Publié par : Memento Mouloud | décembre 22, 2015

Star Wars, l’envers de la force

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En 1977, George Lucas vient de rassembler 11 millions de dollars pour son troisième opus. Il en rapportera plus de 200 millions, la série est lancée et Lucas vient de trouver une fonction, il sera comme Spielberg, l’homme des grands succès. Il avait débuté comme un réalisateur métaphysique, un épigone de Kubrick, il avait réussi dans la mode rétro, celle des anciens adolescents, il poursuit en servant la soupe aux enfants. Mais cet enfant, c’est lui, c’est eux, ses semblables, ses frères. Plus il a du mal à enfanter, à engrosser, à jouir, plus la série s’étoffe, en aval et en amont. Il faudra qu’il vende le tout à Disney pour qu’il se décide à adopter. Il a 68 ans, il est milliardaire, Oncle Picsou a pris sa revanche sur Donald, une certaine image de l’Amérique, celle du roi Ploutos.

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1977, l’année des no future est aussi une année de dépression aux Etats-Unis. L’Amérique vient d’être humiliée au Vietnam, la présidence Nixon a sombré dans les écoutes pornographiques et le minable scandale du Watergate, les idéaux d’émancipation sont en charpie, on ne sait plus quoi faire de la great society sinon pérorer en attendant Godot, Lucas sort son film et l’intitule le nouvel espoir. Celui des westerns mais à la sauce spatiale avec un brin de tao et de geste asiatique vague, un sabre, des intonations, une sagesse en kit toute californienne. Maître Ioda déroule à l’envers des apophtegmes vides tandis qu’Uri Geller tord des fourchettes dans un coin. En France, Robert Charroux rencontre le succès avec des thématiques proches plus ou moins post-nazies. Lucas n’appartient pas aux brumes aryennes mais à la faconde protestante du re-birth, il annonce le verdissement de l’ancienne Amérique, il est le prophète du retour qui aura le visage de Ronald Reagan. Carmina Burana mais transformée en ritournelle publicitaire, Ta-Ta-Ta-TATATA-TATATA, merci John Williams.

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Lucas puis Reagan s’adressent à des adultes qui voudraient rester des enfants. La force ou l’Empire du mal c’est du pareil au même et les deux emportent l’adhésion des foules, dès lors, il est inutile de livrer ses films à la critique, ils sont la trousse de secours des adulescents larmoyant sur la méchanceté et la noirceur du monde. L’humour est sans doute la politesse du désespoir or Star Wars ne connaît ni le désespoir ni l’humour. Han Solo est comme ces types de Terminale S ou ses sportifs de lycée, leurs blagues potaches font rire les pétasses et les bourrins mais on n’y trouvera rien qui ressemble à de l’humour. Star Wars ne connaît pas le rire mais la sagesse plate de la force, celle du jeu du béret.

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Quarante plus tard, l’impossibilité de la critique est renouvelée et renforcée. Le succès sera au rendez-vous parce que Star Wars se transmet des parents vers les enfants et plus précisément du père à ses enfants, à ceci près que dans Star Wars, le père transmet son enfance, cette enfance des clichés Polaroïd, le mensonge de la famille en sépia autour de l’arbre de Noël. Ses yeux luisent à coups de sabres lasers et de phrases célèbres, « je suis ton père », non plus la loi mais un embobineur. Pour la énième fois, un père transmet ce qu’il n’est pas, cette fois-ci ce sera l’éternel adolescent qui s’en va draguer Cindy, la pom-pom girl des bords du stade. Le Pèrado s’arrête là, Star Wars est une saga pré-coïtale, c’est le jeune Werther, mais tout sourire.

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La saga des éternels américains pubères coincés entre deux divorces est disséquée dans Philosophie-Magazine et sur France-Culture, au même titre que Matrix l’avait été par les adeptes de la théologie négative pour les nuls ce qui donne toujours une certaine profondeur de perspective sur l’aplat. Ce serait nos Atrides plus l’Enéide voire l’ancien et le nouveau testament, de fait c’est la Bible des Mormons et de la tribu perdue, une bouffonnerie qui se transmet désormais par figures. On aurait introduit un noir rebelle et une aventurière post-féministe, le tableau est complet, une autre génération de fans qui se déguisera en adepte de la 501ème légion est en marche avec son pas lourd et ses synapses clignotantes, un sourire éternel sur les lèvres.

