Publié par : Memento Mouloud | février 4, 2016

L’étrange préférence française pour les garçons

Parmi tous les enseignements tirés de la dernière enquête démographique sur l’état de la France, certains ont été rendus public : l’espérance de vie recule parce que la mortalité augmente, le nombre de naissances régresse, le nombre de couples mariés ou non est égal à celui des années 1970, les divorces se poursuivent, le nombre d’unions homosexuelles (mariage ou non) est réduit, le nombre de français à l’étranger augmente et celui des français installés à l’étranger voulant rentrer dans l’hexagone diminue, en revanche le nombre d’entrées d’étrangers sur le territoire reste constant.

En revanche, une tendance de moyenne durée est restée inaperçue : depuis 1992 le nombre de naissances masculines est toujours supérieur à celui des naissances féminines.

Un tel déséquilibre n’a rien de naturel et suppose une agrégation de volontés dont on ne peut déterminer les facteurs faute d’enquête. En revanche, il est évident que le dispositif échographie-avortement doit être mis à contribution. Sans évoquer le déséquilibre indien ou chinois, il faut bien admettre que les français pratiquent, sur un mode modéré, la préférence pour les garçons. Comme ce genre de différentiel n’est pas homogène, faute d’enquête, on ne sait pas comment il se répartit sur le territoire.

 

Pour ceux que ce différentiel intéresse : http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=bilan-demo

 


Responses

  1. rien d’étonnant les français sont pédés.

    • Vous avez oublié d’ajouter mais actifs

  2. Bof: le ratio 105 garçons vs 100 filles (en gros) a toujours été stable, mais il y a ou plutôt il y avait) plus de morts précoces de garçons que de filles, d’où une résultante à 100/100 en gros aux âges de reproduction.

    Je crois que, dans ces marges, on pinaille sur des « illusions cognitives » statistiques, en France du moins.
    Ne jamais oublier que  » les stats sont la présentation scientifique du mensonge »

    • Bonjour Hippocrate, qu’Asclepios veille sur vous
      En l’absence de contraception et de crises majeures, en effet, on retrouve le ratio 105 garçons pour 100 filles mais si vous observez les statistiques c’est le ratio inverse qui prédomine (hors la mortalité infantile) de 1970 à 1991. Ce genre de régularité, à mon avis demande une interprétation, je constate que les démographes ne la perçoivent pas ou du moins je n’en ai pas connaissance.

      Quant aux statistiques vous savez bien que certains effets d’un système déterministe ne peuvent être appréhendés que par la statistique et que celle-ci décrit aussi bien les régularités stables que des polarisations brusques (ça n’infirme en rien le déterminisme d’ailleurs)

  3. Bonjour memento
    « certains effets d’un système déterministe ne peuvent être appréhendés que par la statistique »

    C’est précisément ce à quoi je n’adhère pas, ou plutôt, constatant l’utilisation généralisée et politisée du mensonge statistique , je n’adhère plus, sauf dans les sciences physiques et de l’ingénieur, où l’on sait de quelle réalité et de quelles indéterminations l’on parle (l’utilisation de nobles théories probabilistes et statistiques a dépéri entre les mains du non-homme post moderne).
    Nous voyons d’ailleurs une usurpation majeure se mettre en place: la disparition de la causalité « tripartite » (conditions initiales, lois d’évolution de ces conditions initiales, effets) par une causalité « statistique » ( voir pour certains, une notion de rétrocausalité statistique, encore le vieux finalisme Aristotélicien revisité?), « comme si » il y avait « plusieurs réalité simultanées » (vieille tendance nominaliste de certains mathématiciens)

    Question épistémologique des plus passionnantes d’ailleurs.
    Mais je m’en tiens à ce qu’ai j’ai pu moi-même étudier et observer: « pas d’ignorance, pas de probabilité » ou encore « les statistiques ne constituent jamais une cause première, mais seulement une façon commode et économique de décrire des effets » .
    La notion d’entropie, par exemple, n’est pas une cause première, mais une façon commode et puissante pour le scientifique de décrire les effets de certains comportements collectifs: je vous laisse juge du « mysticisme » venu s’attacher à cette notion….

