Publié par : Memento Mouloud | octobre 20, 2016

L’Ecole en miettes ou quand la violence s’invite

Depuis 1992, il y a de plus en plus de mineurs violents qui frappent de plus en plus tôt et de plus en plus fort. Ce n’est pas quelque chose de ponctuel et ce n’est que le début. Ce que j’observe depuis des années et des années, ce sont des professionnels en difficulté dans des crèches, à l’école primaire, et au collège. Ils doivent faire face à des jeunes insolents, parfois dès le primaire, qui sont très agités. Ils sont beaucoup plus excités en groupe que quand ils sont en pédagogie individuelle, où l’on a des sujets complètement différents. Ces mineurs ont une intelligence normale mais ils n’arrivent pas à apprendre dans une position assise qui leur demande d’être immobiles, de se concentrer. Surtout, ils ont besoin d’apprendre du concret, de manipuler les choses. Ce qui nous laisse penser qu’il faut abaisser l’âge de l’apprentissage. Ils n’apprennent plus rien à l’école dès l’âge de 12 ans et restent en stand-by. Du coup, ils sèment le trouble. Ces comportements auraient moins lieu avec la mise en place d’un apprentissage plus précoce. Toutes les institutions, notamment les centres éducatifs renforcés, qui reçoivent ces jeunes mineurs violents (13 à 17 ans) sont actuellement débordés par ce genre de comportement. J’ai constaté que ce comportement anomique émane de mineurs exposés à des scènes de violences conjugales et qui ont intégré cette violence. Autre situation, ce sont des parents qui du fait de leur histoire personnelle, ont laissé leur enfant être négligé au niveau des soins les plus précoces. En effet, la violence se construit dans les deux premières années de la vie. C’est là que se mettent en place les processus psychiques de la violence.  Et enfin, il y a aussi le phénomène de familles qui fonctionnent sous forme de clan, un système induisant une grosse violence interne et externe. Aussi certains enseignants ont été frappés par les membres d’un clan rameuté par un sujet se sentant frustré ou humilié par une remarque.

Maurice Berger

Près de la moitié (49%) des directeurs d’écoles élémentaires et maternelles se sont fait agresser verbalement ou physiquement par des parents d’élèves durant l’année scolaire 2012-2013. Le harcèlement avec 38,6 % est le principal type d’agression devant les menaces (26,7 %), les insultes (23,1 %) et les coups (0,7 %). Ce sont les punitions et les sanctions qui viennent en tête des différends entre les parents et l’école avec 53,3 %, devant la surveillance et la maltraitance entre élèves (45,4 %) et les résultats et les difficultés scolaires (33,1 %), selon l’étude.

20 minutes avril 2014

«Les établissements publics du second degré ont signalé en moyenne 12,4 incidents pour 1 000 élèves en 2014-2015, un chiffre comparable à celui de l’année précédente», selon le recensement effectué par le ministère de l’Éducation nationale, qui note que «le taux d’incidents se stabilise en lycée professionnel après plusieurs années de hausse.»«Les établissements qui déclarent le plus d’incidents signalent le plus souvent des cas de violence verbale envers les enseignants. La violence en milieu scolaire se caractérise principalement par des atteintes aux personnes (79 % des incidents recensés). Les atteintes aux biens représentent 8,5 % des faits et les atteintes à la sécurité 12,5 %.»

La Dépêche 19 octobre 2016

«Je suis arrivé à 8h10, la proviseure était à la grille du lycée comme tous les matins. Peu de temps après, on a entendu des cris, on a tout de suite compris. Notre lycée a déjà été attaqué il y a dix jours», raconte un enseignant du lycée Hélène-Boucher à Tremblay-en-France (93), encore sous le coup de l’émotion. Il ne veut pas que son nom apparaisse dans l’article. Le personnel, dit-il, est parti se réfugier dans le réfectoire, «on est resté confiné en attendant que les secours arrivent.»

L’académie de Créteil confirme: «Un cocktail Molotov a été lancé dans l’enceinte de l’établissement, entre la grille et le bâtiment. La proviseure a été victime de coups de pied et de poing». Cet événement s’ajoute à d’autres actes de violences qui ont émaillé ces dernières semaines la Seine-Saint-Denis. Tous les établissements concernés par les violences sont des lycées professionnels ou polyvalents (filières générales, technologiques et professionnelles mélangées).

Le climat est vraiment tendu depuis la rentrée. Un surveillant a été agressé au lycée Suger (Saint-Denis) début septembre, entraînant un mouvement de grève des enseignants de quinze jours. A Jean-Moulin (Le Blanc-Mesnil), une enseignante a été agressée. La semaine dernière, ce sont un proviseur et son adjoint qui ont été touchés, au lycée l’Enna de Saint-Denis.