 


Responses

  1. Je regarderai « le retour de la force », comme il m’arrive de regarder un bruce willis, sorte de science fiction pour ados mâtinée de très mauvais jim la jungle intergalactique, mettant en scène tous les poncifs fantasmatiques américano- samouraïesques…mais ça distrait qiand l’humeur n’est pas à Visconti.

    Les « Djedaï » sont assez caractéristiques d’une garde prétorienne de refoulés sexuels, menaçants comme des puceaux armés, le seul personnage vraiment humain de la saga m’apparaissant être Dark Vador, qui ne tourne « mal » que par révolte amoureuse.

    Les princesses coiffées façon « pain au raisin  » sur les oreilles, sont des figures pratiquement inutiles dans cette saga de Leonidas d’opérette.

    Mais ça se regarde comme on consomme un Mac Do faute de restaurant ouvert…..

    • Le manque d’humour de la série est tout de même très éprouvant Hippocrate

      • Tout à fait d’accord Memento; ,il ya autant d’humour dans Stars Wars qu’au spectacle du clown de Mc Do.

        Je me souviens, par contre, d’une impression de bonne humeur, voire de certains éclats de rire, lors du  » 5e élément » de Besson, beaucoup plus dérisoire, ironique, et pas vraiment sérieux; je dois aimer le baroque, finalement.

      • Besson ne se jetait pas dans la délivrance d’une légende, il tapissait un genre en maniériste et il avait bien saisi l’aura de Bruce Willis

  2. les pains aux raisins se nomment turbans en cité des gaules ( à Lyon , quoi) sans doutes en souvenir de la taule que les mahométans ont morflé sous les murs de vienne
    lorsque le rythme de travail autorisait encore une petite pause le samedi matin, les secrétaires avaient coutume de mettre quelques viennoiseries autour du café
    elles me posaient la question « pour vous doktor van cleef , ce sera? »
    « un turban, mon petit »
    devant l’incompréhension, j’y allais de ma leçon d’histoire , Khallenberg , les princes polaques , Sigismond , la ruée dans le camp de Memhet Pacha , les prisonniers , le pillage des bagages , la découverte des raisins secs ( d’Izmir ? oui , probable …), les messes d’action de grâces , la confection des pâtisseries dites ensuite viennoiseries , le croissant , le turban , toussa
    c’est au musée de Krakovie que c’est le mieux exposé ( à mon sens , au musée de berlingue , c’est traité trop vite….)
    tout ça fait beaucoup pour ma réputation d’érudit….

    sinon, la princesse amidala ( il y a une personne qui porte ce nom ? on dirait , oui….c’est surprenant) avec son rougalèvre étalé avec parcimonie ( ça va pas jusqu’aux commissures) porte une coiffure de femme hmong , faite de pseudo cornes

    personne n’a souligné le fait à l’époque

    faut vraiment aimer l’ethnologie pour apprécier pleinement le cinéma amerlot

    cet aprèms j’entendais sur vronzekul une causerie sur stars wars ….et , finalement au milieu d’un fatras incroyable on trouvait cette pépite « les films amerlots , pas tous mais certains, pourquoi dominent ils le monde , les consciences , les représentations ? oui , pourquoi? pasque les zoviétiks , oui , en leur temps, ils inondaient les pays du bloc de l’est de productions variées , et personne les regardaient , personne , hein , pourquoi ? tout bonnement pasque les moovies amerlots ont cette tonalité jungienne , cet aspect de permutation karmatique , cette tonalité un peu religieuse que jamais les films zoviétiks n’ont eu »

    ce qui renforce ma conviction que tout est religion , tout , Habsolument tout

    j’ai raison d’être athée

    ça m’évite de tomber dans leurs griffes

    • A mon avis, les choses sont plus simples Kobus, quand les russes font un bon film, ça donne Khroustaliov ma voiture ou requiem pour un massacre et ça oblige à se dire que n’importe quelle société ne résisterait pas à un quart d’heure de vérité, les russes oui mais moyennant la vodka ; les Etats-Unis comme l’Europe sont comme de grands enfants, ils ont besoin besoin d’histoires et pour les plus vieux de sédatifs