    D’un point de vue plus technique, je pense que ces statistiques démographiques (supposons les honnêtes) doivent être prises comme descriptives, ce qui n’est déjà pas mal…..je ne suis pas convaincu ( je parle de la France, bien sûr) d’une volonté et de la mise en oeuvre consciente d’une orientation phallo centrée des naissances……Il faut vraiment faire « très gaffe » dans les attributions de causalité (même des corrélations ne prouveraient rien, de superbes corrélations pouvant apparaître entre phénomènes n’ayant rien en commun, et, au contraire, des phénomènes obéissant aux mêmes lois strictes pouvant apparaître comme décorélés dans leurs effets…)

    • Je vous suis parfaitement Hippocrate mais les dynamiques démographiques n’ont rien à voir avec celles des prix (je prends un exemple). Mandelbrot les avait étudiées. Il avait constaté qu’un, les transformations de prix connaissent des divergences non-linéaires et des variations erratiques ; deux, que les transformations sont appariées en fonction de leur ampleur (grande ou petite) donc que les variations et les oscillations se renforcent mutuellement ; trois qu’il n’y a pas de valeur moyenne même dans le cas de séries temporelles prolongées donc que les événements de prix suivent une loi hyperbolique de Pareto si bien qu’un petit nombre de grandes divergences décide de l’effet de l’ensemble de la structure de répartition ; quatre il n’existe pas de mouvements périodiques probables mais des fluctuations avec des moments absurdes et des périodicités absurdes.

      On peut donc décrire les dynamiques de transformation des prix mais difficilement les expliquer de manière exhaustive. En conclusion le concept économique d’équilibre est des plus fumeux.

      En revanche, comme les dynamiques démographiques obéissent à une distribution normale, des divergences connaissent des motifs et des causalités externes.
      C’est là mon raisonnement mais je peux me tromper

  4. « En conclusion le concept économique d’équilibre est des plus fumeux. »

    Tout à fait; d’ailleurs une des principales causes ( pas la seule)des phénomènes décrits par Mandelbrot relèvent des non-linéarités réelles (donc de la théorie dite « du chaos », c’est à dire du problème à 3 corps de Poincaré).
    Et quand bien même pourrait t’on décrire ponctuellement des boucles réelles, au moins phénoménologiques, de régulation et non des constructions a posteriori detinées à légitimer comme tautologie « l’homo économicus » rationnel, celles-là s’avéreraient souvent non linéaires, question bien connue des régulations en biologie ( ce qui explique en grande partie l’extraordinaire possibilité d’adaptation, ainsi que la variabilité, des organismes vivants)…..mais allez dire à un macroéconomiste que les grandes déviations par rapport à la « normale » et les non linéarités sont précisément la vraie normalité vivante!

    Bon nombre de macro économistes me paraissent raisonner comme si leur réalité, y compris « l’homo economicus », était un gaz parfait à l’équilibre de Boltzmann!C’est commode et élégant mathématiquement, mais c’est faux…

    Celà me rappelle un débat écrit entre un physicien et un économiste, le physicien concluant:  » la différence entre la physique et l’économie, c’est la physique »

    « des divergences connaissent des motifs et des causalités externes »
    P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non..; c’est là le travail difficile:  » y a t’il des causalités claires aux divergences que j’observe? »

    Sur la distribution normale, toujours se méfier….
    D’une part, toute probabilité ou distribution statistique repose toujours d’une part sur une idéalisation, celle d’un nombre infini d’éléments (c’est pourquoi, par exemple, il est dangereux d’appliquer la notion d’entropie de Boltzmann à des systèmes composés de peu de particules), d’autre part sur un postulat de type « planche de galton » qui consiste à dire que les indéterminations du phénomène par rapport à la moyenne se ditribuent (en gros) de façon égale à droite et à gauche….ce qui peut , dans la nature, s’avérer très faux.

