Publié par : Memento Mouloud | juin 17, 2016

La CGT ou la centrale des cocus

La CGT se trompe, seule la victoire est belle. Le processus de négociation dans lequel elle est entrée à la faveur de trois mois de manifestations et de grève, ressemble à s’y méprendre aux processus de paix tel que l’Europe les organise. Un round interminable où il est toujours question de mieux comprendre l’adversaire jusqu’à ce que celui-ci se précipite à la table de négociation et devienne un traître fréquentable, à l’instar du camarade Tsipras.

Si la CGT affirme que le projet de loi inverse la hiérarchie des normes, ce qui est juste, elle doit soutenir la conclusion : le contrat défait la loi et si le contrat défait la loi, le chef d’entreprise est désormais libre de déterminer ce qui est possible et impossible et jusqu’où descendra la sujétion. Il n’y aura plus de permissions et de tolérances mais une cascade de droits et de pouvoirs contraignants définis par un tyranneau local.

Il s’agit bien d’un nouveau monde. Faute de mieux, on pourra le qualifier de néo-féodal.

Or qu’oppose la CGT à cette philosophie, terme dont se gargarisent les membres du gouvernement. Où est son plan opératif, quelle guerre de mouvement mène-t-elle ? Visiblement aucune, Martinez est reçu et repart content. Il a fait le tour des désaccords avec Mimi, il est désormais connu dans l’opinion et le secrétaire de FO reste en rade côté notoriété, sans même évoquer la pauvre tête à claques de la CFDT.

A voir le résultat de trois mois de mouvement dit social, un salarié quelconque doit tirer la conclusion qui s’impose : la grève est disqualifiée, de même que les manifestations rituelles et les pétitions. Reste le bulletin de vote qui reste plus effectif que le bris de quelques vitres d’un hôpital où les membres de la classe politique se sont surpassés d’indignations en enfants malades. Comme le disait Nietzsche, tout indigné est un homme qui ment, et cette fois-ci, énormément.

Le bulletin de vote est sans doute un faible pouvoir mais c’est un pouvoir qui surpasse tous les happenings qui finissent par froisser le moral et fracasser quelques vies. Une centrale syndicale digne de ce nom aurait pour projet de conquérir d’autres droits et d’autres pouvoirs et non d’attendre que le gouvernement lui offre en descendant de la luge fiscale des petits cadeaux de bienvenue et un luna park de la fierté retrouvée.

Il n’y a aucune fierté à perdre, il n’y a que la honte d’être vaincu.


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