Publié par : Memento Mouloud | mai 10, 2016

Denis (Baupin) ou Pourquoi des hommes politiques plutôt que rien

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Les hommes politiques sont comme des starlettes qui voudraient qu’on les désire sans fin alors qu’ils n’en finissent pas de tailler des pipes aux français formidables et aux réalités économiques qui les transforment en pantins tantôt livrés aux tomates, tantôt élus reines de village selon l’humeur des instances où se produisent les simulacres. Le scandale Denis Baupin est celui du réel parce qu’il est celui d’un être désirant et pitoyable, un pied dans le scénario du grand blond, un autre chez feu Marc Dorcel. Entre la sensiblerie et le désarroi du pornographe se tient l’effigie Denis Baupin et celles de tous les autres tarés qui quémandent les suffrages du peuple sur fond d’orgues désaccordées et de rhétorique quinto-républicaine exsangue. Il est bien évident que les hommes politiques ne sont pas des maîtres comme les rois et nobliaux étaient propriétaires du royaume et Dieu de la Terre. Ils sont l’Arlequin boiteux, maître un jour, valet souvent, cible émouvante parfois. Denis Baupin s’emmerde parce que son métier est emmerdant mais sans la noblesse du voleur de Darien qui faisait un sale boulot mais avait le mérite de l’accomplir salement. Baupin est un moralineux, quand il défend les femmes contre le harcèlement, il peint ses lèvres en rouge. Pendant ce temps, il voudrait qu’on le désire, éprouver un peu de passion, desserrer les boulons de la machine parlementaire qu’il forme avec sa femme depuis qu’ils n’écrivent plus de motion de synthèse pour savoir qui fera la vaisselle le vendredi soir et qui torchera le petit quand la couche recyclable sera pleine. Il ne veut pas seulement sodomiser Elen il voudrait que son SMS déclenche une vibration dans le rectum de cette fille, qu’elle prenne son fouet, ses cuirs et ses menottes, qu’elle le fouette, qu’elle lui pisse dessus et qu’enfin en judoka goguenard il divague dans son anus, la douleur encore poignante aux bordures de chaque ecchymose. Et puis rien ne vient, ou si peu ; il dira qu’il fait ça pour se marrer, il mentira, se mentira parce que tout homme politique est menteur de nature, c’est-à-dire contrefait depuis l’enfance, obvie, sans quoi il ne jouerait pas ce jeu de la promesse toujours reportée. Aujourd’hui les cartes se sont envolées, Denis n’est plus du bon côté de la moraline, il se défendra, il évitera une condamnation mais pas le blâme, on ne le désirera plus, il sera le déchet de son propre ennui, les féministes le présenteront comme un vestige d’une époque révolue avant de former un groupe Lysistrata à l’angle de la place de la République et de discuter une motion, deux nuits debout, en se demandant pourquoi il n’y a toujours pas de toilettes autour de cette foutue statue.

l’élection peut donner à certains un délire de puissance qui s’exprime par ce biais

Nathalie Kosciusko-Morizet

« A la question « est-ce que je fais confiance à mon mari? »», je réponds oui 

Emmanuelle Cosse

« Dans cette affaire, par omission, on est tous complice… »

Danielle Auroi, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale

« Cet élu semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn »

Vanessa Jérôme (2013)

« Rien n’était avéré. Les langues ne se délient pas facilement sur ces sujets. Il y avait une zone de flou sur ces comportements. Il y avait aussi des liens amicaux profonds avec ses proches qui compliquaient énormément la situation. Quand on en parlait, certains disaient d’ailleurs qu’il ne fallait pas l’accabler parce qu’il avait pris conscience de ses actes et se soignait. Mais comment imaginer la vérité ? »

Cécile Duflot

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« À un moment donné, j’ai voulu faire une pause… Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment…Sur le moment, j’étais tellement choquée que je n’ai pas dit grand-chose… « Je ressentais un très grand malaise. J’ai immédiatement pensé que c’était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l’ai mis très longtemps après. » À un de ses voisins, elle narre « Il m’a dit : “Ah, il a recommencé.” Ça a été sa phrase. » 

