Publié par : Memento Mouloud | février 12, 2016

L’intellectuel comme animal de compagnie ou combien gagne un intello français ?

 «la philosophie est devenue « pour tous ». Je n’ai rien contre le fait de l’ouvrir, mais encore faudrait-il pouvoir de temps en temps la fermer. L’état de la philosophie française, dans laquelle les critères du journalisme prévalent – livres vite écrits, vite publiés, vite oubliés, l’absorption des livres de philosophie dans la catégorie essais voire dans celle du roman – est telle que son enseignement le plus classique, celui que donnaient les universités et le lycée, a quasiment disparu. Le philosophe médiatique n’est plus l’exception, mais la règle. On le voit bien dans l’obsession de nos contemporains pour les questions de la vie pratique et « ordinaire », de l’éthique. Mais celle-ci ne doit surtout pas se fonder sur des principes, des règles, ou des impératifs. Elle doit être toujours particulière, quotidienne, attentive aux situations, aux individus, aux cas. La casuistique a remplacé la morale ; le care et la sollicitude ont remplacé les devoirs. Tout comme déteste les règles, on déteste les professeurs, qui furent les maîtres de la République. Mais ce n’est sans doute pas nouveau.  Comme le disait le grand sociologue Maurice Halbwachs : « L’organisation pédagogique nous apparaît comme plus hostile au changement, plus conservatrice et traditionnelle peut-être que l’église elle-même, parce qu’elle a pour fonction de transmettre aux générations nouvelles une culture qui plonge ses racines dans un passé éloigné…. les hommes de la Renaissance, par hostilité vis-à-vis de la scolastique, n’ont pas retenu de l’enseignement médiéval ce qui méritait d’en être conservé, le souci d’une forte culture logique, et ont ainsi frayé les voies à une culture purement littéraire, gréco-latine, qui cherche à former surtout des écrivains diserts, des maîtres d’éloquence, des causeurs mondains.» Mais même les causeurs en question ne sont plus gréco-latins. »

Pascal Engel

Palmarès 2011-2015

Frédéric Lenoir : 2,2 millions d’exemplaires. D’après les chiffres communiqués par le cabinet GfK, il a généré, sur dix années, plus de 35 millions d’euros soit l’équivalent du salaire annuel du pilote de Formule 1 Fernando Alonso (17ème sportif le mieux payé au monde). Il a pour agent Susanna Lea, définie comme une maman en Louboutin. Son éditeur est Sophie de Closets, fille de François et agrégée d’Histoire. Elle aussi est une maman qui « a compris » que les auteurs veulent être aimés. Fredo palpe 15 % de droit d’auteur par exemplaire vendu.  Le décryptage du Da Vinci code le lance sur le marché mais sa consoeur reste sur le carreau. En 2013, il sort du bonheur qu’il intitule un voyage philosophique. Il en ressort que le bonheur c’est être soi-même dans le respect des autres. Il le fait suivre par la puissance de la joie où la joie c’est être soi-même dans le respect de la tristesse des autres. C’est le fils d’un ancien secrétaire d’Etat de VGE et d’une mère spécialisée dans les codex médiévaux, détenteur d’une thèse en sociologie des religions à l’EHESS, sur le bouddhisme en Occident. Il est rédacteur en chef du Monde des religions et producteur sur France-Culture qui est une plateforme de lancement essentielle auprès du public cultivé ou prétendu tel. Il fourguerait sa camelote au Québec, aux Pays-Bas et en Asie du sud-est où il est vendu dans les bordels.  Il est traduit, en anglais, chez Melville House. Avant son débarquement en Corse, il écrivait, « Auparavant, j’ai eu une demeure en Normandie, puis dans le Lubéron. Mais comme je venais très souvent en vacances dans l’île, où j’étais accueillie chez mon amie Nathalie Rheims à Saint-Florent et mon éditrice Nicole Lattès à Porto-Vecchio, j’ai eu envie d’avoir un endroit bien à moi. Je pense sincèrement qu’Erbalunga, loin du tourisme de masse que je ne supporte pas, est une sorte de nid idéal pour écrire et réfléchir. »

Christophe André : 1,2 millions d’exemplaires. Voici ses cinq conseils pour mieux vivre : 1. Ne nous décourageons pas. C’est l’une des grandes affaires de notre vie que de travailler à notre équilibre émotionnel. Et nous ferons régulièrement des rechutes. 2. Tout faire pour ne pas médire des gens ; et si je le fais quand même, m’efforcer de ne dire que ce que j’oserais leur dire en face. 3. Conjuguer la liberté au pluriel. Elle est un bien commun. 4. Ne jamais oublier d’être bienveillant pour soi-même. Cela facilitera la bienveillance envers les autres. 5. Et si nous en faisions moins pour vivre mieux ? Et si nous gardions du temps. Cet homme serait psychologue.