      • Ha « requiem pour un massacre » de elem klimov (?) j’ai super apprécié
        Extraordinaire !
        Par contre krousthaliov ma voiture, jamais vu
        Vais me mettre en quête
        Ça doit pas être fastoche à mettre la main dessus….
        Ne me lancez pas sur le kino ,on en aurait pour des heures
        Surtout en kino européen, enfin… Est européen, plutôt
        Et tout en autodidacte !
        Jamais lu UN seul cahier ou inrock !

      • J’ai trouvé ça sur le net, Kobus : https://www.youtube.com/watch?v=w9VRgRVpURk

      • Lorsque vous dites que nos zosietes résulteraient pas 15minutes à des mouvies un peu rudes ,vous oubliez tous les showa ,la raffle ,et autres listes de Schindler
        Mais on voit comment nos zosietes ont résisté …mal ,en se couvrant la tête de merdes et de cendres culpabilisatrices post coloniales

      • Votre série est étrange, Kobus, Shoah est un grand film, Mr Klein aussi, la rafle une sombre merde, de plus quel rapport avec le colonialisme ? Quant à la culpabilité, elle n’a jamais existé, l’anticolonialisme n’a jamais été l’opinion générale, il était professé par une partie de la gauche progressiste, elle est morte ou en voie de l’être

      • dites pas que chowa est un grand film…plutôt un film long….
        mr klein ( petit ? ) , un petit film , alors ( d’ailleurs pas vu , donc pas pris )
        la rafle , même pas en rêve ….depuis qu’une secrétaire est venue me voir le lendemain « zavez vu ce film doktor? les pôvres chouifs …moive j’en ai pas fermé l’oeil de la nuit…. » « c’est ça ma fille , maintenant faudra l’ouvrir l’oeil , et le bon ! dejà , premier compte rendu dicté ; 20 fautes ! c’est du travail ça ? hein, c’est du travail ? »
        alors que « 20 ans dans les aurès » ou « pour l’honneur d’un capitaine » , ça passe bien
        mais tout l’imaginaire qui encombre la perception de la guerre civile européenne est tel qu’on ne peut pas visionner sereinement un film sans être écoeuré de propagande
        à croire que la guerre civile européenne avec ses myons de morts, ses destructions insensées, son anihilation de toute notion de nazionalisme à venir, de souverainisme , tout cela n’est qu’une minime périphérie , quasi négligeable , de l’extermination des chouifs d’europe

      • Je vais vous dire Kobus, les seuls bons films que j’ai vus à propos de l’Algérie sont l’insoumis d’Alain Cavalier et le feu follet de Louis Malle, pour le reste, je maintiens pour Shoah et Monsieur Klein

  3. J’ai tenté le dernier star wars.

    Conclusion: ennuyeux à mourir, même pour celles et ceux qui auraient la nostalgie de la science fiction pour adolescents, des années 60, dans le style « Fleuve Noir » ou « marabout », que certains star wars pouvaient aisément évoquer, à condition de ne rien demander de plus
    Ici, l’emmer…ment profond….

    • Ha
      L’emmerdement lors des films plébiscités par la kritik ,c’est quasi une constante
      Ce qui change, c’est que ce soit la kritik positive, genre vronze kul ,qui se croie obligée de titrer positivement sur une daube pareille
      Ma copine de l’époque m’avait traîné aux premiers…. Ça n’avait pu marcher qu’avec la compensation sessuelle y afférente ,ce qui devrait en toute logique, interroger sur la valeur artistique du bastringue…..

      • Dans ou après le cinéma Kobus, ça fait tout de même la différence

      • Après le film !
        Vous croyez que je me donne en spectacle ?

