Publié par : Memento Mouloud | janvier 4, 2016

Viol snapchat et racaillisme : le cocktail gagnant

L’affaire a été révélée ce week-end par des internautes, qui ont alerté la police d’Evry (Essonne). La soirée, qui remonte probablement au réveillon du 31 décembre, a été filmée. Les visages sont soigneusement cachés, « mais on peut identifier deux agresseurs ainsi que la fille, qui est très visible », indique une source judiciaire. Après avoir ramené du supermarché, « des munitions » comme ils disent (comprendre de l’alcool), ils récupèrent une jeune fille (ils l’appellent la « beurette ») pour la ramener dans leur appartement. Là, « ils la font boire, la droguent et ils la violent avec une bouteille de whisky  ».

Les auteurs ont fait un montage de la soirée de plus de quatre minutes. C’est cette vidéo qui a été diffusée dimanche soir sur le site Snapchat avant d’être relayée sur Twitter et Facebook. Les internautes ont rapidement alerté les autorités. Ces signalements ont donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Evry.

Or, c’est à Perpignan (Pyrénées-Orientales), quartier sud, que les deux suspects, âgés d’une vingtaine d’années, ont été interpellés vers 4h du matin dans la nuit de dimanche à lundi, indique le journal local L’Indépendant. Ils ont été placés en garde à vue pour « viol aggravé ». La victime est âgée de 18 ou 19 ans selon les sources. Elle a été retrouvée dans l’appartement lors de l’interpellation des deux suspects. Elle était en état de choc extrême, rapporte L’Indépendant. Elle a été immédiatement évacuée au centre hospitalier de Perpignan. Le parquet d’Evry s’est dessaisi de l’affaire. C’est désormais le parquet de Perpignan qui mène l’enquête. Ce lundi matin, les deux hommes étaient toujours interrogés par la police. Contacté par 20 Minutes, le parquet de Perpignan a indiqué ne pas communiquer sur l’affaire pour l’instant.

Les recherches lancées pour « diffusion d’images pornographiques » et « viol aggravé » débutent. « La situation est complexe, précise le procureur de la République Achille Kiriakides, l’enquête a pour but de déterminer ce qui s’est réellement passé ».  Notamment de savoir si les actes sexuels se sont déroulés sous la contrainte ou non.  « On est sur fond d’alcool », a ajouté le commissaire Yannick Janas, directeur départemental de la sécurité publique. « Il faut rester prudent »,  a-t-il recommandé, affirmant détenir des « éléments » permettant de dire que, si la diffusion des images est répréhensible, la relation sexuelle ne l’est pas forcément.

Selon les informations de M6, la jeune femme serait la « petite-amie » de l’un des deux individus placés en garde à vue. Elle ne souhaiterait pas porter plainte et parle même d’un acte sexuel « consenti ». Sur la vidéo, la jeune femme apparaît dans un état d’alcoolémie très avancé. Par ailleurs, elle ne donne pas l’impression de savoir qu’elle est filmée par un téléphone portable et rien n’indique qu’elle ait pu donner son accord pour que le film de 5 minutes soit mis en ligne sur Internet.

Selon France Bleu Roussillon, lorsque les policiers sont entrés en pleine nuit dans l’appartement de l’un des suspects, le lieu du viol présumé, les deux agresseurs présumés étaient devant leur ordinateur, toujours en train de commenter leur vidéo sur les réseaux sociaux.

 Selon France Info, les enquêteurs ont très rapidement mis la main sur les suspects. « Quelques clics suffisent pour retrouver leurs alias, leurs photos », avait-il été indiqué ce matin par la radio. Sur la page Facebook de l’un des suspects présumés, on découvre d’ailleurs une vidéo dans laquelle il affirme avec satisfaction que son bracelet électronique lui a été retiré le 10 novembre 2015. L’homme est donc facilement identifiable et connu de la justice et de la police. Il est visiblement noir.

Depuis dimanche soir, les images du supposé crime circulent sur Internet, elle a rapidement été copiée et mise en ligne sur d’autres plateformes par des internautes, notamment sur Twitter. LeMonde.fr révèle que la vidéo, coupée et diffusée sur un compte « populaire » de Facebook a été vue 340 000 fois avant que l’entreprise américaine ne la supprime. Sur ledit compte, son auteur expliquait qu’il souhaitait propager la vidéo pour que soient rapidement reconnus les violeurs présumés. Des versions ont aussi été mises en ligne sur Youtube.

A la fin de la journée du 3 janvier, la vidéo en question, initialement publiée sur Snapchat, a commencé à être relayée sur d’autres sites. A 19 heures, une page suivie par près de 14 000 personnes sur Facebook,« Le coin des jeunes », la reprend en y joignant un appel à témoin « pour aider la fille », nous indique l’administrateur de la page.

Plusieurs internautes se montrent ce lundi extrêmement actifs pour identifier eux-mêmes les coupables : certains postent même sur leurs réseaux publics et sur leurs blogs des photos sur lesquels poseraient – les deux suspects habillés en jogging. D’autres appellent même à la vengeance en donnant des informations sur la domiciliation des deux agresseurs présumés. La police appelle pourtant officiellement à ne pas « participer à la diffusion d’éléments pouvant perturber l’enquête en cours ».

L’Indépendant / 20 minutes / L’Internaute/ Rue 89


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