

« Il y a plein de gens qui font appel à Castany, ancien pilote d’Alexandre Balkany ; pour organiser des vols discrets. C’est son métier… » Cette confidence d’une source proche de l’enquête situe le rôle prêté à Alain Castany, le « logisticien » du voyage. Cet ancien assureur, condamné en 2002 pour abus de confiance au préjudice d’AXA, est un passionné d’aéronautique. Plusieurs de ses sociétés sont basées à Paris. Allure martiale et portant beau malgré ses 67 ans, Castany s’est présenté aux autorités dominicaines comme le troisième pilote du Falcon. « Son nom figure sur les documents de vol comme membre de l’équipage », insiste Me Karim Beylouni, son avocat.

Il venait juste d’atterrir en provenance de Roumanie et, officiellement, était le seul passager du jet privé. Pourtant Nicolas Pisapia, 38 ans, n’a pas vraiment le profil d’un businessman capable de s’offrir un tel voyage en Falcon. Marié à une Roumaine employée comme réceptionniste dans une clinique et qui gagne 300 euros par mois selon la presse roumaine, ce jeune papa est sourtout présenté comme l’ami et l' »homme à tout faire » d’un homme d’affaires français installé en Roumanie. Un Toulonnais comme lui, un certain Frank Colin. Cependant, Fabrice Alcaud, un dirigeant actionnaire de SN THS, avait joué de ses contacts début 2013 pour joindre un agent de la Direction de la coopération internationale (DCI). Et ce, avant même le fameux vol « Air cocaïne ». Alcaud voulait en effet, à la suite des inquiétudes des pilotes, se renseigner sur son nouveau client, Nicolas Pisapia. Visiblement, ils avaient été assurés. En effet, Alcaud, décidé à en savoir plus, avait été mis en relation avec des policiers de l’OCRTIS, qui lui auraient affirmé qu’aucune enquête n’était menée contre le passager d’origine roumaine.   Pour les trois vols transatlantiques (Saint Domingue, Quito et Punta Cana) avec pour passager Nicolas Pisapia, SN THS avait signé un juteux contrat, d’environ 300 000 euros. Et d’importants retards de paiement – des « délais de paiement déraisonnables » – attirèrent l’attention des enquêteurs, qui se demandaient pourquoi, alors qu’on parle de sommes colossales, certaines prestations n’avaient pas été payées en temps et en heure.

L’avion à bord duquel ils ont été arrêtés appartenait à l’homme d’affaires Alain Afflelou, qui le louait à SNTHS, la société des deux pilotes, quand il n’en avait pas l’usage, pour réduire ses frais d’entretien et de fonctionnement. L’avion devait atterrir à Saint-Tropez où l’attendait la gendarmerie française qui avait sans doute reçu le même tuyau fournis par les autorités états-uniennes familières des réseaux de la french connection. Rappelons que cette même société SNTHS avait transporté l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, entre décembre 2012 et février 2013, lors de vols payés par l’un de ses amis, l’homme d’affaires Stéphane Courbit. D’ailleurs, la juge française, en charge de l’affaire, a demandé aux policiers de la brigade financière d’obtenir la géolocalisation de deux téléphones portables de l’ancien président, pour les mois de mars et avril 2013. Elle a aussi souhaité consulter un an de fadettes, de mars 2013 à mars 2014. Un travail d’enquête de la brigade financière qui a fait, jusqu’ici, chou blanc.

Selon une source proche du dossier citée par Le Monde, des commandos de marines et des agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) seraient impliqués dans cette opération. Des barbouzards frontistes seraient aussi de la partie. « Des Dominicains et des agents de l’État français ont participé à cette exfiltration, sans avoir reçu de feu vert officiel de leurs États respectifs », a précisé cette source. D’après Europe 1, Christophe Naudin, expert autoproclamé du « terrorisme aérien » et de la « criminalité identitaire », était à bord de l’avion qui a ramené en France les deux pilotes. « D’abord sur le premier vol, un vol Air Caraïbes entre Saint-Martin, île franco-néerlandaise des Antilles, et Fort-de-France, en Martinique, indique la radio. Puis sur le second, en direction de la France, un vol Corsair entre Fort-de-France et Orly, arrivé samedi matin. » D’après les informations de Valeurs actuelles, « ce serait entre autres, grâce à un hélicoptère que les deux hommes auraient quitté la République Dominicaine. Ils ont été transbordés d’un bateau sur un autre pour rejoindre une île française des Antilles. L’hélicoptère aurait servi à faire diversion, d’après nos informations. Les deux pilotes ne sont pas montés à son bord. Après vérifications faites auprès de nos sources, l’hélicoptère n’a finalement pas été utilisé.  La facture de location de l’hélicoptère, que Valeurs actuelles s’est procurée dans la nuit de lundi à mardi et révélée ce mardi 27 octobre en attesterait. Editée au nom d’Aymeric Chauprade, elle donne des précisions sur la taille de l’hélicoptère, le nom de la compagnie et le prix de la location. Pour organiser l’expédition, il est possible que le député européen proche de Marine Le Pen, qui a été enseignant à l’Ecole de Guerre pendant 10 ans et qui est officier de réserve dans la Marine Nationale ait sollicité des « amis » qu’il a côtoyés dans les différentes promotions qu’il a formées. »

