Publié par : Memento Mouloud | novembre 11, 2016

Histoires ordinaires et République

Je ne sais ce qui se raconte chez les arabes de France ou les noirs de France mais je sais ce qui se raconte chez les petits blancs de France puisque je ne connais pas les grands sinon par ouï-dire mais comme tout homme résume l’humaine condition, on sait bien que les grands comme les petits, les noirs comme les arabes, les homo sapiens du début comme les candidats au transhumanisme préfèrent les cancans à tout autre dialogue dans le registre phatique, celui du contact et du plaisir. La plupart des hommes sont inaptes à la discussion, c’est ainsi, la discussion est un sport d’homme de loisirs et d’homme studieux, pas de chômeur tirant sur son bédeau en se projetant sur Facebook ou Instagram.

Les petits blancs de France ne parlent jamais des grands, ils sont comme une montagne qu’on vise du regard et qui semblent recouvrir l’horizon de toute éternité. Visiblement les petits blancs pensent les grands d’une autre nature ou du moins d’une nature à laquelle ils ne participeront pas sinon par effraction, en gagnant au loto. Ils causent bien des joueurs de foot, des stars de la chanson ou des politiques mais ce sont gens d’une autre espèce, des dieux de l’Olympe pour rire dont on s’amuse à constater les aventures, l’ascension, la rage, la chute, la disparition, les accouplements. Même Hervé Vilar a droit au souvenir ou Gérard Janvion.

Les petits blancs regardent donc leurs voisins. Ils évoquent le fils du maire, dealer de cocaïne ou déterreur de cadavres, la famille d’à côté qui vit dans un grand pavillon, profite des allocations pour les handicapés, des dégrèvements sur le crédit en cas de chômage, de l’allocation de rentrée scolaire, du refus plus ou moins marqué de travailler ; ils évoquent aussi les arabes toujours nombreux, accros à la CAF, dealers et islamistes, ils en font des petites historiettes où l’honnête petit blanc raconte le petit blanc affreux, sale et méchant et l’arabe, intrus, fourbe et drapant ses femmes dans des rideaux de douche ou des tissus de moine, ils évoquent aussi leurs amis, leurs connaissances, leurs collègues, ils s’en moquent et se tapent sur les cuisses, surtout quand il est question d’une historiette de cul bien sentie ou d’un ratage quelconque. On en oublie que la seule réussite c’est la mort, on s’en divertit. Les arabes doivent se raconter des trucs sur les petits blancs et sur leurs cousins et frères, les noirs de même, les juifs sur les goyim mais ces histoires là, ces histoires à propos des petits blancs, ces histoires d’arabes, on ne les entend, quand on est blanc et petit, qu’à la radio ; ça tourne autour du racisme et du complot, des pauvres musulmans et des mécréants pas gentils.

On dirait le titre de Souchon, tu vois pas qu’on s’aime pas, mais ce sont des histoires sans importance. Les histoires importantes ne se livrent pas sur la place publique, elles touchent l’intime, le ressort glacé des passions, les fragments du discours amoureux,  la cicatrice de la honte, elles se disent en confession ou raturée par la fiction.

La République, au sens étymologique du terme qui ne concerne pas le type de régime politique, ne relève ni des cancans dérisoires ni de l’intime et du secret.

La République est cet espace où des individus, élus ou tirés au sort, apprennent à juger leurs prochains sans invoquer l’intime ou le cancan, en raison des lois et de ce qui dépasse les lois, le principe de Justice. Il se trouve que, contrairement à ce que les législateurs français ont prétendu, un jury populaire se trompe moins qu’un juge professionnel dont l’irresponsabilité est avérée.  En conséquence, les législateurs français ont bridé la souveraineté du jury populaire.

La République est cet espace où des dirigeants et des hauts-fonctionnaires, élus, tirés au sort ou choisis par concours, devraient apprendre la responsabilité et la reddition de comptes, devraient se déprendre de cette mystique d’angelot qui se drape dans la doctrine juridique du Bien public, saint des saints dont la définition n’est jamais claire : le bien public est-ce un optimum calculable ? Le respect  des procédures à suivre ? Ce que décide le seul souverain ? Une fumisterie ? Une tautologie ? Nos dirigeants et nos hauts fonctionnaires ont trouvé la solution : le Bien public est ce qu’ils décident d’appeler de ce nom.