Erik Orsenna : 0,8 million d’exemplaires. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros. Il est d’ailleurs associé au capital de l’agence les rois mages. Académicien, il fut converti à l’affairisme par son grand frère, Jacques Attali. En 2006, il planche pour Suez sur l’avenir de l’eau. Conseiller en éthique d’Areva il prodigue ses merveilleux conseils au mari de Lauvergeon et à la patronne de la boîte qui va conduire le navire-amiral du tout-nucléaire hexagonal à la faillite. Membre du conseil stratégique d’Ernst and Young, escrocs certifieurs, président du prix Orange du livre et des nids d’or de la sodomie de la Fondation Nestlé (c’est mieux avec du chocolat en poudre, carnet de voyages d’Erik p. 122). Son activité de conseil infatigable lui rapporte en 2014, plus de 400 mille euros. Un seul discours de Sarkozy le pulvérise. Il est donc administrateur de trois entreprises : Carbios, Greenflex et Géocorail toutes cop21-compatibles. D’ailleurs il pontifie sur le changement climatique de tables en séminaires. Parfois il disserte, en province, sur terroirs et gourmandise, fellation et pot au feu.

Michel Onfray : 0,78. Il a pour agent François Samuelson. Sur Michel : https://bouteillealamer.wordpress.com/2015/06/11/onfray-inc-une-entreprise-francaise-suivi-de-la-mort-dun-piposophe/

Pierre Rabhi : 0,61. Idole de la gauche de la gauche. Avec son association Colibris, il fait de la publicité pour Ecover, devenu le premier fabricant mondial de produits d’entretien 100% écologiques. Parmi les membres de sa fondation : François Lemarchand, fondateur de Nature et Découverte, 472e fortune de France, Charles Kloboukoff, président fondateur du groupe Léa Nature, Jacques Rocher, actuel « Directeur du développement durable et de la prospective » du groupe Yves Rocher, 26eme fortune de France avec sa famille, selon le magazine Challenges. Dans le comité exécutif de cette fondation Rabhi, on trouve le directeur général du WWF, Serge Orru, qui est un grand spécialiste du « Greenwashing » et du partenariat avec de grandes entreprises.

L’association vit grâce à ses adhérents et donateurs mais aussi aux souscripteurs du livret Agir mis en place par le Crédit Coopératif, banque « éthique et solidaire ». « La CGPI a convaincu le Crédit coopératif d’intégrer, parmi les bénéficiaires de son Livret de partage Agir, l’association Terre et Humanisme, fondée par son ami et mentor Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur français. L’association reçoit 350 000 € de dons annuels par ce Livret, via 4 300 souscripteurs. Soit autant de clients potentiels pour Josette Amor. ». Josette Amor est membre de Finansol (en tant que personne qualifiée).« Fondée en 1995, Finansol est l’association professionnelle qui fédère les organisations de finance solidaire en France que sont les financeurs solidaires et certains établissements financiers distributeurs de produits de partage et d’investissement solidaire. Sa mission et de promouvoir et de valoriser le principe de solidarité dans l’épargne et la finance, de développer la collecte d’épargne solidaire et l’emploi d’investissements solidaires, de garantir la solidarité et la transparence des placements financiers labellisés (cf. infra — Le label). » On trouve parmi ses membres l’ensemble des grandes banques comme la Banque Populaire, BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Lyonnais, la Banque Postale.

Il dispose, avec ses disciples de Terre et Humanisme ou pour un pétainisme de gauche, d’une ferme dite expérimentale en Ardèche, le Mas-de-Beaulieu, qui repose, en grande partie, sur une main d’œuvre gratuite.  En effet, 175 stagiaires (Pour un stage d’initiation à l’agroécologie d’une durée de 5 jours, le prix minimum est de 350 euros, mais si on le souhaite, on peut payer davantage. Prenons le tarif du stage le moins onéreux et multiplions-le par le nombre de stagiaires reçus par an : 175 X 350 = 61 250 + 3 200 d’adhésion obligatoire + le temps de travail) et 150 bénévoles (à raison de 10 jours X 6 heures par jour X 150 personnes = 9 000 heures de travail gratuit par an) interviennent à l’année sur ce petit terrain d’un hectare.

A ce jour la dite « ferme expérimentale » n’est absolument pas autosuffisante mais Pierre Rabhi vend ses livres.