Plusieurs élus se sont démenés pour les pilotes. Parmi eux, le député européen (FN) Aymeric Chauprade, le sénateur (UDI) représentant les Français établis hors de France, Olivier Cadic, les députés des Bouches-du-Rhône Christian Kert (LR) et Jean-Pierre Maggi (PS). Mardi, ce sont deux avocats réputés proches de Nicolas Sarkozy ou de ses réseaux, Me Éric Dupond-Moretti et Jean Reinhart, qui se sont saisis du dossier pour assurer la défense des deux pilotes. Le sénateur centriste Olivier Cadic fait la tournée des médias pour se « réjouir » du retour en France de ces « deux types épatants » « C’est ma conviction, ils n’ont vraiment rien à se reprocher. » « Ce sont des militaires. Ils ont défendu la France. C’est pour ça qu’il fallait les défendre. » Le 17 octobre, peu avant leur évasion, Aymeric Chauprade a dîné avec les deux pilotes, à Saint-Domingue, et immortalisé l’instant par une photo sur son compte Twitter. « Je dînais avec eux, (…) ils ne cachaient pas leur intention de partir », a raconté l’élu mardi soir sur BFMTV, en se disant « très heureux de la réussite de cette évasion ».

Ami de l’oligarque russe Konstantin Malofeev, Chauprade  se vante de détenir un « important carnet d’adresses international », et raconte avoir créé sa propre société de conseil « pour répondre aux demandes d’expertise de grands groupes français ou de banques suisses ». Il a conseillé plusieurs personnalités internationales, comme le roi du Maroc Mohammed VI pour le Sahel, mais aussi l’ancien président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, entre 2009 et 2012.  La députée FN Marion Maréchal-Le Pen l’a quant à elle « félicité » pour sa mobilisation « dès le premier jour » pour ces pilotes.

Pascal Fauret et Bruno Odos ont tous deux été interrogés par la juge d’instruction marseillaise Christine Saunier-Ruellan, qui s’est déplacée pour ce faire en République dominicaine, les 22 et 23 mai 2013. Les deux amis, anciens pilotes de chasse, avaient quitté l’armée au bout de vingt ans de service (essentiellement dans l’aéronautique navale), pour se reconvertir dans les vols privés, plus rémunérateurs. Face à la juge, ils se posent en victimes d’un coup monté, et se plaignent de leur arrestation deux mois plus tôt ainsi que de leurs conditions de détention.

Dans le volet français de l’affaire dite « Air Cocaïne », toujours instruit à Marseille, on retrouve les principaux protagonistes du dossier dominicain – dont les deux pilotes – mais aussi un douanier français basé dans le Var ou encore les responsables d’une société de location d’avions, la Société nouvelle Trans-hélicoptère service (SNTHS). La figure centrale de cette enquête française est un certain Franck Colin, soupçonné d’être l’organisateur du trafic pour le compte de trafiquants espagnols. Il est le seul de tous les mis en examen à être toujours en détention provisoire en France.

Depuis son mariage en 2009 avec la belle Maria Marinescu, une créatrice de mode très en vue à Bucarest dont le père est un proche d’Ion Iliescu, Colin s’affichait dans tous les magazines people de Roumanie. Frank Colin, 40 ans, débarque à Paris à la fin des années 1990 dans les valises d’un autre enfant de Toulon, Jean Roch, qui ouvre alors dans la capitale le Bash, puis le VIP Room, sur les Champs-Élysées. « Il assurait la sécurité », se souvient un témoin qui décrit « un charmant garçon, toujours poli, jamais vu avec de la drogue ». Selon ce proche, Colin a ensuite joué les gardes du corps pour le fils d’un ponte de L’Oréal installé en Suisse, avant que les deux ne s’associent en Roumanie dans les affaires. « Il a alors changé de vie. Il a su acheter des terrains au bon moment, juste avant le boom des centres commerciaux en Roumanie ! » Une réussite rapide et un goût pour le monde de la nuit qui lui permettent d’intégrer la jet-set locale. Frank Colin est-il un ancien de la Légion étrangère engagé dans la lutte anti-terroriste, comme le raconte son épouse dans certaines interviews ? Cela relève-t-il de la légende, comme le suggère une source policière?

Frank Colin a été arrêté peu après l’arraisonnement du Falcon alors qu’il s’apprêtait à vider le coffre dont il disposait dans une banque parisienne. Mais pour les enquêteurs, Colin, dont l’avocat n’a pu être joint, n’a pas les épaules assez larges pour avoir mené seul une telle opération ; les 680 kg sont estimés à 20 millions d’euros ! D’autant qu’au moins deux autres vols similaires à destination de l’Europe sont dans le collimateur des Stups. Son identité n’a pas été communiquée mais l’homme, âgé d’une cinquantaine d’années et présenté comme un « ami » de Frank Colin, a été écroué courant avril. En poste à Toulon, ce fonctionnaire avait été remarqué à l’aéroport de Saint-Tropez. Il est aussi soupçonné de faux en écriture qui auraient facilité des transferts d’argent importants vers l’étranger. De l’argent liquide a été retrouvé chez lui lors de son arrestation. Comme le disait sa femme, personne ne veut d’un loser à la maison.

