Publié par : Memento Mouloud | juin 24, 2016

Nos amis les qataris ou la monarchie absolue spéculative, une invention post-moderne

Le clan de l’ancien émir Hamad ben Khalifa al-Thani, qui a abdiqué en 2013 au profit de son fils Tamim dont  la mère est cheikha Mozah, la seconde épouse et femme préférée de Hamad al-Thani, a accumulé à l’étranger des actifs physiques (entreprises, immobilier et bateaux) d’une valeur d’au moins 4,5 milliards d’euros, soigneusement dissimulés derrière une galaxie de sociétés écrans immatriculées dans des paradis fiscaux. Un chiffre colossal, deux fois plus élevé que les 2,1 milliards d’euros de fortune totale attribués jusqu’ici à Hamad al-Thani par les magazines spécialisés Time et Forbes. L’estimation ne comprend ni les avoirs financiers, ni les comptes bancaires, ni les biens situés au Qatar.

S’il se taille la part du lion, tout ne revient pas au patriarche, âgé de 64 ans : une partie du magot, impossible à chiffrer, appartient à des membres de sa famille directe, composée de trois épouses et de vingt-quatre enfants. Dont l’actuel émir Tamim, âgé de 36 ans. Si le nouveau souverain dispose bien entendu d’une fortune personnelle au Qatar, il semble avoir laissé à son père la gestion des avoirs du clan à l’étranger, y compris ceux qui lui appartiennent. Bref, Hamad a cédé le pouvoir, mais semble avoir gardé les clés du coffre-fort familial. Les Qataris ressemblent à la bourgeoisie française et ne jurent que par l’immobilier. C’est l’esprit de rente, la noblesse de notre temps en habit de banquier. Les rares entreprises de l’ex-émir sont d’ailleurs toutes liées à la pierre : les grands magasins du Printemps, avec leur navire amiral parisien du boulevard Haussmann ; et cinq hôtels, rassemblés sous l’enseigne La Cigale (en français dans le texte), le groupe hôtelier secrètement détenu par Hamad al-Thani.

Paris et Londres, villes les plus fréquentées par la famille, sont richement dotées : cinq résidences dans la capitale française et trois au bord de la Tamise, dont un ensemble de trois maisons donnant sur Regent’s Park, qui vont être réunies pour former un palais à 250 millions d’euros. Hamad al-Thani a aussi acheté un hôtel particulier de 20 000 m2 à New York, un château dans la campagne anglaise, une maison avec parc face à la mer à Tanger, une villa géante à Marrakech, une réserve de chasse en Belgique, un domaine de 32 hectares sur les hauteurs de Cannes, ou encore un château du XVIIe siècle à Marly-le-Roi (Yvelines). Pour les vacances, Hamad al-Thani a acheté onze yachts, d’une valeur d’environ 500 millions d’euros. De quoi satisfaire les envies de toute la famille, nombreuse il est vrai. Le fleuron de la flotte, baptisé Katara, est un monstre de 124 mètres payé 410 millions. Détail piquant : ces bateaux n’ont pas été réglés par la cassette personnelle de l’émir, mais directement par l’État, au titre des frais de représentation.

La seconde partie de la fortune familiale est constituée des biens commerciaux (3,2 milliards d’euros), destinés à faire fructifier le patrimoine. On y trouve quelques investissements incongrus, comme ces 15 000 hectares de forêt amazonienne au Paraguay, ou ce golf sur une île caribéenne des Turks et Caïcos,  un paradis fiscal qui vit de la finance offshore et cherche à développer le tourisme. . Mais la quasi-totalité a été placée dans des hôtels et des immeubles, à Bruxelles, à Londres et surtout à Paris. Est-ce à cause de la francophilie de l’ex-émir ? Ou des exonérations totales d’impôts accordées par le président Sarkozy ? En tout cas, la France est, de très loin, le pays où l’ex-émir a investi le plus. Il y possède pour 3 milliards d’euros de biens commerciaux (dont les magasins du Printemps, qui valent 1,4 milliard). Si l’on y ajoute les propriétés privées, le patrimoine total de la famille en France s’élève à 3,3 milliards d’euros.