Alexandre Jollien : 0,6. « La vie est un laboratoire. En montrant le laboratoire tel qu’il est, je rappelle que l’on n’est pas dans une carte postale, celle d’un philosophe qui a surmonté son handicap, qui a une famille, qui écrit des livres… J’ai beaucoup souffert d’angoisses. J’avais peur d’attraper le sida au point de ne pas pouvoir toucher les poignées de porte par exemple. L’anxiété est un laboratoire. Le feu émotionnel aussi. Le lieu de la libération est là. Depuis que je suis en Corée, j’ai beaucoup moins peur. Je me suis aussi libéré de l’armée de médecins qui m’entourait en Suisse. L’ascèse, une forte hygiène de vie m’ont libéré de certaines tutelles. ». L’Éloge de la faiblesse, publié en 1999, est vécu comme un « grand saut », dans l’écriture et le dialogue avec un public, et obtient à la fois le Prix Mottard de l’Académie Française et le Prix Montyon de litttérature et philosophie, pour « l’ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs ». Cette réception très positive aboutira aussi, entre autres effets, à la mise en scène de Charles Tordjman, en 2007, au Théâtre de la Manufacture à Nancy.

Eric Zemmour : 0,59. Sur Zemmour : https://bouteillealamer.wordpress.com/2014/10/23/zemmour-la-droite-et-le-pseudo-darwinisme/

Matthieu Ricard : 0,55, ce fils bouddhiste de Jean-François Revel disait « la consommation, ce n’est pas seulement aller au supermarché, c’est aussi la recherche d’un bonheur hédonique, l’importance donnée à l’image et au matérialisme. Les personnes les plus portées sur la consommation sont les moins heureuses, en moins bonne santé, elles ont moins de vrais amis et sont plus obsédées par la mort. Je parle d’un bonheur eudémonique, avec un sentiment d’accomplissement et de plénitude, plutôt que la poursuite d’un plaisir incessant. On va dire que je suis un imbécile parce que je suis plus heureux dans mon ermitage sans chauffage que dans un appartement luxueux, mais c’est vrai ! ». Ses lecteurs continuent à alimenter leur chauffage.

Jacques Attali : 0,49. Il a pour éditeur Sophie de Closets. Intervenant pour Speakers Academy, qui a des bureaux à Paris, Rotterdam, Barcelone, Berlin et Hong Kong, et propose les services de 2 000 conférenciers français – du diplomate Hubert Védrine à la navigatrice Maud Fontenoy.

Il prend au-dessus de 10 mille et laisse tomber le reste. Il est pulvérisé par Bernard Kouchner qui palpe au-delà de 40 mille euros par conférence. En effet, les agences américaines ont l’exclusivité d’orateurs prestigieux – Bill et Hillary Clinton, Larry Summers, Robert Reich, Carly Fiorina, etc. – et les classent par fourchettes de tarifs. Les deux seuls Français du Washington Speakers Bureau – Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner – appartiennent à la catégorie 6 : plus de 40 000 dollars, et ce n’est que le prix d’appel.

En 1982, Jacques Attali s’est fait prendre la main dans le sac du vieux Jünger. Certains passages de l’«Essai sur le temps» de l’écrivain allemand ont été purement et simplement recopiés dans les «Histoires du temps». Et les journalistes enquêteurs de l’époque avaient également remarqué des démarquages tout aussi peu discrets de textes de Jacques Le Goff ou de Jean-Pierre Vernant. Après une tentative d’explication très médiatisée, Jacques Attali lâcha avec un bel aplomb: «Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse.». En 1993, nouvelle affaire, L’objet de la polémique tient principalement dans la publication de notes prises lors d’entretiens à l’Elysée, entre François Mitterrand et différents interlocuteurs, dont Elie Wiesel, prix Nobel. L’éditeur de ce dernier, Odile Jacob, affirme que quarante-trois passages de ce qui devait devenir un livre de conversations entre le président et le prix Nobel ont été reproduits dans l’ouvrage de Jacques Attali, Verbatim, alors conseiller du président. «Il a gardé le texte, mais il a changé les lieux et les dates, commente Elie Wiesel dans «Libération», et, surtout, il fait croire que ce sont des propos tenus pour lui et recueillis par lui, ce qui est doublement inexact.». D’autres interlocuteurs de François Mitterrand, dont les conversations sont aussi reproduites dans le livre (Jack Lang, Robert Badinter, Pierre Mauroy et Laurent Fabius), affirment aussi que leurs propos ont été déformés.

Comme l’a dit François Mitterrand,  » Ce monsieur est un petit épicier. Je me suis trompé ».

Charles Pépin : 0,38. Il participe aux beauty talks de l’Oreal, lui aussi est très joyeux.

Michel Serres : 0,35. Peut-on, de plus, accuser nos penseurs français d’ignorer les mathématiques et la physique ? Michel Serres, qui allie aux talents du philosophe ceux du marin, du mathématicien et du rugbyman, ne peut être soupçonné d’ignorer ces disciplines.

