Publié par : Memento Mouloud | février 20, 2016

Ciao Umberto

 

 


Responses

  1. « Mais comment peut exister un être nécessaire totalement tissu de possible?
    Quelle différence y a-t-il alors entre Dieu et le chaos originel? Affirmer l’omnipotence absolue de Dieu et son absolue disponibilité en regard de ses choix mêmes, n’équivaut-il pas à démontrer que Dieu n’existe pas »?

    ……..ou bien joue aux dés?

    Ciao..

    • Un être possible issu de la nécessité, est-ce que ce ne serait pas un premier jalon vers une définition de l’homme ?

  2. Oui; dans ce cas, l’hypothèse d’un Dieu incréé, immatériel et non soumis à une quelconque temporalité ( ou géométrie) conception « classique » (à base Aristotélicienne s’il faut en croire Maïmonide) est elle « nécessaire »?

    Le « possible », alors, est t’il une autre expression du « hasard », et la « nécessité » celle des lois ( naturelles) d’ordonnancement du monde.
    Dans cette hypothèse, le « hasard » désigne t’il des lois de probabilité substantielles aux lois naturelles, ou bien l’absence de « plan » divin, de moteur premier, de finalisme ( conception de démocrite et épicure)?

    • On peut aussi poser la question de cette manière : si le hasard est un problème de fréquence (plus ou moins régulière et les attracteurs étranges de la théorie du chaos n’échappent pas à ce problème de la fréquence) c’est soit un corollaire des lois naturelles, soit une question d’instruments de mesure et comme nous ne pouvons appréhender les lois naturelles sans expérimentations ou instruments, j’aurais tendance à répondre les deux à la fois.

      Soit le hasard n’est pas lié à la fréquence donc à la prévision et il réintroduit (malgré Démocrite et Epicure) la question de l’intervention d’une entité dans le cours usuel de la nature (il me semble que c’est la position de certains théologiens musulmans).

      Dans tous les cas, Dieu est une question de narration

  3. Et si le « hasard » n’existait pas? Ou encore si Dieu faisait en réalité semblant de jouer aux dés? Et si Boltzman ne jouait pas, en réalité, aux dés? Et si la révolution galiléenne puis Newtonienne introduisait précisément des relations non « hasardeuses » entre antécédents et conséquents?

    En remplaçant actuellement des « équations différentielles » ( issues des lois du mouvement et de la mécanique céleste) par des chaînes de Markow ou des probabilités bayesiennes et toute cette sorte de choses, ne permettons nous pas un falsification sans limites et auto prédictive?

    En mécanique quantique, la chute de l’ interprétation de Copenhague n’est t’elle pas consommée?( Dieu fait « semblant »…)

    En théorie du chaos, le hasard n’est t’il pas qu’une illusion superficielle, dès lors qu’il disparait à la lumière d’une analyse plus poussée: le diagramme de Poincaré n’est t’il pas régulier et « harmonieux  » à nos yeux, alors que la série des nombres issus de l’alea perd toute régularité?

    Sur la question de la narration: toute narration n’est t’elle pas un discours sur les faits bruts ( donc sensibles), ce qui n’empêche pas les faits bruts d’exister ( en dehors de toute narration) ; de l’obligation d’accepter une dose de nominalisme dans l’énoncé des « principes », qui deviennent irréfutables en eux mêmes, et paradoxalement fertiles de ce fait?