Les investissements sont concentrés à Paris (voir notre infographie ci-dessous). Hamad al-Thani y possède dix-neuf immeubles commerciaux dans les quartiers les plus cotés. En tête de gondole, il y a le somptueux hôtel d’Évreux et ses annexes place Vendôme, rachetés pour la bagatelle de 250 millions d’euros. S’y ajoute l’hôtel de Coislin, construit en 1770 place de la Concorde, et des immeubles de bureaux dans les quartiers les plus chics (Rivoli, Assemblée nationale, rue de Rennes). Sans oublier, bien sûr, les Champs-Élysées. Le clan al-Thani a racheté sept immeubles sur la plus belle avenue du monde, dont ceux des showrooms Renault et Citroën. L’un des bâtiments, sis au 23, avenue François-Ier, près des Champs-Élysées, est éminemment stratégique. Il abrite le siège social de French Properties Management (FPM), le principal family office de l’ex-émir en dehors du Qatar. Dirigée d’une main de fer par la mystérieuse Chadia Clot, une ex-antiquaire d’origine palestinienne, cette PME d’une dizaine de salariés gère la quasi-totalité des biens privés du clan al-Thani au niveau mondial, et supervise la plupart de ses investissements commerciaux en Europe.

En France, le Qatar est visé par la bagatelle de cinq enquêtes judiciaires. Deux d’entre elles concernent les énormes commissions occultes versées par un fonds souverain de l’émirat : 64 millions en 2007 lors du rachat du palace parisien Royal Monceau, puis 182 millions trois ans plus tard lors de l’acquisition d’un bloc de 5 % de Veolia. Trois autres affaires, révélées par Mediapart, visent directement la fortune personnelle de l’émir et la patronne de son family office parisien, Chadia Clot. Il y a les soupons de « corruption » et de « trafic d’influence » lors du rachat par Hamad al-Thani de l’hôtel Vista Palace, l’enquête préliminaire pour « blanchiment » sur la rémunération offshore des décorateurs de l’émir. Et pour finir, l’extravagante affaire du rachat du Printemps, marqué par des soupçons de fraude fiscale et le paiement de 500 millions d’euros de commissions.

Tout commence en 1995. Le 26 juin, Hamad al-Thani, alors âgé de 43 ans, renverse son père Khalifa et se proclame émir, au terme d’un coup d’État réalisé sans violence. L’émir Khalifa, qui était à Zurich lors du golpe, avait vidé les caisses du pays, accumulant une fortune de 4,5 milliards de dollars.  Il faudra attendre neuf ans pour qu’un accord financier, assorti d’une amnistie et du droit pour Khalifa de rentrer au pays, soit conclu en 2004 entre l’émir et son père, qui aurait accepté de restituer environ 75 % de ses biens.  La compagnie pétrolière Shell quitte le pays. C’est finalement le français Total qui accepte de la remplacer, et d’avancer l’argent nécessaire au lancement des nouveaux champs gaziers géants .

Le 12 juillet 2000, Hamad al-Thani crée à Amsterdam la société Mayapan BV, qui devient sa principale holding personnelle. Elle est contrôlée par une « fondation de gestion »(stichting administratiekantoor) baptisée Alyssum, immatriculée le même jour. Ce type de structure, typiquement néerlandais, est un régal pour se cacher et échapper à l’impôt. Jean-Claude Juncker doit apprécier ce savoir-faire inégalé d’hypocrisie calviniste.  L’émir donne la société Mayapan à la fondation Alyssum, qui lui remet en échange des certificats. Les avantages ? Les détenteurs de certificats restent anonymes. Et l’émir peut léguer à ses enfants, sans payer d’impôts, une partie des certificats, qui donnent droit à la propriété des biens et au versement des dividendes. Tout en gardant, par l’intermédiaire de la fondation, le pouvoir sur l’intégralité du patrimoine. Le système se révèle si avantageux que l’émir créera par la suite deux autres stichting, Takamaka et Tulum.

