Publié par : Memento Mouloud | juin 9, 2016

La gauche ne reviendra pas

Il paraît que la gauche s’éveille ou s’est réveillé, que ça s’agite, que ça titube, que ça fume, que la machine repart, que l’hypothèse communiste s’est fardée de nuit debout en défilés mais ce qui vocifère et s’annone ce n’est même pas le fantôme, ni même le spectre de la gauche et de la Révolution c’est le support post-mortem de l’homme de gauche en coma artificiel. Il a suffi d’une inondation pour que Manuel Valls endosse son costume de Clémenceau sur le front de la Marne. Sauf que la bataille de la Seine est derrière lui, les usagers et clients attendent que les factures soient remboursées car le scandale, le seul, le vrai, c’est la crue, comment une crue est-elle possible dans un monde parfait et infiniment perfectible, comment une crue peut-elle assaillir une société qui tolère les transgenres, le mariage gay et le musulman modéré qui mange des croissants après 22 heures lors de la fête du Ramadan car tout est fête, oui  et comment donc gâcher le Ramadan et dévaster les fans zones. D’ailleurs en Seine et Marne, on a bien essayé la colère des hyliques, le coup du complot mais la sauce n’a pas pris, Marine n’incarne plus la Bête des marais, c’est désormais à Monsieur Martinez de jouer les doublures. Eric Fottorino l’accuse d’ailleurs de rouler pour le F haine, comme si les gars de la CGT avaient un surmoi d’homme de gauche, une Psyché qui les montrerait au doigt, « t’as pas honte de rouler pour Marine et Philippot ? », désolé Eric les pornographes ne poussent plus entre pistils et étamines rue Blondel ils sont agents d’ambiance contemporains, artistes en résumé, si possible à Versailles, car ce château ringard n’est plus qu’un décor de film ou un écrin pour étrons mais signés et libellés en dollars. Comment s’appelait la brigade de salut public qui avait osé transgresser le transgresseur universel Amish Kaput, comment ils s’appelaient les antisémites présumés ? Je sais plus mais ils auraient dû signer : le Roi Soleil.

La lutte des classes est sortie du formol et son syndicalisme avec. Les éditorialistes du Figaro, de la Croix, des Echos, la sainte alliance du marché autorégulé ont beau tempêter, les choses sont plus simples, le monde des salariés est atone, il attend la fin du match en attendant l’euro de foot et la barbe de Giroud et puis la casquette de Cantona, la lutte des classes est reportée aux calendes grecques parce que la lutte des classes supposait un monde façonné par le travail et non repeint aux pixels dans une féérie permanente. Les patrons ne lisent pas ou des trucs d’astrologues et de charlatans, les patrons ne lisent plus, même leur cupidité se veut bénie par les théologiens néo-classiques, alors qu’ils sont comme tous les autres, ils sont leur possession, à cette différence près qu’ils sont le bœuf qui attend le concert des grenouilles, froggies toujours.

Face au bœuf, la grenouille syndicaliste organise des happenings devant les raffineries, dans les gares, dans les rues aux déchets amoncelés, devant le domicile de l’adipeuse Ministre du Travail, la Myriam, la Marie, la Bouge toi là. La grenouille syndicaliste a enterré le socialisme sans même songer au goulag, elle a tempéré l’épaisseur morbide de la pensée de caserne, celle de Louis Blanc, celle de Jaurès, celle de Lénine, celle de Kautsky, celle de Staline, elle l’a tempérée parce que la voici possédante et possédée, comme tout le monde, par la rage de masse du tourisme. C’était là le message d’un gréviste radical, « si ça se trouve on partira pas en vacances », on sentait bien qu’il exprimait le maximum du sacrifice, ne pas partir en vacances mais c’était pour ne pas dire que les vrais vacances, il les prenait là avec ses poteaux dans la fumée et les micro-particules, dans les vapeurs de diesel et sous la dictature onctueuse de Maire Hidalgo, la shampouineuse du Vème, sans sa femme et ses chiards, décontracté du gland, bien quoi avec Guillaume Pépy dans le viseur ; Fottorino risque aussi de l’accuser d’homophobie le brave Martinez avec sa moustache façon Vassiliu, Pierre Vassiliu, encore la tyrannie des minorités comme dirait le nain magyar qui confond syndicalistes et djihadistes. On s’étonne après coup de voir Merah et Coulibaly et Kouachi et Rachid Ducon passer « sous les radars » comme s’il existait un balayage anti-djihadiste avec des aiguilleurs en planque à Levallois.

Nicolas Sarkozy est comme tous ses potes, il voudrait que la France qui veut posséder toujours plus le dernier petit sou qui conduit à la banqueroute, donc Nico veut que cette France-là qui va de l’auto-entrepreneur à Yann Barthès ait peur des partageux mais il n’y a plus de partageux ; le communisme, le socialisme, l’anarchisme, toute la farandole est soldée dans les charniers et les pains de glace. Ce ne sont pas les médiateurs urbains en révolution de la place de la République qui font nocturne en tailleur dans des ateliers dont certains sont interdits aux hommes qui peuvent les incarner ; 3 matraques et un LBD et les voici qui se fantasment fusillés à la chaîne sous les murs de Saragosse ou torturés dans un stade de foot chilien. Ils devraient faire un tour du côté de Bachar, 200 mille disparus, des centres de torture partout peut-être quelques conseillers russes à la gégène et aux couilles arrachées sans LBD, qui dit mieux ? Aussi la seule chose pour laquelle les folles de la Place de la République tiennent bon c’est l’application périscope, surtout se compter, se voir, s’exhiber, l’horreur socialiste en gros plan, le partage absolu de la libido, de l’intime, de l’hystérie, l’équivalent de l’éjac faciale d’antan, du porno rose-rouge, de l’infamie. Les cons n’ont pas renoncé à effranger l’intime, ils commencent donc par se donner en partage, l’eucharistie cannibale est de retour puisque l’autre est pédophile. Sarkozy tente bien la catho pride, la marche en canard pour papa-maman et le bonheur conjugal mais ça risque de coincer quand on compte deux divorces au compteur.

Le socialisme n’a jamais fait bander ou alors très mou, il ne fait même plus peur, il n’oblige plus à rien, il est le paillasson et le glaviot, l’oiseau et la fiente, l’idéal qui a perdu son singe, l’Odradek de notre temps.


Responses

  1. En définitive, la gauche fait pitié
    Plus précisément,les gauchiss’font pitié

    Quoi,c’etaient eux ,ces bouffeurs de sarkozystes ,ces ennemis de la phynance, qui viennent sanngloter pour conserver des privilèges acquis par la grâce de scrutins majoritaire à deux tours et d’un coït bâclé dans un hôtel d’outre Atlantique ?

    On rigole, quand même

    • Pour ce qui est de sangloter les droitards me paraissent avoir quatre longueurs d’avance, Kobus

      • Ha ?
        Je pense pas que vous m’ayez chopé à chougnasser

      • Ceci dit,depuis l’effroyable pentanat du risible jockey magyar, je ne supporte plus que l’on me taxe de droitard
        À la limite d’extrême droitard, peut être

      • Le problème c’est que c’est aussi la posture sarkozyienne : extrême-droitard sans complexes


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