    Et n’oublions pas l’hypothèse « ergodique » qui suppose que les paramètres statistiques descriptifs « classiques » (moyenne , écartype etc..) vont, dans le phénomène étudié, rester stables au cours du temps…..et rien n’est moins assuré (cette variabilité au cours du temps, d’ailleurs, si elle est observé, peut ne pas résulter du phénomène étudié lui même, mais du simple fait qu’en augmentant les éléments de l’échantillon, on se rapproche des « vraies » valeurs puisque l’on se rapproche d’un nombre …… »infini »).

    • En tant qu’historien la mise en série de phénomènes est nécessaire pour émettre une hypothèse. D’où les modalisations permanentes qui ponctuent le récit historique,ce qui rejoint votre peut être ben…

      • Bien entendu, Memento, mais les hypothèses causales, même si extrèmement « baroques », les modélisations permanentes, de fait, me paraissent le préalable indispensable, et ce n’est que rarement à partir de statistiques hyperstructurées et finalement bloquantes que l’on les crée.
        Je préfère, finalement, un qualitatif initialement erratique qu’un mauvais quantitatif donnant l’illusion du « bon » chiffre.
        Le chiffre, surtout beaucoup de chiffres, n’est pas une épine créative à mon point de vue.

      • Une série de bons chiffres sans interprétation ne vaut rien, ce qui se juge, et nous sommes d’accord, c’est la pertinence de cette interprétation car la série aussi cohérente soit-elle n’autorise pas tous les énoncés

  5. Vieux problème de l’episteme, Memento.

    Je vous propose quelques pistes.
    Les astronomes babyloniens avient accumulé patiemment des très nombreuses données chiffrées (angles, périodicité..) sur les mouvements des planètes, étoiles, éclipses de lune et de soleil, vus du leur référentiel terrestre.
    L’analyse de ces nombreuses données, à la fois précises et exactes, leur permettait, compte tenu de la lenteur et de la répétitivité ( le déterminisme est descendu du ciel sur la terre, disait Bachelard) d’établir des prédictions fort remarquables sur ce qui allait advenir dans le futur concernant lesdits mouvements et à extrapoler, par pur raisonnement analogique, cette prévisibilité astronomique à l’établissement d’oracles concernant les choses plus terrestres ( ce qui, évidemment, fonctionnait beaucoup moins bien…)
    Les babyloniens, outre cette extrapolation de l’astronomie aux oracles, sans soucis réel de relations de causalité, n’ont pas cherché à établir une théorie réelle du cosmos visible.

    Une autre peuple, dont le nom m’échappe, sans aucun soucis des chiffres , avait théorisé la voute céleste comme une sphère solide tournante percée d’orifices plus ou moins grands, entourée d’un vaste feu, les mouvement des corps célestes correspondant au simple déplacement des orifices au cours de la rotation de la sphère.

    Du côté des babyloniens, aucune théorie causale, des transpositions analogiques hasardeuses , et une très bonne prédictibilité
    Du côté de l’autre peuple, une théorie causale fort recevable, rien pour le reste.

    La différence? Peut-être, du côté de l’autre peuple, un mode de pensée « mécaniciste » qui ne semblait pas préoccuper les babyloniens?

    • Imaginons que les babyloniens aient introduit la probabilité dans leur système, si on définit ce calcul comme celui de nos attentes relativement à des événements, ils auraient pu classer leurs oracles selon leur degré de sûreté et sélectionner ainsi une lignée d’oracles sûrs.