Dans la foulée, l’émir crée en 2002 à Paris la société French Properties Management (FPM), filiale à 100 % de Mayapan, chargée au départ de gérer ses biens privés et les nombreux investissements qu’il prévoit de réaliser en France. L’entreprise est dirigée depuis le début par Chadia Clot, de son vrai nom Jihan Sanbar, aujourd’hui âgée de 68 ans. Cette Palestinienne, cousine du célèbre intellectuel et diplomate Elias Sanbar, a trouvé refuge au Liban puis en France. Hamad al-Thani compose à Doha une petite équipe de choc chargée de superviser la gestion de sa fortune, qu’il installe aux manettes de Mayapan et de la fondation Alyssum. Comme représentant du clan, il a choisi l’une des filles qu’il a eues avec son épouse favorite Mozah, la cheikha Hind. Cette brillante jeune femme, âgée de seulement 31 ans, est la directrice de cabinet de son père.

Au Diwan, trois hommes de l’ombre veillent également sur la cassette du souverain. Le premier, Victor Agha, aujourd’hui âgé de 55 ans, est un Qatari d’origine palestinienne. À la fois homme d’affaires, homme à tout faire et conseiller financier, c’est lui qui gère la chaîne d’hôtels La Cigale, propriété de l’émir. Le second, Ibrahim al-Mahmoud, est le directeur financier du « private office ». Le dernier, Adel Sherbini, né en Égypte il y a 79 ans, est le conseiller juridique de l’émir et l’auteur de la Constitution du Qatar adoptée en 2004. L’article 17 prévoit que « les émoluments de l’Émir ainsi que les fonds alloués comme primes et indemnités sont déterminés chaque année par une résolution de l’Émir », qui reste strictement confidentielle. Une sympathique monarchie absolue mais spéculative, ce qui change tout. Le Monde appelle ça le despotisme éclairé.

Son hôtel particulier de New York appartient à la société Drefin Limited basée aux îles Vierges britanniques, sa résidence de Tanger à la coquille Birdseye International à Gibraltar, les propriétés britanniques à une société de l’île de Man, tandis que les propriétés françaises sont détenues par des cascades de sociétés luxembourgeoises appartenant à la holding de tête Mayapan. Jean-Claude Juncker ne dit toujours rien, il lutte à mort contre les paradis fiscaux, mais dans l’ombre.

En septembre 2013, deux mois après avoir abdiqué, Hamad al-Thani est devenu actionnaire à 75 % de deux coquilles panaméennes, Rienne et Yalis, aux côtés de son ancien premier ministre Hamad ben Jassem, qui détient les 25 % restants. Ces deux sociétés détiennent des dépôts à terme dans la succursale de la Bank of China au Luxembourg. Neuf mois plus tard, Hamad al-Thani est passé par le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca pour créer une troisième société baptisée Afrodille, immatriculée aux îles Vierges britanniques, qui détient un compte bancaire au Luxembourg et des titres de deux sociétés sud-africaines. À ce stade, on ignore le montant de ces fonds, d’où ils viennent, et pourquoi ils ont trouvé refuge dans des paradis fiscaux juste après que l’émir a quitté le pouvoir.

Porsche avec écussons en or, centre sportif à 15 millions d’euros, vases à 5 millions d’euros la paire, propriété rénovée pour six fois son prix d’achat : le train de vie de l’ex-émir Hamad al-Thani et de ses enfants, financé sur fonds publics, est une symphonie pastorale teintée de lingots et de billets lâchés pour que le petit personnel s’amuse, épie et jalouse. C’est beau un homme aux écus. Le fleuron de la flotte automobile est une Bugatti Veyron à 2 millions d’euros : assemblée à la main en Alsace, c’est la voiture la plus chère et la plus puissante du monde, avec 1 200 chevaux, 431 km/h en pointe et le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes.