    Quelques pistes……j’y réfléchis

    • Ce que vous dîtes de l’emprise des probabilités sur notre vision du monde est encore illustrée par la campagne de publicité planétaire d’alphago la machine de Google qui bat les champions de go. Visiblement depuis Deep Blue face à Kasparov les informaticiens ont avancé dans l’application de la statistique à la théorie des jeux mais je me demande s’il ne faudrait pas considérer les choses à l’envers : au lieu de partir du duel transparent retransmis par You tube (œil absolu oblige) on devrait partir de l’effet d’alphago (ou plutôt les effets) sur un champion coréen puis sur un joueur lambda, une sorte d’expérience de Milgram revisitée.
      Pour ce qui est de la narration c’est surtout une mise en intrigue et une coupe dans le temps, les faits s’y dilatent, disparaissent ou s’y noient, comme une constellation dont on ne percevrait les composants qu’à la faveur des échelles adoptées

      • « …..la question de l’intervention d’une entité dans le cours usuel de la nature.. »

        Chose en général ignorée, cette question fut « Newtonienne »; il y répondit, assez découragé, par l’hypothèse ci-dessus.

        Un élément fort de réponse, ne requiérant pas cette hypothèse , est … »Poincaréïen ».

        Retour donc, à la mécanique céleste…, paradigme et paradis épistémologique.

        Une grande préoccupation de ces grands esprits peut se résumer dans l’interrogation suivante:

         » le système solaire est t’il stable »?

        et, plus précisément:
        « le système solaire est t’il stable si nous tenons compte des forces gravitationnelles entre planètes, que nous négligeons habituellement dans nos premiers calculs »

        Newton s’était déjà penché sur « le problème à trois corps » et s’était découragé, constatant que ses calculs le menaient à une instabilité à long terme du système solaire, à une perte de la régularité des mouvements planétaires.
        L’hypothèse d’un Dieu « mécanicien » intervenant dans la re-régularisation ( nous dirions « une remise à zero ») des mouvements planétaires, lui était donc venue à l’esprit comme seule « explication ».

        Laplace et Lagrange ont repris le problème, l’on fait considérablement avancer….mais survint Poincaré, qui, , toujours « en observant le ciel » ,magistralement, met en relation le formalisme probabiliste ( je n’aime pas parler de « hasard » en soi) et la mécanique déterministe.
        Le problème à 3 corps restreint ( actuellement dénommée « théorie du chaos »), Les diagrammes de phase et le théorème de récurrence, sont des moments « cruciaux » de la science; c’est même à partir de ces modèles « célestes » que peuvent se comprendre les relations intimes entre « hasard » , « chaos déterministe » et « entropie de Boltzmann ».

        Pour ce qui est de l’emprise des probabilités sur notre monde ( ou plus exactement de l’idéologie probabilitariste omni envahissante) je prétends que c’est précisément l’abandon du déterminisme paradigmatique issu de la mécanique du mouvement qui est en cause ou, autre formulation, l’apparation d’une falsification ( par omission volontaire) de la manière dont le nombre s’introduit dans la nature…..

      • Merci pour la généalogie des trois corps, vous avez réussi à me rendre passionnant ce roman de la nature, sensation que j’avais perdue depuis le collège où une série de bas du front avaient fini par me rendre indigeste ce qui me paraît essentiel, du moins à mes yeux.

        Pour la peine je vous envoie le son d’un pulsar quand notre soleil aura explosé réduit à quelques kilomètres de diamètre : https://www.youtube.com/watch?v=6Tvx4kB0TH0

  4. Pour se détendre, un spécialiste de l’énonciation scientifique « décalée », Georges Perec, grand « pataphysiologistes », entre autres.

    http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2011/11/Perec_FR_tomato%5B1%5D.pdf

    • Perec a même inventé une rue de Paris, c’est dire

  5. « Pour ce qui est de la narration c’est surtout une mise en intrigue et une coupe dans le temps, les faits s’y dilatent, disparaissent ou s’y noient, comme une constellation dont on ne percevrait les composants qu’à la faveur des échelles adoptées »

    Vue sous cet angle, la narration est « freudienne » ( condensation, déplacement, a- chronicité, narration latente sous la narration manifeste); un des meilleurs ouvrages « narratifs » à propos de la narration serait donc le « traumdeutung », la narration manifeste pouvant d’ailleurs être non verbale ( le signe narre où il veut)

    L’antiquité le savait bien, qui réservait au « vulgaire » la croyance au premier degré, et à la pythie ou au médecin l’interprétation du sens caché des mythes et des rêves.