      Je vois bien ce qui cloche dans ce genre de raisonnement parce que comme le disait Poincaré on parle de hasard à chaque fois qu’une différence imperceptible dans la cause entraîne une différence majeure dans l’effet, ce qui est un juste rappel du principe de raison suffisante de Leibniz (rien n’arrive sans cause)

  6. Dans ce cas, les babyloniens auraient presque à coup sûr réussi à « classer » des oracles en termes de probabilité, sans passer par la causalité Galiléo-Newtonienne.
    Rappelez vous le développement assez long ( et probablement assez ennuyeux) que j’avais fait à propos du pile ou face, l’un rélisé par un champion, l’autre par un clampin.
    La seule différence dans les effets ( les premiers parfaitement prédictibles et les autres non) résidait dans la connaissance des conditions initiales, pas dans celle des lois.
    J’ai envie de dire « dans la nature, l’aléatoire n’existe pas »; si nous ne pouvons appréhender certains phénomènes qu’à travers des lois probabilistes, c’est qu’il nous manque une connaissance suffisante des conditions initiales et/ ou des lois les reliant aux effets.
    Par contre, il me souvient de Poincaré parlant de la différence entre le physicien et le naturaliste.
    Le physicien se trouve au fond dans des conditions faciles, car les objets élémentaires qu’il étudie possèdent trois propriétés: (1) l’action qu’ils ont les uns sur les autres décroit avec la distance qui les sépare (2) les lois selon lequelles ces objets interagissent sont toujours identiques; déterminez la loi qui en relie deux particuliers, vous aurez la loi qui relie deux quelconques (3) une population suffisamment grande des ces objets élémentaires aura toujours un comportement collectif (d’où la puissance de la physique statistique).

    Le naturaliste, au contraire, et plus généralement celui qui étudie des objets macroscopiques difficilement voire pas du tout décomposables en éléments suffisamment simples, dont les interactions ne pas diminuent avec la distance, qui ne veulent pas se plier à des comportement collectifs simples etc.., est obligé d’adopter d’autres méthodes de généralisation, dont en particulier la description statistique……mais de là se contenter de « vulgaires » corrélations en termes de causalité……il y a un pas que trop franchissent, à mon avis..

    Petite note technique: la réflexion de Poincaré est encore plus « finaude » qu’il n’y parait; en effet « petite différence de cause, grande différence des effets » est assez caractéristique, non tellement d’un système hétérogène, mais surtout d’un système simple « chaotique ».
    Et quand Poincaré énonce « on parle de hasard .. », ce n’est pas de lui qu’il parle, car les phénomènes dits « chaotiques » ne se présentent pas, à l’analyse mathématique fine (diagramme de poincaré par exemple) comme des phénomènes « hasardeux »

    • Il me semble que le « naturaliste » comme vous dîtes mais aussi bien le biologiste, le sociologue ou l’historien a bien du mal à se passer d’un horizon scientiste, c’est-à-dire à ses propres yeux d’un outillage mathématique qui le rendrait sérieux, une forme de stade du miroir savant. « Comment me faire physicien, mathématicien, in fine, platonicien ? » se demande le naturaliste en maniant des concepts desquels il évacue le plus souvent et dans le cas humain, un élément essentiel, l’homme parle et se donne des valeurs et des significations qu’il est absurde de calculer même sous la forme d’une fonction parce que l’art comme la science d’ailleurs ouvrent la possibilité d’une singularité (d’une exception aux lois pour causer analogiquement et encore plus aux corrélations, ce qui n’exclut pas, évidemment qu’il y ait des causes) qu’on ne trouve en aucune manière parmi les objets physiques. En résumé ce qu’il y a d’intéressant chez l’homme relève du type, éventuellement de la figure donc peut être mis en série et en statistiques, mais ce qu’il existe de passionnant, chez lui, relève des arts de l’individu (et j’entends individu à différentes échelles)

      PS Je ne me suis jamais ennuyé à vous lire Hippocrate parce que vos discours sont toujours des questionnements


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