Lorsqu’il s’offre une résidence à New York, Hamad al-Thani ne fait pas les choses à moitié. Il a racheté l’un des bâtiments de 20 000 m2 qui abritait le lycée français. Il faut dire que la Sloane Mansion, hôtel particulier à colonnades de la fin du XIXe siècle, est idéalement située au cœur du chiquissime quartier de l’Upper East Side, à deux pas de Central Park. Pour la rénovation intérieure, la cheikha Mozah avait d’abord embauché l’un de ses décorateurs parisiens préférés, Alberto Pinto (décédé en 2013), moyennant 10 millions d’euros. Mais Mozah a finalement décidé que le résultat ne lui plaisait pas, et a embauché Philippe Starck, un designer subversif et enrobé, pour tout recommencer, pour un montant encore supérieur. La première dame du Qatar s’est enfin offert pour quelques millions d’euros d’antiquités, comme cette paire de chandeliers en cristal à 165 000 dollars, un bureau anglo-indien incrusté d’ivoire à 730 000 dollars, un couple de fauteuils Louis XVI à 604 000 euros, ou ce tapis français Art déco de 1927 signé Süe et Mare pour 377 000 euros. Les mobiliers irakiens ou syriens ne sont pas cités.

Hamad al-Thani a acheté sa première villa à Mouans-Sartoux, sur les hauteurs de Cannes, en 1983. Le domaine n’a cessé de s’agrandir au fil des ans, avec le rachat, jusqu’en 2008, de sept propriétés mitoyennes, détenues par des sociétés immobilières appartenant à l’émir, sa seconde épouse Mozah et à certains de ses enfants, dont l’actuel émir Tamim. Les propriétés ont été regroupées pour former un gigantesque domaine de 32 hectares, d’une valeur totale d’environ 170 millions d’euros, entouré d’un mur le long duquel des gardiens patrouillent en Porsche Cayenne. Ces travaux ont posé un petit problème, puisqu’un chemin communal coupait en deux la partie sud du domaine. Mais la mairie de Mouans-Sartoux a accepté de céder ce terrain à l’émir pour l’euro symbolique. En échange, Hamad al-Thani a fait un don de 225 000 euros à la commune pour aider à financer le nouveau centre d’incendie et de secours. La France se tiers-mondise en douceur mais reste le pays des droits de l’homme. Une République.

Mediapart / Marianne / BAM


Responses

  1. Bonjour Memento,
    J’espère que vous allez bien et toujours un plaisir de vous lire.

    A lire rapidement cet article on comprend vite que le sieur Yann Philippin journaliste de Mediapart de son état, ne comprend strictement rien aux fiches qu’un corbeau lui a transmis sous le manteau et surtout ne connait absolument pas le Golfe et les mécanismes d’investissements dits « offshore ».
    Dommage, il y aurait tant à dire !

    Je me suis toujours demandé si ce type d’articles n’était pas seulement publié pour terminer (et même parfaire) l’enfumage général sur la question !
    Le refrain est le même : l’argent leur tombe du ciel, ils sont riches, ils sont cons et achètent nos immeubles et nos hôtels à 5 ou 10 fois le prix. Au passage, ils corrompent quelques intermédiaire semi-verreux.

    Honnêtement, déjà un article qui commence par les nommer « Emir » à la place de « Cheikh », cela commence toujours à sentir le roussi.
    Et cela continue avec le plus absurde des non-sens : « le train de vie de l’ex-émir Hamad al-Thani et de ses enfants, financé sur fonds publics ». Cela revient juste à oublier que le Cheikh est l’Etat, est le Qatar. Donc, il n’y a pas de fonds privé. Tout lui (leur) appartient, le sol, le sous-sol, les personnes et les biens, etc…
    On parle ici de réelle monarchie absolue, le reste est littérature.

    Je me souviens d’ailleurs que le CIA World Fact Book (on ne pas dire que cette publication soit un repère de gauchistes) soulignait déjà il y a plus cet état de fait. Je me souviens que le FMI s’en était officiellement inquiété. Si, si, si.
    L’année dernière a été publiquement publié aux Etats-Unis – et remis au président Obama à sa demande lors d’un rendez-vous lui aussi officiel- le document « White Papers ». Enormément d’éléments et tous exacts y figurent sur les pays du Golfe.