André Comte-Sponville : 0,248. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros, moitié moins qu’Hubert Védrine. Grand spécialiste du discours en entreprise, il oscille entre le bonheur au travail et les moyens d’obtenir des salariés la motivation. Il considère que le métier de faire travailler les autres est vraiment difficile. Sa société l’Art de conférer affiche un bénéfice de 129 mille euros. Il travaille aussi pour le publicitaire Nicolas Teil de ConfAnim où il voisine avec l’ex-secrétaire d’Etat Madeleine Albright ou l’économiste Jeremy Rifkin.

Alain Finkielkraut : 0,247. Il perçoit 800 euros par émission sur France-Culture. Retraité de Polytechnique, marié à l’avocat d’affaires, Sylvie Topaloff, il  a mené son petit bastringue au port. Ses amis sont les suivants : Denis Olivennes, François Pinault, Patrick Drahi, Serge Weinberg, Eric de Rothschild, Olivier Merveilleux du Vignaux.

Échappé de l’Ulysse de Joyce, il poursuit chaque semaine le monologue intérieur de Léonard Bloom dont il est une incarnation post-moderne.

Selon Elisabeth Lévy, les adversaires de Finkielkraut seraient des « ânes et ânesses à carte de presse » car les autres n’existent pas. Les ennemis du « Rabbi » seraient gonflés de fiel et se répandraient en « détestation vociférante ». Ils le calomnient, caricaturent sa vision du monde et l’insultent car les ennemis de ce grand homme sont méchants. Finkie n’aurait été atteint que par les attaques basses pourtant comme le disait Beaumarchais il n’y a que les petites gens qui craignent les petits écrits, même émis d’une planète groupusculaire. C’est donc un écrivain de combat, un éveilleur d’âmes engagé dans la lutte contre le saccage « pseudo-progressiste » car on ne sait jamais il peut y avoir des lecteurs de gauche embusqués qui lisent Causeur donc Babeth insiste sur le pseudo, son camp incarnant le vrai progressisme voire le vrai progrès, on ne sait plus trop.

L’Académie Française qui distribue des épées en toc est une sorte de place forte d’où lancer l’assaut final, dès lors il est bon que Finkie l’occupe dans la position de l’inquiet tandis que Carrère d’Encausse pourra s’en prendre aux polygames et Jean-François Revel à la parade des gauchos, bien qu’il soit mort car un immortel ne meurt jamais c’est même pour ça qu’on lui offre une épée : son sexe est en berne mais son âme est éternellement brillante dans le vide de l’infini terrifiant.

Une inquiétude « fondamentale » guide la plume et la pensée du professeur-lieutenant français, les autres inquiétudes étant superfétatoires. Aude Lancelin qui  a conduit l’entretien entre Finkie et Badiou dont les éditions Lignes ont fait un livre est une péronnelle servile envers ses maîtres parce qu’elle ose écrire que l’identité malheureuse est « d’une grande faiblesse intellectuelle ». Puis vient le tour du manieur de crachats et intermittent de l’antisémitisme Aymeric Caron qui l’a peint en Philippulus, ce qui encore une fois démontre que l’Inconscient de ce Monsieur est encombré.

Contre Finkie, tous les coups sont permis dit-elle. Quand Léon Poliakov écrivait de Gilles Deleuze qu’il était un antisémite patenté, on était bien entendu dans le débat à fleurets mouchetés.

La faute de Finkie est ailleurs et elle est politique. En effet, il écrit « ce qui s’esquisse face aux gros bataillons du nouvel antiracisme, c’est la communauté de destin inattendue des « sionistes » et des « souchiens ». D’une part, il n’y a pas d’autre communauté de destin que celle du combat si bien que toute alliance est conjoncturelle et ne concerne en aucun cas la destinée de chacun, tout au plus celles de groupes fantasmés. Tant qu’on n’a pas défini une menace principale, on n’a rien dit, rien fait. Ensuite dans l’opposition qu’il trace entre souchiens/sionistes et gros bataillons, il indique une fracture racialo-idéologique. L’adversaire est indistinct, ce n’est pas seulement la gauche mais aussi le délinquant afro-maghrébin à capuches et le tenancier de kébab voire Pierre Perret chantant Lily, c’est la tournure paranoïaque de la pensée Finkie.

« Je ne sais pas si en 2005 vous vous souvenez d’un article de Marion Van Renterghem. C’était La Courneuve, cité des 4 000. Elle rencontre une femme, Catherine C. Une femme de 40 ans, assez élégante. Cette femme dit son désarroi à La Courneuve. Elle en a assez de ne parler à personne, de croiser des femmes voilées qui ne la regardent pas, d’entendre le Coran à fond les cassettes, qu’on la regarde d’un drôle d’air si elle fume pendant le ramadan. Et surtout, elle se sent de plus en plus isolée et elle a cette phrase : “C’est difficile de devenir une minorité chez soi vous savez.

