Publié par : Memento Mouloud | septembre 29, 2016

Français, encore un effort pour tringler la République

Après deux siècles d’existence, la pauvre république américaine n’a trouvé comme expédients qu’un clown et un pauvre couple parfumé aux barbituriques pour la diriger. Une ploutocratie de millionnaires peuple ses assemblées et veille à ne jamais dépasser les bornes du médiocre. Il n’y a plus de distinction, ni de fonction héréditaire mais la seule loi d’airain du capital qui distribue au hasard de ses errances les prix d’amis et les lots de consolation.

La France plus hypocrite que sa consoeur américaine pratique une sorte d’hérédité des fonctions sans le dire, on appelle cela les grandes écoles, elle s’en gargarise, elle en est fière et n’hésite pas à fumer l’inspection des Finances en tenant par la main dans ses back-rooms les méritants de feu les ZEP élevés en batterie pour rejoindre le saint des saints, des larmes d’humilité plein les yeux, les ovaires et les roustons en feu.

La question est donc celle-ci, la république est-elle possible ? Si ce n’est pas le cas, comme le prouve son fonctionnement réel, par quoi la remplacer ?

Quel rapport entre la représentation de tout le peuple et le mandat électoral sinon de fiction, comment s’établit, en dehors des distinctions d’honneurs et de talents, la sélection des mandataires de la souveraineté si l’égalité proclamée dans la constitution est le ground zéro des législateurs bébés, grands amateurs de lois toujours nouvelles et de commencements infiniment radicaux, animateurs infatigables du christianisme pour les illettrés selon lequel nous sommes tous égaux en l’article 47 alinéa 3 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, comment en appeler au peuple quand celui-ci est manifestement bête et un peu con, comment lui en vouloir de sa sottise si les élites sont de hasard et parrainées par les banques ?

Quand on en appelle aux suffrages du peuple c’est qu’on lui réclame de l’argent ou un mandat. On le flatte d’abord, on s’en essuie ensuite, si possible aux rideaux des lucarnes dont les lueurs bleutées prolifèrent, silènes en furie dans le silence de la nuit.

Si on entend représenter tout le peuple, cette vieille bête polycéphale, versatile et grégaire ; quelle peut être la clef de voûte d’un tel édifice sinon un Roi qui, par son existence même, institue un domaine prétendument sacré garant de toute distinction et de ces lignées de serviteurs de l’Etat qui sont comme les lévites de l’Ancien Testament, à ceci près qu’ils se maintiennent par la force car la seule mystique de la Loi est celle-ci, être obéie publiquement et sans reste à la faveur d’une mauvaise comédie en costumes.

Si on convoque à l’aventure, la race, pour gommer le spectre de la représentation, pour jouer de l’identité entre gouvernants et gouvernés, le grotesque du führerprinzip est à l’horizon, avec sa morale en toc et sa police des gros bras et des mots d’ordre, oscillant entre Orban et Poutine, Erdogan et Ali Bongo, Le parti communiste chinois et son compère de Corée du Nord.

En conséquence, et par opposition à cette sortie de la République, comment penser une politique qui se passe de toute représentation et partant de tout peuple existant ?


Responses

  1. Cher Mouloud,
    « La France plus hypocrite pratique une sorte d’hérédité des fonctions sans le dire, on appelle cela les grandes écoles ».
    Le terme « grande école » me gêne.
    J’aurais préféré le terme « sciences politiques » ou « école journalisme » qui traduit bien la formation (j’aurais pu dire le formatage) de la nouvelle bourgeoisie (bohème) qui se substitue à la bourgeoisie que décrit Marx.
    Le top étant l’ENA, où sont passés tous nos candidats au pouvoir !
    A ce propos, j’ai connu, il y a trente ans la substitution progressive dans l’industrie sous contrôle (je pense à l’Aérospatiale) des X au profit de l’ENA !

    • Je souscris au mécanisme de la substitution mais pour ce qui est de la bourgeoisie rien n’a changé. Ruquier en fait partie comme Bouygues et Sarkozy comme Edwy Plenel, les Le Pen comme Rachida Dati, on y trouve du talent, de l’héritage, des courtisanes et des abrutis mais bien au centre le patrimoine. Après je vous l’accorde la bourgeoisie actuelle est inculte, exhibitionniste et hédoniste.


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