      • Du tout, Kobus, simple curiosité

  4. « tout bonnement pasque les moovies amerlots ont cette tonalité jungienne , cet aspect de permutation karmatique , cette tonalité un peu religieuse .. »

    J’ai également cette impression.
    Ce type de film aurait pu être scénarisé par Pauwels et Bergier, « le matin des magiciens » dans le grand chaudron holywoodien, revu et corrigé par la collection Fleuve noir anticipation.

    • Il paraît que Bergier mettait en scène sa mémoire dite éidétique pour impressionner les zozos, Pauwels lui allait découvrir Dieu derrière un pilier d’Eglise, je me demande si finalement le matin des miliciens n’est pas la Bible véritable de ce monde-ci

  5. HS : C’est Dark Vador qui a fait sauter l’article sur la guerre culturelle à l’islam ?

    • Il revient sous un autre nom

      • comme Anakin Skywalker. 🙂

  6. A propos de la force de la bouffée délirante……

    « http://www.slate.fr/story/112287/hillary-clinton-decouvrir-extraterrestres

    Je ne parviens pas à en rire…..

    • J’avais entendu ça à la radio Hippocrate, une commission d’enquête sur la zone 51, telle est la proposition, vous pensez qu’on nage en pleine dystopie, une sorte de tournant uchronique non-localisé ?

      • C’est çà ( mais avec renversement du principe de causalité et plein de choses gênantes pour l’entendement) …ou, bien plus prosaïquement,de la bonne vieille psychiatrie classique sur les influences croisées des paranoïaques.

        ….Mais après tout, le film « independance day », qui tourne sur ce thème, n’était t’il pas une métaphore de « Ah, si seulement les E.T. existaient, alors tous les gars du monde… » version imperium US

        Autre possibilité; l’impétrant républicain Ben carson ( avec son délire archéologique sur l’origine des pyramides), a déclaré:
        « On n’a pas besoin d’extraterrestres quand on a Dieu. »

        Les Extraterrestres clintoniens seraient donc la réponse « laïcisée » lib.dem au Dieu républicain.

        Extraterrestres vs Dieu biblique……ça pourrait crever les plafonds

        Comme le disait Reiser « on vit une époque formidable ».

      • Déjà Rencontre du troisième type et ET sentaient le faisandé, clairement le délire américain s’axe sur l’idée d’une humanité de rechange, le re-birth deterritorialisé, avec n’importe quel détonateur pour que s’embrase le combustible, parfois je me demande quel est le plus fatigué des mondes, le nouveau ou l’ancien ?

  7. « l’idée d’une humanité de rechange, le re-birth deterritorialisé, »

    Je ne peux m’empêcher de revenir à l’analyse freudienne du « président schreber » , dans laquelle on trouve sous la plume même de Schreber, ces thèmes délirants de neo humanité schréberienne, ainsi que sa conviction-contre toute évidence- qu’à la fin de sa phase délirante aigüe, l’humanité réelle a changé

    Le transhumanisme et autres « new-ageries » officielles actuelles ressortent, évidemment de la même veine.

    « parfois je me demande quel est le plus fatigué des mondes, le nouveau ou l’ancien ? »

    Hélas, le paranoïaque ne se fatigue jamais car pour lui le temps n’existe pas, sa propre perspective mortelle elle-même n’ayant aucune importance puisque « l’espèce, le collectif » survit..

    • Vous voulez dire que l’individu n’est plus spécifiable mais qu’il est toute l’espèce, il y a quelque chose du paranoïaque alors dans la doctrine de l’Incarnation puisque Jésus n’est pas seulement venu pour tous les hommes, il est littéralement tous les hommes si l’on en croit le dogme et non le récit, les évangiles, qui nous présentent seulement le destin exceptionnel d’un roi étrange doué de dons exceptionnels, thaumaturge, meneur de foule, pratiquant la mantique, aimé des femmes, sage et adepte des paraboles puis la chute de ce même roi, seul, haï par la populace, trahi par les siens ou renié, condamné par la justice du Temple et l’indifférence romaine, supplicié enfin touché par un miracle au statut incertain

  8. Bonjour memento
    « Vous voulez dire que l’individu n’est plus spécifiable mais qu’il est toute l’espèce »
    Oui, ce sont même les fonction sde « spécifiabilité » qui sont profondément altérées, dont la première d’entre elles, évidemment, la sexuation.
    A ce titre,j’estime que les théoricien(ne)s de la « théorie du genre sont des paranoïaques..