    Tout cela, le sieur Philippin n’en a bien sûr jamais entendu parlé. D’ailleurs et en conclusion, il me semble qu’il travaille à Mediapart, propriété d’Edwy Plénel, meilleur ami du poète Mr de Villepin. Non ?

    • L’enquête est menée en tandem avec Marianne, Cliff. La leçon politique qu’on peut en tirer est assez simple, les mécanismes de la finance internationale entretiennent très explicitement la spéculation (c’est-à-dire la hausse continue du prix des actifs) donc l’endettement généralisée, elles permettent aussi à une monarchie absolue d’étendre son influence et ses domaines d’activité. Comme vous le dîtes le cheikh est un monarque absolu or on voit mal un monarque absolu vivre dans un deux-pièces et étaler le spectacle de sa souveraineté dans un pavillon de Bobigny. Le pouvoir dispose de lieux qui lui sont consacrés, c’est ainsi et le faste de notre monarque républicain pulvérise largement celui du cheikh. Il y a deux choses qu’oublient les journalistes en question. L’ostentation de la richesse provoque à la fois l’envie et l’admiration donc plus le journaliste progressiste dénonce plus il consolide cette forme de pouvoir. Ensuite si le journaliste progressiste était conséquent il noterait dans les rouages la présence de « pauvres » palestiniens de l’exil, peuple qui vit aussi en diaspora. Enfin il pourrait s’étonner de ces dynastes musulmans qui accumulent des icônes et des traces de civilisation qui ne sont pas islamiques et dès lors les transforment en décor kitsch. Pour finir il conviendrait qu’une analyse élargie et comparée des pétro et gazo-monarchies est nécessaire à la compréhension du dispositif de puissance et à ce qui le contrecarre.

  2. Je rejoint Cliff,
    Mais çà me semble la première marche de l’arnaque déjà évoquée ici pour les dirigeants africains : vente de super verroterie et quelques années plus tard, pas de chance, une nouvelle vision de la relation sous le prisme des Droits de l’homme, un dossier arrivée récement a la Haye et pfuit, adieu veau, vache et… heu non pas là.

    Je parle de verroterie parce qu’une accumulation de luxe tout azimut à ce point là tient plus du mauvais gout, de la caricature de l’arabe du golfe qu’autre chose. Je doute que le type ait une réelle passion pour l’histoire d »un bureau anglo-indien incrusté d’ivoire ».
    C’est ce type de comportement, lié à leur hypocrisie religieuse qui les condamnent à l’éternité a être des crasseux du désert…
    Parvenu certes, mais des crasseux mentaux.
    Le souvenir du boycott des produits de l’occident honni, producteur des caricatures du saint prophète, se traduisant par plus rien en rayon de supermarché me fait penser qu’une fois les réserves de pétrole du coin -stock volontairement flous d’ailleurs- asséchés, ils ont du soucis a se faire…

    • Mauvais goût ou symptôme Xanadu façon citizen Kane ? Le coup de la femme préférée c’est bon aussi, on a dans cet article l’impression que la politique katarie se décide au féminin, franchement c’est du pur foutage de gueule

  3. Merci A.G.

    La différence, selon moi seulement bien sûr !, est que « l’achat d’homme influents ou d’influence » (pour faire simple) est ici 100 % assuré – un peu probablement à ce qu’avait su justement faire en Afrique la famille Bongo au Gabon.
    Il n’y aura donc pas -et jamais- de la Haye et autres tartufferies.
    La greffe est beaucoup plus profonde et n’est aucunement liée à l’approvisionnement en pétrole ou à une quelconque géostratégie servant les intérêts de l’Hexagone.
    On arrose et à grandes eaux ceux qu’il faut arroser (pensent-ils en tout cas).

    A titre d’exemple visible de tous, regardez comment ils se comportent dans le football (qui est stratégique dans la vision qu’ils ont de leur influence). Ils achètent tout à trois quatre voir dix fois le prix. Et silence de Laurent B (22 M€ soit ), de C+ / Vivendi face au dumping suicidaire de BeinSport (environ 2,5 milliards d’euros de déficit quand même), de l’ensemble des agents, des joueurs, des commentateurs (la plupart d’ailleurs embauché chez BeinSport).
    Les seuls que je connais qui leur ont vraiment claqué la porte sur les doigts sont Leonardo (le Brésilien protégé de Berlusconi) qui leur a coupé direct le robinet au bons recrutements et Carlo Ancelotti (toujours grand seigneur) qui leur a publiquement planté un poignard dans le dos.