Du côté de Sarkozy, un policier mentionne que six numéros de téléphone apparaissent « de manière récurrente » dans les listings des deux téléphones de l’ancien président qui se serait assez con pour laisser traîner des contacts compromettants. Le 4 avril 2014, la brigade financière demande donc à SFR l’identification de ces six lignes téléphoniques. Les vérifications (une foule de papiers en provenance de SFR) vont arriver au résultat suivant : la première ligne est celle… de Carla Bruni ; la deuxième est celle de sa demi-sœur, Consuleo Remmert ; la troisième est celle de Véronique Waché, la conseillère presse de l’ancien président ; la quatrième est celle du policier chargé de sa protection ; la cinquième est celle de son associé, l’avocat Arnaud Claude, et la sixième est celle de l’animateur Arthur.

Dans la foulée, les policiers enquêtent sur les vols payés par la société LOV Group et s’intéressent à trois allers-retours (Paris-Doha, au Qatar, les 9 et 11 décembre 2012 ; Paris-Teterboro, aux États-Unis, les 31 janvier et 3 février 2013 ; Paris-Abou Dhabi, les 26 et 27 février 2013) effectués par Nicolas Sarkozy. Le 4 juillet 2014, ils perquisitionnent LOV Group. Le 20 août, ils interrogent Stéphane Courbit, qui leur détaille pourquoi sa société a financé, à hauteur de 301.000 euros, ces trois déplacements. Courbit évoque le projet de création d’un fonds d’investissement, baptisé « Columbia ». « La mission de M. Sarkozy était la recherche d’investisseurs et de cibles d’investissement », confie-t-il sur procès- verbal. Mais Nicolas Sarkozy décidant de revenir en politique à l’été 2014, le projet Columbia n’a finalement jamais vu le jour.

Dans les faits, on a tout fait pour plonger les policiers dans une voie sans issue.

On a soupçonné un voyou issu des cités stéphanoises et lyonnaises, Ali Bouchareb, d’être à la tête du réseau. Le 18 octobre 2014, on apprenait que deux frères de Firminy, ville située au sud de Saint-Étienne, étaient accompagnés de trois autres Français, dont un Lyonnais, et de trois Espagnols. Ils avaient été interpellés près de Tarragone alors qu’ils récupéraient deux conteneurs de poissons surgelés en provenance de Colombie via un port péruvien, Puerto de Callao. Dans ces conteneurs, étaient cachés plus de 400kg de cocaïne. Ali Bouchareb, l’un des frères ‘’Firminy’’, sera libéré, début 2015, pour des raisons inconnues. La presse espagnole les disait en lien avec les mafias de Nice, Marseille et Lyon, ce qui suppose un pseudopode corse dont la fonction n’est pas précisée. L’opération impliquait au moins six planques en France et en Espagne, des armes, des munitions, cinq véhicules haut de gamme, et un inhibiteur de signaux. A l’époque, les mêmes journaux indiquaient que les cinq français accumulaient 75 années de prison. Dès lors, on ne peut avancer comme cause de la libération de Bouchareb qu’un ensemble de protections.

Le masque de Dimitrios n’est pas prêt de tomber

Mediapart / Le Monde / Le JDD/ Le Point/ Les Inrocks/ El Mundo/Valeurs actuelles /BAM


Responses

  1. Bon, Sarko à pris l’avion
    Cet avion, précisément
    Et c’est Marine la bagagiste, si j’ai bien pigé ?
    Afflelou fournissait les raybans des pilotes
    Pour les bombasses accompagnatrices, on a pigé qu’elles étaient recrutées en Roumanie ( goût sûr, ça devrait être porté au crédit des pilotes )
    Le téléphone du jockey magyar devait trainer par là où alors on s’en est servi pour déclencher une bombe ? ( my name is jihad ,born on septenber the 11)
    Pour finir, on a libéré des taulard massaliotte, des flics ripoux vronzais, des informateurs, des balkaniques, des souchards ,des gris
    Pas de n’haigres, du moins, pas du côté vronzais

  2. Ceci dit, que le numéro d’un amuseur public trazine dans les contacts du calamiteux S….
    Ça devrait suffire à le blacke bouler de façon définitive, cet inculte là !
    Hé bien non, même pas !
    C’est un monde ,bordel ,ce type devrait être déchu de sa nationalité, et des prébendes et avantages liés à ses fonctions antérieures pour crime de mauvais goût !
    Avoir le numéro d’Arthur ( qui mange pas que des confitures mais se vautre dans l’auge médiatique) devrait être passible de la haute cour de djustiss, bordel de moive !

    • J’ai pensé comme vous Kobus, de plus j’ai trouvé intéressant sa tournée des popotes avant son come-back, le type n’a toujours pas changé, il ne se répète pas, il radote


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