Publié par : Memento Mouloud | mars 9, 2016

L’après-guerre de Louis-Ferdinand Céline

Ça fait des mois qu’on ressasse partout le pourquoi du comment ça sera bon qu’on m’assassine, rigolo ! patriotique ! …juste sur la crevaison de mes yeux, l’écartèlement ou l’enterrement, qu’ils arrivent pas à se mettre d’accord

Féérie pour une autre fois

On a vieilli de cent ans en six mois

Lettre à Madame Rosa, novembre 1945

Les pays du Nord sont snobs, snobs

Céline à son beau-père juillet 1946

Questions Juifs, il y a beau temps qu’ils me sont devenus sympathiques : depuis que j’ai vu les Aryens à l’œuvre, fritz et français. Quels larbins ! Abrutis, éperdument serviles. Ils en rajoutent. Et putains ! Et fourbes. Quelle sale clique. Ah j’étais fait pour m’entendre avec les Youtres. Eux seuls sont curieux, mystiques, messianiques à ma manière. Les autres sont trop dégénérés. Et voyeurs les ordures, voyeurs surtout ! Les Juifs eux ont payé comme moi. Vive les Juifs bon Dieu ! Vive les Youtres. J’en voulais à certains clans juifs de nous lancer dans une guerre perdue d’avance. Je n’ai jamais désiré la mort du Juif ou des juifs. Je voulais simplement qu’ils freinent leur hystérie et ne nous poussent pas à l’abattoir.

Lettre à Paraz, 15 mars 1947

Je pense aux miens, aux miens d’abord. Les souffrances actuelles des antisémites français en prison me tiennent à cœur

Lettre à Me Naud, 18 juin 1947

Dieu je veux lui payer la plus belle montre qui se puisse trouver

20 août 1947, lettre à Geoffroy

M’avez-vous assez prié et fait prier par Dullin, par Denoël, supplié sous la botte de bien vouloir descendre vous applaudir ! je ne vous trouvais ni dansant, ni flûtant, vice terrible à mon sens

Céline à Sartre

Les Juifs, il n’avait qu’eux qui me lisaient

Céline dans Paris-Soir

Les nazis eux-mêmes n’ont jamais songé au racisme. Ils s’en servaient comme d’un appeau électoral pour rallier quelques illuminés dans mon genre. Cela faisait quelques voix de plus. Leur racisme n’aura jamais été plus loin que l’attrape-gogo. Derrière Hitler, il n’y avait rien, une horde de petits-bourgeois cupides

Céline à Milton Hindus 1947

Les allemands sont des larbins qui ne respectent que ceux qui les fouettent

Céline à Milton Hindus 1947

Merde aux Aryens ! Pendant dix-sept mois de cellule pas un seul damné foutu des 500 millions d’Aryens n’a poussé un seul petit cri en ma faveur. Tous mes gardiens étaient aryens. Je m’en souviendrai

Lettre à Paul Bonny 1947

Le jour de ma sortie de prison, je tombe sur un Juif rescapé de Mathausen. On commence à parler. C’était roulant…On semblait tous les deux tâter cette liberté miraculeuse. On se sentait solitaires et méfiants. On a marché longtemps, à petits pas discrets, dans la nuit, en se racontant nos misères. C’étaient les mêmes. Je n’avais pas été dans les camps de concentration, mais j’avais quand même connu l’enfer de Sigmaringen

Entretien avec François Gillois, 12 novembre 1948

Le pauvre Paraz est moribond…Un dialogue entre deux moribonds lui = 100 p 100, moi 75 %…et pire ! …Burlesque et macabre. Nous sommes l’un et l’autre j’imagine de telle faiblesse que juger de tels débris, déjetures, souffrances (et ce qu’il en sort de blasphèmes, anathèmes) ce n’est pas sérieux ! J’ai entendu beaucoup d’agoniques déconner. Je reconnais le ton, notre ton. Des bouts de vérités, et plus d’injures, déjà gâteux.

Lettre à Paulhan, 14 décembre 1948

Je ne te parle pas de ce calvaire ici, une haine immense me tient en vie, je vivrais mille ans si j’étais sûr de voir crever le monde

Lettre à Paraz, 1er juin 1949

Votre bouquin m’est tombé sur les pieds et je n’ai rien senti

Céline à Blondin

C’est le jaune qui est l’aubépine de la race

avril 1957, entretien à l’Express


Responses

  1. C’était jeudi ?
    Oui ,jeudi
    Sur vronze cul
    Je faisais un peu de cuisine pour me détendre et assurer le repas, et j’ai entendu ÇA !
    Le fils de Bourdieu ( Pierre Bourdieu, bière pour deux !) avait pissé un film
    Sur Céline
    Pauvre Céline
    Même mort ,enterré, misérable, ruiné, déchu de ses droits, même comme ça, il faut encore qu’on lui crache à la gueule
    Car ,vous en conviendrez ,un film forgé par un zosiologue, fils de zosiologue, ça ne peut être que le coup de pied de la mule gauchissante post mortem
    Ça donne envie de nommer son chat bebert