Je ne suis certainement pas devenu identitaire, mais, depuis peu, je m’interroge sur l’identité française. Jusqu’à une date très récente, la France, je n’y pensais pas plus qu’à l’air que je respire. Français, je l’étais par la langue, par l’école, par la littérature : c’était une évidence. J’étais reconnaissant à mon pays des possibilités qu’il m’avait données d’être ce que je voulais être, mais je me définissais politiquement, et non nationalement : dans ma période progressiste, comme dans ma période antitotalitaire, l’universalisme était ma patrie.

J’ai été brutalement renvoyé à mon identité par ceux qui, de plus en plus nombreux, déclarent leur hostilité au pays d’accueil et par le défi à nos valeurs et à nos moeurs que représentent leurs références et leurs usages. Aussi le Front national gagne du terrain parce que la gauche a laissé tomber Catherine C et Alain F. Parce que c’est ce parti et un ancien militant fasciste, apôtre jusqu’à son dernier souffle d’une Europe païenne, qui ont pris en considération le malheur de cette femme et partant le mien car je suis une femme, quelque part et Marine est ma sorcière bien aîmée, Dom Venner, mon révélateur.

Quand le cybercafé s’appelle Bled.com et que la boucherie ou le fast-food ou les deux sont halal, ces sédentaires [les autochtones] font l’expérience déroutante de l’exil. Quand ils voient se multiplier les conversions à l’islam, ils se demandent où ils habitent. Ils n’ont pas bougé mais tout a changé autour d’eux. Car tous ne meurent pas mais tous sont touchés, c’est la peste, les gars. Nous sommes au confluent de deux épidémies : une immigration que nous ne savons plus maîtriser, et qui débouche, en France, sur une crise aiguë de l’intégration, et un processus démocratique, lui-même incontrôlable, qui en vient à aplatir toutes les hiérarchies. Au nom du principe de  » non-discrimination « , la France plonge voluptueusement dans l’océan de l’indifférencié. Au prétexte de lutter contre les discriminations, on renonce à l’assimilation, cette vertu fantasmatique de la civilisation française qui m’a permis d’être français sans m’empêcher d’être juif mais ne permet pas facilement d’être français et musulman, faut bien le dire sans le dire c’est pour ça que je suis structurellement hypocrite.

Singulier quand je suis juif, universaliste standard quand je suis français, tolérant quand je cause des muzzs selon les grands principes de l’antiracisme et de 1789. Aussi je suis bien obligé de vous concéder, « l’islamophobie véritable consisterait à dire : votre religion est incompatible avec notre identité, vous n’avez rien à faire ici », le genre racisme ethno-différentialiste, c’est pas poli de dire des choses pareilles.

Dans les faits, l’universalisme français a ses limites parce qu’on n’entre pas en francité comme on entre en religion catholique, apostolique et romaine. Une nation c’est pas une classe de collège, ni une nef d’Eglise avec salut à l’est, c’est un destin, une vie continuée pour laquelle des gens sont morts. On ne meurt pas pour une langue, une école ou des bouquins, on meurt pour une sale question d’honneur qui tient aux tripes et parfois on se dézingue entre compatriotes. Une nation, ça pue le charnier, c’est à ses cimetières et à ses Institutions qu’on la reconnaît, aux cuisses entrouvertes de ses femmes aussi. Pour résumer une nation c’est une érotique collective de la vanité.

En clair et en décodé, une nation n’a rien à avoir avec la vérité mais moi Finkie je dis que non, j’suis oppressé par les kébabs, les voitures, les bibliothèques, les crèches, les collèges brûlés et les minarets.

L’assimilation a été remplacée par l’intégration, puis, aujourd’hui, par la  » société inclusive « , concept introduit dans un rapport du conseiller d’Etat Thierry Tuot. Ce fonctionnaire lyrique oppose, à une France repliée sur  » la célébration du village d’autrefois « , la diversité de ses sources de peuplement et la magnificence de ses visages contemporains. Citant Novalis, il exalte  » l’étranger, superbe aux yeux profonds, à la démarche légère, aux lèvres mi-closes, toutes frémissantes de chants. Putain le gars devrait arrêter les back-rooms. C’est difficile de définir une nation comme on se fait enfiler, c’est un exercice qui demande un voile poétique. On voit tout de suite à quoi ça sert, généralement, la poésie, à ripoliner le sperme, le sang et la merde.