Enfin et c’est là, le plus important, la République est cet espace où une collectivité, au bord de la guerre civile, prend des décisions irrémédiables. Ainsi la défaite de la Ligue a décidé pour des siècles que le sentier de la République française ne serait pas celui, exclusif, du catholicisme. De nouveau, nos dirigeants ont trouvé un moyen de chevaucher le tigre de l’irrémédiable : le transférer dans un espace a-républicain, un espace politique de troisième type : l’Europe.


Responses

  1. Bonjour Memento,

    Autant je comprends l’expression « petits noirs, arabes ou blancs » autant je trouve stupide l’expression blancs de France. Laissez ça aux gauchistes, ces imbéciles savent ce qu’ils font en le disant. Ils pensent à l’horizontale (aucune verticalité donc aucune Histoire) afin de séparer les Français de leur Histoire et n’en faire qu’une foule ou à la limite, un peuple religieux (de gauche).

    Ils ne parleront jamais des Noirs du Mali ou des Noirs de Côte d’Ivoire, au prétexte qu’il y a là-bas (CI) des Libanais, des Européens et des Chinois.

    On dirait une racialisation de la pop française, dûe à un refus d’assimilation, chacun son bloc racial et les Français historiques deviennent un bloc parmi tant d’autres sur le sol français. ça sent mauvais. Si ce groupe (auquel se sont assimilés les Européens du siècle dernier) devient un parmi tant d’autres, même majoritaire, il n’y a plus de référence culturelle (les livres et l’école n’étant pas suffisants, même si nécessaires) et chaque groupe se bat pour gérer son bout de territoire.

    • Vous savez Daredevil ce qui nous relie c’est la parole, j’en déduis que, dans la modernité l’étranger c’est celui qui ne parle pas ou mal ma langue. C’est une relation totalement asymétrique. Donc on pourrait dire qu’il y a des discours qui nouent une communauté et d’autres qui les séparent radicalement. Prenez un français d’origine algérienne. S’il pense que l’indépendance algérienne résulte d’un djihad, il n’a rien à voir avec moi, il est mon ennemi potentiel, s’il pense que les algériens se sont constitués comme peuple lors d’un processus révolutionnaire ou qu’ils ont mobilisé certains idéaux de liberté sans être capables de les inscrire dans la constitution algérienne et la durée, alors la discussion est possible, l’espace créé est commun. En conclusion, je ne crois pas que le race ou la blanchité fonde une communauté quelconque

      • Je comprends ce que vous dîtes. Votre approche est plutôt livresque. Disons que pour vous, si je comprends bien, on devient Français par l’Esprit. Je suis d’accord mais je rajoute que pour avoir une personne, vous devez avoir une Trinité donc également de la Chair. Appelez ça Race ou ethnie, si vous voulez, encore que je ne crois pas qu’en remplaçant les Français par des Finlandais et des Polonais auxquels on aurait appris le français, on obtienne la France. Il y aurait un manque. Je dirais donc héritiers. Il y a la grande Histoire racontée par l’État et les historiens et la petite transmise de père en fils.

      • Vous vous trompez Daredevil. Entrer dans une langue c’est entrer dans une multitude, une durée et des significations que vous empruntez. C’est à la fois reconnaître une dette, un devoir et une menace. Après vous pouvez défendre l’idée une blancheur française qui se transmettrait, une sorte d’ode romantique à la Gobineau, mais c’est une esthétique d’abstracteur de quintessence française et une esthétique un peu massive. Le réel, Daredevil c’est le mélange des corps que relève l’héraldique. Vous pensez réellement ce que vous dîtes sur la transmission de père en fils qui serait la vraie histoire contre la fausse des livres ?

      • Vous avez mal lu. Je n’ai pas parlé de vraie contre fausse histoire, mais d’Histoire ET d’histoire. Plus, ajout.