    • De ce que j’ai entendu, Bourdieu junior ne met pas en question le talent de Céline et c’est d’ailleurs le consensus contemporain de prétendre que Céline est un génie littéraire, le dernier génie littéraire français ; quant à savoir pourquoi Céline serait un génie littéraire, on tourne un peu en rond. D’ailleurs Bourdieu prétend avoir écarté l’adaptation d’un château l’autre parce que ce n’était pas « cinématographiable », ça résistait au scénario. C’est assez amusant comme dérobade de prétendre qu’une chronique échappe à la fiction cinématographique, il a donc introduit un juif littéromane, incarné Céline en Denis navrant, peint Lucette en gros plan et le tour est joué. J’aurais préféré Céline aphasique se chiant dessus dans une dernière pétarade mémorielle, ce qui aurait parfaitement convenu à sa dilection pour les égouts et les spectres, les dysgéniques et les partouzes

      • Justement !
        Pourquoi dans ce cas ,tenter d’expliquer encore ?
        Quel est donc cette pedagomanie ,comme il y a des décalcomanies ?
        Ou alors, filmer Céline et sa maigreur révoltante dans ses dernières années, avec les chiftires des fortifs qui venaient lui mendier quelques prescriptions à l’oeil ( et pas toujours les pires ,si on s’en tient à ce qui s’ordonne actuellement, vous m’avez compris, vous m’avez)

      • Qui vous parle de pédagogie Kobus, il faut se reporter à la poétique de Céline extraite de Bagatelles « rien n’est plus difficile que de diriger, dominer, transposer, la langue parlée, le langage émotif, le seul sincère, le langage usuel, en langue écrite, de le fixer sans le tuer…Essayez…Voici la terrible technique où la plupart des écrivains s’effondrent, mille fois plus ardue que l’écriture dite artiste ou dépouillée, standard, moulée, maniérée, que l’on apprend branleux en grammaire dès l’école ». A partir de là on a un programme (la poésie du beauf) une ambition (le boutiquier chantant) et puis un contrepoint (les jambes des danseuses)

  2. Vous parlez des jambes des danseuses ?
    Lorsque je fais des misères aux patients, essentiellement avec des aiguilles et une sonde d’échographie, j’habille le matériel pour pas leur coller un microbe ( les pauvres ont déjà un macron ,hu hu hu )
    J’enfile donc un gros pochon de latex stérile sur la sonde et je le fixe avec un morceau de ruban adhésif, tout ça stérile bien sûr
    Pour détendre l’atmosphère et détourner l’attention des malheureux/malheureuses, je décrit ce que je fait de ma voix hypnotique
     »je met son leggings sur la sonde ,là, puis une sorte de jarretelle, là, voilà… leggings, jarretelles, vous avez bien noté quelles sont mes préoccupations ? »
    À ce moment-là, en général, les gens reprennent confiance….

    • Danseuses et leggings passe encore Kobus, mais en porte-jarretelles…

      • ha….la vraisemblance importe peu
        en fait il est recommandé de détourner l’attention des pauvres malheureux qui me sont confiés….et le porte jarretelle y contribue beaucoup
        on a donc trouvé l’argument imparable pour gagner les élections …..les fanfreluches

      • Vous imaginez François en porte-jarretelles, Kobus ?

      • dans le blog du magyar proli depp …j’ai vu une photo qui illustre un porte jarretelle à l’envers, un plastoc qui se met autour de la cuisse de l’homme , avec des crochets qui remontent vers le haut et tirent la chemise vers le bas
        utile depuis que les pantalons sont étraits , mal coupés ainsi que les chemises

        gageons que manu les mordasses avec ses braies tire bouchonnées sur les chevilles ainsi que hanchois molleglande , avec sa braguette ouverte , doivent tous deux en user
        mais comment , pour une femme ( s’entend , une vraie ) , rester sérieuse face à un type qui, lorsqu’il se déloque , laisse apparaître ce truc qui lui cercle les cuisses ?

        tentative de vous le passer sur le net

      • C’est à dire que Manolito a un physique de film d’animation japonais des années 70, quant à François, je l’imagine difficilement ithyphallique, à part le goût du ridicule je ne vois pas bien où peut résider le désir qu’aurait une femme de les observer se déloquer, même dans une pièce obscure


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