Je détesterais qu’on me dise, à l’instar de Maurras, que, Français de fraîche date, je ne peux comprendre le vers de Racine :  » Dans l’Orient désert quel devint mon ennui.  » Reste que, pour moi, être français, ce n’est pas être une composante de la diversité française. Là je m’emmêle un peu mais s’en prendre au vieux Maurras c’est toujours payant. N’empêche c’est le point de vue qui importe. Maurras a mille fois tort s’il prononce sa phrase du point de vue du fait grammatical, c’est-à-dire du point de vue du sujet, en revanche du point de vue politique-mensonger-hypocrite, je vois mal ce qu’un type hostile à la langue française qu’on ne lui a jamais enseignée correctement peut comprendre à Racine, encore moins à l’histoire française, ce qui suffit à le traiter en menace puis en ennemi, saut qu’il m’arrive d’accomplir mais saut périlleux.

Vous me direz qu’un poilu de 14 n’y comprenait pas grand-chose non plus mais qu’importe la principale menace ne consiste pas à traiter les hommes, la Terre et les cieux en dépotoirs et en matières premières dépourvus de toute parole mais à entendre ici-même des trucs sans rimes ni raisons, un salmigondis consumériste et vide de sens naviguant en survêtement un wesh lâché toutes les 10 secondes, smartphone en main et du tétrahydrocannabinol plein les synapses.

Je ne suis pas un Français de souche et, déjà, je suis français autrement que mes parents étaient juifs. Réécrivons cette phrase en explicitant ce qu’elle implique : je ne suis pas un Français biologique de souche et, déjà, je suis français autrement que mes parents étaient juifs biologiques. Même Alain de Benoist du temps de la sociobiologie en folie et des indo-européens à la une n’aurait pas osé. Le champ magnétique du frontisme, la parole souffrante de français en perdition conduisent droit aux écueils, aux affects tristes et aux délires, je devrais nager dans tout cela comme un Mao dans l’eau mais j’en suis comme emporté, cloué nu aux poteaux de couleurs, je dévale le fleuve maurrassien sans même le vouloir.

Je ne suis pas français comme l’était le général de Gaulle car je suis modeste et républicain. Au lieu de me comparer à monsieur tout le monde, je vais chercher de Gaulle, un monarque républicain, comme ça je concilie les deux France et même les trois si nécessaire. J’ai toujours en tête la phrase de Levinas sur Blanchot, auquel il fut lié par une indéfectible amitié même quand Blanchot causait en terroriste cagoulard. Pour Levinas, Blanchot était  » comme l’expression même de l’excellence française « . Levinas n’était donc pas français comme Blanchot était français, et il le savait. Faut dire que Levinas il venait de Lituanie et que Blanchot il causait latin, en famille. Je dis que si on nous interdit ce pseudo-savoir car qu’est-ce que c’est, putain, que l’excellence française ? on nous rend complètement idiots. C’est cela : l’antiracisme actuel fait de nous des imbéciles ! Au lieu d’un principe de résistance, c’est une forme de lobotomie. En fait ça l’a toujours été. Né en URSS, l’antiracisme est le frère jumeau des lois de Nuremberg.

J’oublie juste de préciser que l’antiracisme est compatible avec l’existence des libertés, qu’il en est même un adjuvant alors que le racisme ne l’est pas, mais j’embraye sur du binaire et des renversements, l’antiracisme est le communisme du XXIème siècle, j’en tremble.

Je n’aime pas ce que devient la France. Mon amour pour la France est un amour pour quelque chose de périssable, dont je sens la fragilité, mais qui n’a pas encore entièrement disparu. Je me suis retrouvé, par hasard, entre Sarlat et Brive, dans le Périgord. Je suis tombé en pâmoison devant un petit village, Saint-Amand-de-Coly, avec une église merveilleuse. Il est bon de vivre dans une France sécularisée, mais il y a une dette de la culture vis-à-vis de la religion. Le sentiment religieux a produit en France tant de beauté qu’on ne peut qu’être rempli de gratitude pour le fait de vivre ici. Là, je mouline un max dans les effluves de Chateaubriand, non ? Certains partisans du « mariage pour tous » voudraient rejeter, dans les ténèbres de la barbarie, la France des vieux clochers et du « mâle blanc hétérosexuel et catholique ». Cette attitude, ainsi que le refus de l’assimilation par un grand nombre d’immigrés et les critiques américaines de notre laïcité, m’ont amené à prendre conscience de ce que la France représente pour moi. J’ai trouvé mes quatre Etats confédérés les mecs : les pédés, les muzzs, les intellos météquophiles et les vendus aux yankees libéraux, j’ai ressuscité Maurras mais sans le dire, désormais je peux mourir à l’Académie.

Pourtant un philosophe devrait savoir que mourir couché au pied de la Croix, même repeinte aux couleurs de la France n’est pas exactement le chemin escarpé vers la vérité mais une rechute dans l’insignifiance hexagonale verbeuse morte en 1945 et ressuscitée sous Giscard.