    • On trouve une variante de cette narration freudienne chez Proust dont le récit inachevé s’ouvre dans une chambre à Tansonville, celle où Gilberte Swann loge le narrateur, si bien qu’on ne sait plus bien dater l’ouverture du temps retrouvé où le lecteur se retrouve à Tansonville in medias res lors d’une conversation entre Gilberte et le même narrateur. Pendant ce temps les fils et les intrigues, les personnages et les blasons, les combats et les soupçons, les milieux dépeints se seront enchevêtrées pour composer ce qu’on a pu résumer par Marcel devient écrivain et qui est plus exactement Marcel entre dans la mort. C’est la véritable réticence des écrivains à leur vocation, écrire d’outre-tombe, ce qu’avait bien saisi Chateaubriand

  6. Si le coeur vous dit, Memento, deux références sur les « machines à apprendre », constructibles à partir de boîtes d’allumettes…..

    Intéressant et assez ludique pour démythifier et démystifier la soit -disant « intelligence  » artificielle……

    http://images.math.cnrs.fr/Une-machine-en-boites-d-allumettes-qui-apprend-a-jouer-au-Morpion.html

    http://cs.williams.edu/~freund/cs136-073/GardnerHexapawn.pdf

    • ça me dit bien, tout ce qui me servira à approfondir et à me perdre (parce qu’il est toujours bon de perdre certains repères) me dit

      • Un extrait de l’article de Gardner ( qui était un logicien, sceptique, et à mon avis plein d’humour et d’esprit critique), décrivant comment ,finalement, le mécanisme d’apprentissage de sa « machine à apprendre » (constituée de quelques boîtes d’allumettes) est fondé sur un système de punition-récompense:

        « This system of reward and punishment closely parallels the way in which animals and even humans are taught and disciplined »

        …….ce commentaire intelligent en dit long.

        Une « intelligence artificielle, autrefois dénommée plus modestement « système expert » ( comparer par exemple « éducation nationale » en lieu et place d' »instruction publique ») se réduit donc à un calculateur hyperprodige, nanti d’une mémoire colossale et en perpétuelle extension, et apprenant « statistiquement » par récompense punition.
        Intelligence artificielle : un idiot savant dressé………

        (Pour la petite histoire, je me suis fait assez sérieusement critiquer sur un blog de « modernistes IA à tout crin », en démontrant grâce à un exemple arithmétique enfantin, qu’un calculateur était incapable d’inventer un raisonnement mathématique simple et crucial..)

        Merci pour l’harmonie des sphères mourantes; finalement, qu’en aurait dit Pascal ?

        Si vous en êtes d’accord, je me propose de poursuivre ces quelques lignes du roman de la nature, de l’harmonie des sphères à l’entropie hasardeuse……….

      • J’en suis d’accord et j’en viens à votre « idiot savant dressé » : un phallus (de substitution) ?

  7.  » un phallus ( de substitution) « ?

    Oui, comme dans le « Casanova » et « la cité des femmes » de Fellini
    ( récits « narratifs » purs , entre parenthèses)

    L’intelligence artificielle est un idiot savant et un phallus à pile (dressés.?), finalement…

    • Même chose dans Burn after reading que vous avez peut-être dans le coffret des frères Coën

  8. Bonjour Memento, Bonjour à tous

    Je profite d’une période indolente – en ce qui me concerne- pour réfléchir à la moins mauvaise façon de poursuivre la narration autour de l’harmonie chaotique ou non, et l’idée qui me chatouille s’intitulerait:
     » la mécanique universelle et l’affaire Tournesol »
    A bientôt

    • L’affaire Tournesol a un quelconque rapport avec les attentats en Belgique, Hippocrate ?


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