A chaque agression, le rectorat dépêche un agent dans l’établissement pour la gestion de crise. Les gestionnaires entendent par ce terme gestion de la communication, avec rappel du devoir de réserve des professeurs, entendu de manière très stricte. L’épisode de grève des enseignants du lycée Suger, très médiatisé, a déplu au rectorat.

Libération

Un professeur de l’école primaire Paul-Langevin d’Argenteuil (Val-d’Oise) a été roué de coups, lundi, en pleine rue alors qu’il ramenait sa classe de CE2 d’un cours de sport. Après être sorti des cours de tennis du stade, situé à moins de un kilomètre de l’école, le quinquagénaire s’est mis à réprimander un élève «qui faisait le pitre», explique un policier d’Argenteuil au Figaro. En entendant le professeur élever la voix, deux jeunes hommes qui conduisaient une voiture se sont arrêtés. Ils lui ont demandé «pourquoi il s’en prenait à cet enfant». Le professeur leur a répondu qu’il était «son maître». Les deux hommes sont alors sortis de leur voiture et lui ont fait une «balayette» pour le faire tomber, puis l’ont frappé à plusieurs reprises alors qu’il était au sol avant de prendre la fuite.

Pour le policier, il s’agit d’une «agression de rue, probablement de hasard». Une source avait préalablement affirmé au Parisien que l’un des agresseurs aurait justifié son geste en accusant le professeur de «racisme» envers l’élève et aurait lancé «le seul maître c’est Allah». «Ces phrases ne nous ont pas été rapportées», affirme le policier. Vu mardi par une syndicaliste, le professeur, lui, a confié «ne pas se souvenir de la teneur des éventuels propos» tenus par ses agresseurs. Doute qui devient selon le parquet de Pontoise « l’enseignant n’a jamais entendu l’un de ses agresseurs lui dire ‘Le seul maître, c’est Allah ou une phrase de ce genre' ».

Le Figaro/LCI

Convoquée en juin dernier par le directeur de l’école de son fils, dans le Gard, alors que ce dernier avait brisé une vitre, une mère d’élève est revenue avec son compagnon qui a frappé l’enseignant tandis qu’elle-même se tenait à califourchon sur l’institutrice la serrant à la gorge. Des faits confirmés par la gendarmerie de Salindres, dont dépend le village de Saint-Privat-des-Vieux où a eu lieu l’altercation. « Il y avait eu des soucis avant » avec cet enfant, précise la gendarmerie. Le tribunal d’Alès a requis 9 mois de prison avec sursis et 600 euros d’amende.

L’Express

La Voix du Nord racontait que plusieurs lycéens, sept selon des témoins, ont suspendu leur camarade « par les pieds, depuis la passerelle du troisième étage » de leur établissement scolaire. Lundi, en réaction à cette agression, les enseignants du lycée ont décidé d’exercer une grève momentanée. Ils ont demandé à ce que les auteurs des faits soient sanctionnés. Le procureur, François Pérain a indiqué que « l’élève-victime âgé de 15 ans a été entendu ce matin et a indiqué avoir été suspendu dans le vide à deux reprises les 21 et 28 septembre 2016 par un groupe d’élèves. Les auteurs principaux seraient au nombre de quatre ».

L’Express

22% des filles ont été traitées de « pute » et de « salope » et 20% d’entre elles rapportent avoir été insultées en ligne.

L’Express

Mariette Laborde, 64 ans, directrice de l’école maternelle Pierre-Trébod, un établissement public du quartier du Grand Parc, à Bordeaux, a été agressée hier matin par la mère d’une élève de l’école. C’est semble-t-il une remarque de la directrice sur le retard de l’élève qui a été à l’origine de l’agression. La mère a bousculé la directrice, entraînant sa chute sur le sol dans l’enceinte de l’école. Elle lui aurait ensuite donné des coups pied. Des parents d’élèves et des membres de l’école seraient intervenus pour mettre fin à l’agression. La mère de l’élève, âgée de 24 ans, a été interpellée à son domicile le jour même et placée en garde à vue puis sous contrôle judiciaire. Une comparution immédiate avait été évoquée. Elle sera finalement jugée début 2017.

Sud-Ouest / France 3

La directrice de l’école maternelle Alain-Fournier avait été blessée à coups de poignard en février 2015. L’agresseur fut interpellé quelques minutes après, à quelques rues de cette école. Le parent d’élève placé en garde à vue pour tentative d’homicide volontaire et vol avec arme, était «très défavorablement connu des services de police» et avait effectué quatre ans de prison, notamment pour des faits de violence avec arme.