Luc Ferry : 0,245. Spécialiste des croisières, il en fait 3 à 4 par an, parfois avec Stéphane Bern. Il est à noter qu’on lui reprocha en 2011 de ne pas faire cours à l’Université. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros. Il fut l’un des rhéteurs du 68ème Congrès de l’Ordre des experts-comptables. Sur Luc les mains propres : https://bouteillealamer.wordpress.com/2011/05/31/luc-ferry-se-lache-et-balance/

Thomas Piketty : 0,23. Il a vendu le capital du XXIème siècle à 1,5 millions d’exemplaires dans le monde. Depuis l’Obs le qualifie de gourou. A comparer au discours à la pièce de DSK, entre 75 et 150 mille euros.

Quelques éléments autour de la condition intellectuelle

On compte 25 mille enseignants-chercheurs  en France : Ils perçoivent 1800 euros net/mois en début de carrière, 6 mille au maximum en fin. Ils peuvent se renflouer à l’étranger puisque les universités suisses, anglaises et américaines paient 10 à 20 mille euros pour quelques semaines de travail.

L’auteur perçoit entre 8 et 14 % du prix de vente d’un livre. Le succès est atteint avec 5 mille exemplaires, on devient un phénomène à 50 mille. Peu dépassent ce seuil. Aussi il est possible de trouver d’autres sources de revenus.

Comme le géographe Christophe Guilluy, on peut conseiller des collectivités territoriales voire, tel François Jullien enseigner l’esprit chinois au groupe belge Umicore, éventuellement jouer les paléoanthropologues chez SCOP BTP comme Pascal Picq qui officiait en compagnie de Jérôme Bonaldi.

Pascal Picq a d’ailleurs rejoint l’Association Progrès du Management de l’ancien empoisonneur en chef de Sodexo, Pierre Bellon. Il campe aussi au comité des parties prenantes de Sanofi, au sein de la communauté d’innovation de Renault avec des sujets tels que le suicide chez les Bonobos et les néanderthaliens, étude comparée, ou effectue des missions pour EDF et la SNCF.  Il plafonne à 8 mille euros bruts par mois, il en est fier, il gagne plus que ses anciens collègues et se trouve bien sapé. Il aurait pu rencontrer Matthieu Sinclair, le magicien qui bosse pour Coca-Cola, Thales, Suez, les universités d’Orange et de la SNCF où il  accueille les nouveaux embauchés ou récompense les « hauts potentiels ». Ses thèmes : les limites de la rationalité dans la prise de décision ou l’apport de la magie à la mnémotechnie.

De son côté, Raphaël Enthoven ne néglige même pas l’université d’automne de la boulangerie. On peut comme Cespedes, chroniqueur chez France-Info, donner 80 conférences par an dont une cinquantaine en entreprises pour mille à 5 mille euros la prestation.  Hà Giang est sa partenaire dans Matkaline, sa boîte qui lui verse un salaire de 1500 euros brut. Comme le dit, le patron d’une compagnie d’assurances inviter un philosophe en séminaire c’est plus smart que d’avoir Patrick Sébastien. Si on y ajoute des escort girl, ça devient parfait.

Cet univers reste très frileux, aussi bien dans le choix des personnalités que des thèmes abordés. L’an dernier, les deux tiers des demandes adressées à l’agence Plateforme concernaient trois sujets : leadership et management/esprit d’équipe, performance/adaptation au changement, nouvelles technologies de l’information. « La crise a encore renforcé le besoin de valeurs sûres, comme Jean-Pierre Raffarin, Joël de Rosnay ou l’entraîneur de handball Daniel Costantini », assure Bruno Duvillier. « Au jeune économiste de Sciences Po, Yann Algan, que j’aimerais pousser, les clients préfèrent des experts établis comme Jean-Paul Fitoussi, Daniel Cohen ou Elie Cohen », regrette de son côté Bruno Faure. Quitte à ce que les stars les plus sollicitées pour jouer les têtes d’affiche fassent parfois faux bond quand leur agenda déborde, comme Jacques Attali ou Alexandre Adler. Ou qu’elles s’impliquent peu dans leurs interventions, à l’instar de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui demeure malgré tout le chouchou des chambres de commerce.