    Pour ce qui est du luxe (qui est de la poudre aux yeux dans le volume des investissements), je suis absolument d’accord avec vous, ils n’en ont absolument rien à battre. Seulement cette industrie compte parmi les chemins plus ou moins directs pour les contre-allées du pouvoir (cf qui sont les propriétaires des groupes !) et cela est toujours utile de rendre service aux copains des coquins. D’ailleurs, c’est la femme de___ qui est à la tête du groupe, cela veut tout dire de l’intérêt porté à la chose, non ?

    Le boycott de produits occidentaux est une vaste plaisanterie n’a pas eu lieu, qui aurait-il eu à manger ?
    Fermer ne serait-ce qu’un Carrefour dans le Golfe qu’une après-midi et ce n’est plus un printemps arabe que vous obtenez.
    D’accord si vous êtes « couillus », vous ordonnez la destruction des Ikea, promulguez l’interdiction de Danone, Louis Vuitton, Coca-Cola, brulez les concessions Toyota et Mercedes et pire encore faites sauter les Apple Store et les distributeurs agréés Samsung Galaxy er regardez le résultat !

    Quant au pétrole, ce n’est plus depuis un an et demi une garantie béton. Depuis qu’ils ont de nouvelles exploitations chez eux, les Américains ont demandé à leur amis d’AS de sonner la fin de la récré ! Apparement aux environs de 40 USD le baril. Les pays voisins à l’économie totalement planifiée ont été configurés avec des budgets (emprunts, investissements, etc.) à 95 USD…

    • D’ailleurs Daech patrouille en Toyota. L’idée des fondamentalistes c’est qu’ils sont la civilisation et que la toute puissance divine leur permet de profiter de la technique occidentale bradée ou pas. Aux dernières nouvelles il n’existe aucune industrie digne de ce nom dans les pays du Golfe. Les iraniens peuvent tenir une chaîne de montage Renault ou BMW, façonner une centrifugeuse et guider des missiles pas les arabes du Golfe, du moins pas à ma connaissance. Nous avons donc une structure parasitaire qui masque son caractère par l’affichage d’un idéal guerrier et religieux, aussi le grand écart produit une dynamique paranoïaque du complot permanent sans même traiter de la question sexuelle en Islam qui n’a pas trouvé son Philippe Muray pour l’énoncer. Le tout se résume assez bien. Sans la haine des « judéo-croisés » et des « sionistes » comme disait feu Ben Laden le tout partirait en fumée de guerres tribales.
      J’ai une hypothèse sur le foot Cliff. Le Qatar joue le rôle de supplétif d’un sport qui a toujours été populaire mais qui, désormais, est passé dans l’âge de la spéculation. Si on observe bien, on se pose la question en quoi cette pluie de pétro-dollars a-t-elle produit des meilleurs joueurs que disons la génération dite Platini ou cette incroyable équipe italienne des années 80 sans même remonter à l’équipe hongroise des années 1950 qui a littéralement inventé un style de jeu (comme les italiens pour le coup)

  4. « qui masque son caractère par l’affichage d’un idéal guerrier et religieux »

    Et quand on voit les résultats au Soudan ou au Yemen, avec le matos acheté comme le reste (: parceque c’est le top…), ben c’est pas brillant.

    • Vpus savez Ag, le coup du fln avec une proportion 10 % d’européens, 90 % de musulmans, ça ne marche qu’une fois

  5. Vous avez dit qataris ? Apparemment, il n’y a pas que nos élites qui aimeraient les rencontrer : https://www.youtube.com/watch?v=hq9HupcRAYQ

    • C’est ce que j’affirmais dans le post, plus on dira des qataris qu’ils sont riches à paver les lunettes des chiottes en or plus on flattera le désir et l’envie de la plèbe abrutie et colorée


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