Sandrine

« C’était du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces. Il y avait des moments où on en avait plus, c’était par salves… Et c’était plutôt quand on était à l’Assemblée, entre le mardi et le jeudi… C’était par exemple : j’aime bien quand tu croises tes jambes comme ça. C’était même crûment dans des réunions ou des déjeuners de travail le fait de me proposer d’être mon amant. Au début, c’est dit sur le ton de la rigolade. Et puis, cela devient vite très lassant, pénible… Je savais que nous étions plusieurs députées à recevoir les mêmes SMS. »

Isabelle

« plusieurs mois de SMS d’incitation sexuelle de M. Baupin après lui avoir dit que je n’étais pas intéressée, que j’avais quelqu’un dans ma vie, que je ne souhaitais pas entretenir ce type de relation ». « Les refus polis n’étaient pas entendus…Au total, j’ai reçu une centaine de messages. Du type “Je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser en cuissarde”. “J’adore les situations de domination. Tu dois être une dominatrice formidable…J’ai envie de voir ton cul.” »

Elen

« Quand on est en campagne électorale, on finit souvent assez tard. Un soir, j’étais dans le bureau de Jean-Luc Bennahmias, qui n’était pas là… J’étais seule avec Denis. Il s’est mis à me courir après autour du bureau. C’était complètement loufoque comme scène. Je me suis arrêtée d’un côté du bureau et je lui ai dit : “Écoute Denis, t’as qu’à sauter par-dessus.” Il m’a répondu : “Mais je suis capable.” Et je lui ai dit à ce moment-là : “C’est du n’importe quoi ton truc.” Et je suis partie. Le lendemain matin, j’arrive, je reprends mon boulot. Denis est là, il ne me dit pas bonjour. Je lui dis : “Écoute Denis, donc à partir du moment où on veut pas coucher avec toi, tu ne dis plus bonjour.” Il a pointé son index sur moi en disant : “Toi t’auras jamais de poste au sein du parti.” Ça s’est arrêté là. »

Annie

« Lorsque j’ai signalé ces faits aux coprésidents, ils ont réglé cela en tête à tête avec lui et il s’est immédiatement arrêté. Suite à cela, j’ai continué à travailler avec lui, sans aucune gêne. »

Une salariée de l’Assemblée Nationale

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« Le président de l’Assemblée nationale a reçu M. Denis Baupin, député de la 10ecirconscription de Paris, ce matin. Il lui a demandé de remettre sa démission de ses fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale », a-t-il expliqué par communiqué. Peu après, Emmanuel Pierrat, avocat de Denis Baupin, a indiqué qu’il avait obtempéré : « Afin de protéger les institutions de la République et de pouvoir assurer sa défense, Monsieur Denis Baupin a présenté sa démission du poste de vice-président de l’Assemblée nationale à Monsieur le président de l’Assemblée nationale. »

 


Responses

  1. 1. Dans cette affaire, on ne cite pas assez
    « A la question « est-ce que je fais confiance à mon mari? »»,
    je réponds oui (Emmanuelle Cosse)
    Ah l’amour !

    2 Denis abandonne la V-Présidence, pas le job de député …
    j’imagine que ce dernier conditionne ses revenus.
    Ah l’amour !

    Salut, l’ami. (j’avais disparu quelque temps)

    • Bonjour René, j’espère que vous allez bien. La première réponse me rappelle Hillary Clinton, la seconde, je vous suis tout à fait, ça conditionne le job et le statut

    • Tiens j’y pense à l’instant, il devrait faire campagne avec son slogan préféré : « parisiennes, j’ai envie de voir vos culs » ou au singulier « parisienne, je veux voir ton cul », vous pensez qu’il a une chance sur un programme nature et pulsions ?

      • Ces slogans auraient le mérite de la sincérité……..et n’auraient finalement pas déparé en des temps infiniment moins puritains ( et pas lointains que celà)

      • Le puritanisme féministe toujours aussi loufoque à transformé le mode de jouissance particulier d’un pauvre notable parisien bien pensant en persécution générale des femmes par les désirs masculins forcément monstrueux

      • misons plutôt sur le cérébral
        « parisienne, montre moi ta chatte épilée et je te montrerais mon gourdin »
        non?
        bon
        essayons autre chose
        « avec EELV , pour une planète propre »
        nettement mieux, surtout si ça ne veux rien dire
        et surtout si ça ne dit rien des appétits des politrouks
        appétits en chair fraîche
        mais pas toujours, comme on a pu le constater ( la mère cosse c’est plutôt la viande grasse que la chair fraîche)

      • J’aime bien votre slogan Kobus mais si on ajoutait pour des sex-toys recyclables et des jeux algorithmiques du plaisir entre femmes je pense qu’on serait dans la ligne de masse

  2. « la mère cosse c’est plutôt la viande grasse que la chair fraîche »

    Les femmes grassouillettes, voire carrément grasses, étaient hautement considérées dans les codes de séduction de la dynastie Tang; les « slims », par contre, représentaient les canons de beauté de la dynastie « Song ».