La Dépêche / BAM

Le matin, le soir, plusieurs fois par semaine, pas plus tard que jeudi matin. Depuis un mois, un parent d’élève fait des apparitions remarquées devant l’école maternelle Jean-Macé d’Angoulême, où son fils de 6 ans est scolarisé. Sa cible : l’équipe encandrate et plus particulièrement sa directrice, Virginie Debacq. Son mode de communication : l’agression verbale.

Tout a commencé le 3 mai, après une sortie scolaire au zoo de la Palmyre. Le sac à dos du petit garçon est oublié sur place. De retour à Angoulême, la directrice en prend acte et avertit le parc animalier pour le faire mettre de côté. Pour le père de famille, l’oubli est tout simplement inadmissible. La première agression en découle. Ce seront les prémices d’un déchaînement de violences. « Il n’y a pas jamais eu de coups, mais sa façon de s’exprimer est extrêmement brutale », précise Virginie Debacq.

Parallèlement, il se serait invité au centre de loisirs CAJ de la Grand-Font. Là, il y aurait eu une empoignade entre son fils et un autre enfant. C’est ce dernier que l’homme serait venu chercher en pleine journée, pour se faire justice lui-même. Pendant dix minutes environ, il aurait emmené l’enfant hors du centre de loisirs sans l’accord de personne. Le garçonnet a raconté à son retour ne pas avoir été frappé mais aurait subi des pressions. Ses parents ont déposé plainte pour cet acte qui pourrait, en l’espèce, être considéré comme un enlèvement.

Le père de famille nerveux, qui a déjà connu des déboires avec la justice pour violences, va très prochainement être entendu par les instances judiciaires.

Sud-Ouest 4 juin 2016

Il est un peu plus de huit heures, ce jeudi, quand un professeur du lycée d’application de l’ENNA à Saint-Denis (93) amène chez la proviseur-adjointe un de ses élèves, passé par trois conseils de discipline au collège. Arrivé dans l’établissement en début de semaine, il a menacé, la veille de l’agression, un de ses professeurs, poussant la direction à convoquer ses parents et à le refuser dans l’établissement tant que cette rencontre n’avait pas lieu.

Le proviseur et son adjointe, dans le couloir qui mène à leurs bureaux, lui maintiennent qu’ils veulent absolument voir un adulte de sa famille avant de le réintégrer. Le lycéen bougonne et se dirige vers la sortie, selon un témoin, puis fait demi-tour et s’en prend directement au proviseur. Les rares personnes présentes à ce moment-là et quelques agents du lycée parlent “d’une balayette” qui a fait tomber le proviseur, puis de “coups de poings“, de “coups de pieds“, d’un “coup de coude” assénés à la proviseur-adjointe venue s’interposer. Ils racontent le sang “qui coulait sans s’arrêter“, les “yeux révulsés” du proviseur, inconscient au sol, la “violence qu’on ne pouvait pas arrêter” de ce lycéen de 15 ans que personne ou presque n’avait eu le temps de connaître, les “trois ou quatre personnes qui viennent le calmer et qu’il fait tomber ».

Bondy Blog

Mustapha Chelouah, 47 ans, n’est pas professeur. Mais proviseur depuis plus de dix ans en Seine-Saint-Denis. Actuellement en poste au lycée Louise Michel d’Epinay-sur-Seine, il a été agressé par un de ses élèves le 6 octobre. Il a accepté de témoigner pour 20 Minutes.

« Nous étions dans le lycée, à la pause du matin à 10h. Comme d’habitude, j’étais présent. J’ai vu un élève qui portait un couvre-chef, une casquette. Je lui ai dit de l’enlever. Il a d’abord refusé. Puis il a accepté en proférant quelques insultes et menaces. Pour le calmer, je lui ai dit de monter en classe, la pause étant terminée. Il ne voulait pas, non plus, quitter l’établissement. Le ton est monté. J’ai donc appelé la police qui, il faut le dire, est extrêmement réactive. Il a compris que les policiers allaient arriver. Cette fois, il a voulu s’enfuir mais les grilles avaient été fermées. Il a tenté de forcer le passage. Je me suis mis face à lui. Il m’a attrapé par le cou. Des élèves du lycée sont intervenus pour le séparer de moi. Ils lui ont dit, dans leur langage : ‘’Tu es ouf ! Tu t’attaques au proviseur !’’ Il s’est enfui et a très vite été arrêté par les policiers qui étaient arrivés. Je ne le connaissais pas. C’est ma première rentrée dans cet établissement. Et lui aussi. Il s’agit d’un élève qui venait de la MLDS [Mission de lutte contre le décrochage scolaire]. On essayait de l’aider à reprendre une scolarité normale »