    « …. Jésus n’est pas seulement venu pour tous les hommes, il est littéralement tous les hommes…. »
    Je ne perçois pas cette facette de l’image christique ( pourquoi ne pas en dire autant de ce Dieu complexe qu’est Dionysos, dans ce cas).

    Je crains plutôt que cette « propagande » ait été le fait de certains petits ou grands paranoïaques de pouvoir ( si constantin était plutôt un opportuniste, les théodoses et justinien étaient d’une toute autre brutalité).
    Poussant un peu le bouchon, et à l’envers des sociétés antiques, je me demande si cette assertion n’est pas la première idéologie « progressiste », destinée à générer l’idée de l’existence d’un « progrès ».

    • J’y souscris Hippocrate, on prend saint Augustin et sa conception de la Providence, on sécularise et on obtient l’avant-garde conduit le peuple vers le salut (à coups de knout si nécessaire, remplacer Knout par Goulag et la recette est bonne), le progrès ou sens de l’Histoire conduit forcément vers une sorte de Jérusalem terrestre, enfin l’ensemble de la vie n’est que concupiscence à condamner donc le progressiste est le vertueux qui condamne l’ensemble du genre humain aux ténèbres de la réaction (l’enfer sécularisé)

      • « le progressiste est le vertueux qui condamne l’ensemble du genre humain aux ténèbres de la réaction  »

        ….oui, et tout en proclamant

        « le Bien est du côté du nombre, le Mal du côté des passions individuelles »

        Il y a beaucoup de Robespierre, de têtes à couper à tout prix, chez le progressiste..

      • Y compris dans le nombre qui n’est jamais assez épuré, car les passions sont toujours trop corruptrices. Finalement on pourrait résumer le progressisme à ce mot d’ordre : que jamais un individu ne sorte du nombre car la passion différencie et la différenciation est coupable (de même pour l’intérêt d’ailleurs, le snobisme, l’érotique ou l’esthétisation de soi, en résumé tout ce qui fait le sel de la vie)

  9. « car les passions sont toujours trop corruptrices.  »

    Les philosophes antichrétiens du XVIIIe siècle ( ayant d’ailleurs des antécédents libertins au XVIIe, voir le Don Juan de Molière), d’origine plutôt bourgeoise qu’aristocratique, ont, me semble t’il, voulu hiérachiser les passions selon un ordre utilitariste, les plus utiles s’entendant comme « utiles au progrès social ».

    La bourgeoisie commerçante et industrielle « éclairée » naissante a procédé, en le sachant ou non, à une habile récupération de cette hiérachisation, au profit d’une idée de l’ argent privé qui serait, en réalité, le vecteur du progrès public: l’art de moraliser le cynisme.

    La bourgeoisie balzacienne se profile.
    Le « Bien » se trouve alors tout naturellement déporté du côté de l’enrichissement.
    Les aristocrates libertins, contempteurs de l’argent, étant alors en voie de disparition, le romantisme va se poser en ultime réaction

    • Je crois que la notion d’intérêt bascule entre le XVII et XVIIIème siècle : prenons la Rochefoucauld et Adam Smith ou Rousseau. Le premier donne une définition assez lâche de l’intérêt qui signifie pour lui prendre de l’intérêt à, s’en soucier, voire s’y passionner, il ne distingue pas réellement les deux termes mais ce qu’il y a d’essentiel chez la Rochefoucauld c’est qu’il saisit l’individu comme un Protée, un histrion dont les foucades résonnent et raisonnent dans ce qui n’est plus un moi haïssable (à la manière des augustiniens) mais un moi gyrovague alors que les deux autres réduisent l’intérêt à l’expression de l’amour de soi ou du self-love à la Smith, ils tiennent l’individu pour égoïste, la Rochefoucauld le tenait pour un folâtre, un être de spectacle flambant dans la nuit


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