    Il semble que vous soyez plutôt « Song », Kobus

    • Et les pachydermes Hippocrate quelle dynastie à pu s’en emparer ?
      Ça me rappelle une rue de Lisbonne où toutes les prostituées présentaient un caractère anormal (unijambiste, borgne, femme-tronc, chauve, qui louche, obèse, anorexique, etc.). Depuis l’UE à du rappeler les canons de la dignité sous vide

    • ni song ni tang , ni goofy ni régular , moyen en somme
      mais il suffit d’un rien pour que je me repolarise

      pour la rue lisboëte et ses prostiputes, ça doit tenir du musée dupuytren

      • Oui mais en plein air

  3. Je ne savais pas pour Lisbonne. Assez d’accord avec vous que l’UE a déjà dû pondre une réglementation de 400 pages en 28 langues.
    Imaginons les articles, cela pourrait assez marrant :
    – Alinéa 12 : « Il est bien préciser au paragraphe précédent : pas de pute sans bras; à l’exception des Eros Center affichant le signe H ».
    – Correctif à la directive ProstZ43 :  »Non la femme tronc ne doit pas tenter une DP (double péné) sans harnais de sécurité agréé ».

    Autrement, je me pose une question ou plutôt, je me fais une remarque.

    Les politiques old style (tapons d’entrée dans la classe premium et citons Giscard, Mitterrand et Giscard) faisaient dans la séduction -type grand bourgeois ou provincial qui s’encanaille de 5 à 7.
    Ils ciblaient haut de gamme : les conservatrices de musées, les actrices, les journalistes, les ministres, les écrivaines. J’imagine avec facilité qu’une bonne levrette bien troussée sur un coin de bureau était alors un must de débauche élégante.

    Comparons à aujourd’hui, ou DSK sodomise sans ménagement et à la chaine les copines de DD l’ordure et éclate à qui mieux-mieux l’arrière-train d’une femme de chambre new-yorkaise jusqu’à laisser sa semence v(i)olente sur sur les papiers peints des murs, ou Georges Tron (le bien nommé ?) lèche sous la contrainte les pieds de sa secrétaire sous la contrainte ou que cet abruti de Baupin en attrape une par les seins, je n’arrive pas à savoir si ces comportements sont à relier à la frustration des politiques face à leur prise de conscience quant à la perte de leur pouvoirs ou la culture YouPorn qui doucement, jour après jour, s’installe tranquillement, définissant désormais la norme.

    • Conclusion ? Une « certaine idée de la France? »

    • Cher Cliff, ton hypothèse me paraît la bonne. D’un côté il faut bien trouver un espace à la jouissance quand on est unanimement méprisé dès le plus jeune âge par le premier venu (ça donne dans la langue avariée de Najat Vallaud-Belkacem, homme politique est un dur métier il faut avoir des convictions chevillées au corps) et que la place du pouvoir n’est plus ni dans les ministères, ni dans l’hémicycle, ça me rappelle la phrase de Kurtz-Brando dans Apocalypse now à propos des commis, c’est ce que sont les politiques, des commis. Pour la culture youporn comme branche du divertissement on voit bien que ça participe de la rupture de la transmission des cultures (littéraire, érotique, historique, scientifique) de l’esprit critique, on nage dans le « c’est mon choix » et une sorte de consumérisme grégaire. De fait consommer en quantité ne porte pas à conséquence du moins pour celui qui prélève l’objet disponible, le matériau comme disait DSK. Ces hommes sont comme les assassins du père de Hamlet ils font passer les plats du deuil avec ceux de la noce

  4. ou encore..

    • Je ne connaissais pas cette chanson de Ferré, Hippocrate, merci. Ton style c’est ton cul, le déterminant possessif est essentiel, ton style ce n’est pas un cul ou le cul mais ton cul, tout un univers déplié qu’on devrait conjoindre avec cette chanson https://www.youtube.com/watch?v=qOm9D46MHuY


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