La conférence s’est tellement généralisée qu’elle assure aujourd’hui le gros de l’activité de bon nombre de personnalités. Edgar Grospiron, premier champion de ski acrobatique dans les années 90, prendrait part à une soixantaine d’événements par an. Laurent Combalbert, ex-négociateur du Raid, en enchaîne trois à quatre par semaine. Rares sont désormais les stars qui refusent ces sollicitations, sources à la fois d’argent et de publicité. Parmi ces exceptions, l’économiste Thomas Piketty a coutume de répondre qu’il n’est « pas intéressé » quand les agences le démarchent pour étoffer leur catalogue. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer un énorme succès, jusqu’aux Etats-Unis

Pour les médiatiques, il existe les sempiternelles piges à la radio, à la télé, dans la presse écrite ou chez Costa Croisières et Ponant. On peut aussi jouer les têtes de gondoles chez Speakers Academy comme Pascal Bruckner, Caroline Fourest, Emmanuel Todd, Paul Jorion, Pascal Blanchard. .

On peut tomber, par hasard sur des firmes plus intelligentes mais ça ne dure jamais, l’intelligence en entreprise étant nécessairement intermittente. Ainsi Nivea a donné carte blanche à Gilles Boëtsch pour réunir une équipe autour du rapport des français au corps (l’historien Georges Vigarello, le philosophe Bernard Andrieu, le sociologue David Le Breton, la dermatologue Nadine Pomarède). Pendant plusieurs années, l’équipe se réunit tous les trimestres et leur travail aboutit à la rédaction de trois ouvrages, une revue et deux expositions au palais de Tokyo.  17 bourses de 10 mille euros furent offertes à des doctorants. La direction a évidemment mis fin à l’expérience.

Les économistes ont depuis longtemps intégré les rouages de la machine. Patrick Artus est membre du comité exécutif de Natixis, administrateur de Total et d’Ipsos, Olivier Pastré est président de la banque tunisienne IM Bank, administrateur de CMP banque, de l’association des directeurs de banque et de la commission de surveillance de la CDC. Jean-Marie Chevalier conseille Areva, EDF, Rexel, IBM ou Westinghouse.  Daniel Cohen, membre du conseil de surveillance du Monde, ancien conseiller du gouvernement grec et conseiller pérenne de la banque Lazard intervient régulièrement sur les crises de la mondialisation dans les chambres de commerce de province et à l’étranger. Il traite aussi du « bonheur au travail », comme au salon du bien-être dans l’entreprise. Jean-Hervé Lorenzi, membre du directoire de la banque Rothschild, administrateur d’Euler Hermès, du Crédit foncier et de BNP Paribas Cardif n’a « jamais vu un économiste écrire une ligne pour défendre la position d’une institution ou d’une entreprise avec laquelle il aurait des liens financiers ». En effet, il préfère défendre l’ensemble du dispositif.

L’Obs / Afis Ardèche / Le Point / Paris-Match / Elle / Le Temps / L’Humanité/ le Monde / Actusports / Mediapart/ Les Echos/BAM


Responses

  1. Il y a trop de fric. Créé, en circulation, disponible.
    Trop facilement.
    On en était à cette conclusion lors d’une discussion avec un ami plutôt bien placé, qui avait un budget à cramer si il souhaitait le retrouver dans le futur. Façon armée françaie de la grande époque,quand on faisait tourner les véhicules à l arrêt…
    Que les boîtes peuvent filer du fric à certains de ces clowns conforte l idée. L entremise n explique pas tout.

    • Ce qui me frappe Ag, ce serait plutôt le contraire, c’est à dire à quel point ces types s’affichent discount tant ils ont conscience de leur nullité

  2.  » les hommes de la Renaissance, par hostilité vis-à-vis de la scolastique, n’ont pas retenu …. »

    Ils ne pouvaient pas faire autrement.
    La figure d’Aristote planait sur les sciences de la nature, et l’un des combats les plus importants de Galilée fut précisément à l’encontre des conceptions finalistes de la physique Arsitotélicienne: la notion de trajectoire parcourue selon un décours temporel précis selon une flêche du temps non réversible , et prédictible quantitativement en excluant tout a priori tels que « la nature a horreur du vide » , fut une révolution scientifique.

    L’hostilité vis-à vis de la scolastique ne fut pas, à mon avis, une hostilité vis-à-vis de la logique, mais plutôt des postulats autour desquels celle-ci s’organisait, conduisant à des tautologies totalement fermées.
    Les hommes et femmes de la renaissance ne renièrent ni les mathématiques, ni les arts antiques.

    • La figure d’Aristote mais revue par les philosophes arabes dont Averroès et par l’Eglise. Il a fallu s’affranchir de la première (l’aristotélisme arabo-scolastique) puis de la seconde Institution pour pouvoir de nouveau philosopher avec Kepler, avec Galilée, avec Bacon, avec Descartes, avec Pascal, avec Leibniz, avec Newton. Pascal Engel se trompe, ce sont les philosophes des Lumières qui ont transformé l’exercice de la philosophie naturelle en discussions de bistrot avant que la Révolution ne prétende subsumer le monde derrière une vision proprement délirante parfaitement orchestrée par Hegel dont la folie systémique est évidente


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