Publié par : Memento Mouloud | mars 18, 2016

La droite la plus bête du monde ?

Le 19 mars 1962 ne marque pas tant le cessez-le-feu durant la guerre d’Algérie que la fin de l’empire colonial français édifié par la IIIème République. 90 % des français soutenaient cette décision et ils n’étaient pas tous anticolonialistes, au même titre que de Gaulle à qui cet épithète aurait paru incongru et pourquoi pas bouffon.

De Gaulle a pris cette décision après le désastre de Suez, après la défection américaine, après que les Etats-Unis avaient refusé toute place à la France dans un directoire où elle aurait été à parité avec le Royaume-Uni et la puissance tutélaire. L’Algérie était une charge et de Gaulle n’avait pas l’intention de traîner un boulet, ni même de maintenir sur place une armée permanente dont les objectifs auraient été de transformer le pays en une sorte de Fédération où le quart des citoyens auraient été musulmans et pour les ¾ d’entre eux pauvres et illettrés.

L’Algérie était un fardeau et une pétaudière dont il ne pouvait sortir rien de bon. De Gaulle a pris la seule décision qui s’imposait rompre et au plus vite. Il n’avait pas prévu l’exil des pieds-noirs mais, dès lors qu’il se déroulait, son gouvernement s’est débrouillé pour qu’il se passe sans trop de casse. En revanche, il a clairement laissé tomber les harkis parce qu’il refusait que la triple rancœur d’une partie des officiers, des sympathisants de l’OAS et des pieds-noirs ne s’apparie à une quatrième, franco-musulmane.

On appelle cela la raison d’Etat et la politique comme le disait Lénine est rarement un dîner de gala ou une opération humanitaire blanche, de celle pour laquelle Merkel se voit décerner des lauriers. De Gaulle a choisi de préserver les chances de la France de rester une puissance moyenne, en attendant que les deux blocs se fissurent. Sur le moyen terme, le cours de l’Histoire lui a donné raison, la mémoire lui donne tort et aussi l’équation électorale propre aux rivages méditerranéens et aux abords de la Garonne.

Les dirigeants de la droite ont choisi cette mémoire partisane, la mémoire des rancoeurs conjuguées et des équations électorales démagogiques parce que l’intelligence des situations leur est parfaitement inconnue et qu’ils ont pour maîtres vénérables, l’opinion et l’argent, comme disait le méchant Maurras


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