20 Minutes

Ce lundi matin, un élève de terminale aurait tenté de sortir du lycée Victor Hugo par un accès interdit. La professeur de sport s’est interposée pour faire respecter la règle et le lycéen, qui est majeur, a frappé l’enseignante. Elle n’est pas gravement blessée, « elle ne souffre d’aucune fracture » indique ainsi le proviseur Didier Devillard. « Nous n’avons pas d’éléments » explique le proviseur Didier Devillard dit el tontet. « Son dossier est classique, je n’avais aucun élément qui pouvait annoncer un tel geste. Mon adjointe l’a vu hier, il n’expliquait pas son geste… Je pense que c’est une rencontre fortuite entre une professeur et un élève qui veut faire le mur… Interpellé il a eu, à un instant T, un geste totalement incompréhensible. »

France bleu Toulouse 17 octobre 2016

«  On était en atelier d’électricité. Ces deux élèves ne faisaient rien depuis un moment, alors je leur ai dit de sortir de mon cours. Mais ils m’ont coincé dans un angle de la salle, avec des armoires, pour m’empêcher d’appeler le surveillant. Je ne me suis pas laissé faire et je les ai mis dehors. L’un d’eux m’a alors asséné un coup de poing dans la figure.  »

Le professeur a regretté ce mardi que (presque) personne ne soit venu lui rendre visite à l’hôpital : «  Même pas le proviseur ou l’adjoint. Ils n’en ont rien à foutre du personnel.  » Il nous a invité à nous rapprocher de l’établissement et à consulter «  le proviseur et les profs  » pour connaître leur point de vue. Seulement, la direction du lycée s’est refusée à tout commentaire. Idem pour les rares professeurs rencontrés dans l’après-midi. Une surveillante a voulu empêcher les élèves de nous livrer leur témoignage. «  C’est un bon gars, soutient Dylan, 14 ans. Pour nous, c’est de la légitime défense : le prof l’a bousculé, alors il a répondu.  »

La Voix du Nord 18 octobre 2016

Jeudi 6 juin 2015, au matin, un parent d’élèves, âgé d’une trentaine d’années, s’est introduit dans l’école du Chemin-bas d’Avignon, à Nîmes, en direction du bureau de la directrice. Très excité, le père de famille aurait demandé des comptes à propos d’un jouet confisqué, frappé un mur puis arraché le téléphone portable des mains de la directrice. Celle-ci a été légèrement blessée. La police nationale est intervenue rapidement et a interpellé le père de famille qui a été conduit à l’hôtel de police.

Midi Libre


Responses

  1. Comment une société évolue-t-elle du pied-de-nez au pied-de-biche ?
    De quels facteurs peut bien dépendre cet accroissement, qualitatif et quantitatif, continu de la violence scolaire ?

    Zut alors….Najate, mon petit, convoquons une mission d’experts.

    • Je vous donne mon hypothèse : je constate dans ce pays une politique délibérée de creolisation de la langue française or plus la langue se délite plus la violence comme mode d’expression monte

      • c’est bien les créoles ….enfin,je trouve
        c’est d’ailleurs le but ultime de la zoziété , le mixage, la créolisation
        enfin,c’est ce qu’on veut pour nous

      • Je ne crois pas Kobus, à part chez Terra Nova mais le monde ne ressemble pas vraiment à Terra Nova

  2. J’avoue que je ne sais pas : est-ce l’explosion du clanisme comme seule solidarité admise et reconnue par les enfants qui favorise la mansuétude des pouvoirs publics à ce qu’ils ne peuvent/veulent endiguer ? ou sont-ce les errements -décennaux- pédago-politico-moraux des instances éducatives qui incite au repli tribal comme seule alternative « enseignante » ?

    Qui de la poule ou de l’oeuf…..

    • Il me semble que c’est l’attelage qui est explosif. Le second facteur a mis un terme à la part républicaine réelle de la République (la création et le soutien, même relatif, à une petite-bourgeoisie cultivée bien que médiocrement dotée en prébendes), le premier facteur privilégie la transmission lignagère que ce soit dans les fortunes, les états sociaux ou les marges tribales. En conclusion, tous ceux qui auront abandonné la métaphore organique et quelque peu raciale, les civilisés, seront soumis aux semonces de l’Etat et du pseudo-marché, les autres, les barbares, pourront se dispenser de la loi commune


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