        Vous faîtes une fixation sur la blancheur, vous pensez trop 19ème s (Gobineau et 20ème s et le fameux Hitler). Disons Européen, si ça vous permet de mieux comprendre. Je n’en démords pas la chair compte, et l’abstraction crée en partie les problèmes que nous vivons aujourd’hui.

        J’ai moi aussi mal lu et ai commencé à rédiger pour répondre au mélange des corps. Je ne vois pas le rapport avec l »héraldique.

      • Peut-être ai-je mal compris à mon tour, qu’est-ce que vous entendez par chair Daredevil ?

      • Par chair, j’entends le sang, la race, l’ethnie, la chair quoi.
        Je parle de chair et non de race par rapport au christianisme. La Trinité : l’esprit habite la chair et le tout forme une personne.

        Le peuple français est, à mes yeux, une personne comme celles que vous croisez dehors. Il lui faut de l’Esprit, une langue, de la littérature, une conception du monde mais aussi de la Chair, de l’ethnie, de la race, du sang, du sexe aussi ou du sexué. Et c’est le refus de la chair, vieille hérésie chrétienne que nous revivons à nouveau qui nous donne des problèmes aujourd’hui (mariage homosexuel, obsession de la race et même racialisation ds rapports sociaux).

        Je pense que les Français ne pensent pas racialement. Ils sont comme à Rome, « fais comme les Romains » évidemment, ils savent qui est la référence. Il faut donc qu’il y ait une majorité de Français de souche ou d’assimilés. Que le pool Européen reste majoritaire par rapport aux non-Européens. Et au sein de l’Europe, plus de Ouest que d’Est.

        Qu’une personne de n’importe quel endroit du globe devienne Française seule ok mais en groupe c’est plus dur. Mettez un groupe conséquent de personnes originaires d’Afrique ensemble, ils vont finir par parler un peu ou beaucoup d’Afrique, et leur vision de la France sera teintée par l’Afrique. (Les personnes qui désirent des choses ou explorer des aspects français un peu plus pointus finiront par quitter le groupe)Tant qu’ils restent un petit nombre et que leur vision n’influence pas trop la vie politique (sens large) ça va, si c’est trop, ça ne va pas. Parce que la France ne se pense pas avec une grille de lecture africaine, ni imprégnée par l’Afrique. ça marche aussi avec les groupes d’immigrés.

        C’est pour ça que je dis que la chair compte. Vous pouvez lire autant d’œuvres littéraires sur la France que vous voulez (l’Esprit), vous avez besoin de Chair pour l’incarner. Et donc de chair française ( des Vidal, des Tillon) pour le voir en action. Après des Italiens, Espagnols, Hongrois, Algériens, Togolais, viennent s’assimiler mais ils s’assimilent à des gens. Ils ne font pas qu’entrer dans une langue. J’espère que c’est plus clair.

      • Je crois, Daredevil, qu’on ne peut pas mélanger la chair et la race, la chair même en terme chrétien c’est une grandeur d’établissement comme dit Pascal, ce qui la meut ce sont deux puissances : la concupiscence (le désir de posséder, désir proprement illimité) et la force qui plie cette même chair et qui la plie immédiatement. D’un côté l’envie, de l’autre la crainte, c’est l’anthropologie de Hobbes. La race c’est autre chose, à la fois une vision esthétique et politique du monde pour laquelle un substrat (le « sang ») est porteur de qualités spirituelles en voie d’altération dès lors que le substrat est entamé. En toute logique, un chrétien pessimiste est libéral mais c’est en tout illogisme qu’il déploie une vision raciale du monde mais vous me direz que l’être humain n’est pas logique et vous aurez raison.

        Je crois que la vision raciale du monde renaît, en Amérique et en Europe parce que nombre d’individus sont menacés de déclassement et que ce déclassement n’est pas un fantasme, ils cherchent donc une protection contre celui-ci, ils cherchent une manière de bon rassemblement, à leurs yeux, par lequel leur civilisation, leur nation, leur état particulier et leur individualité combattront ce qu’ils perçoivent comme un état de décadence, une défaite inéluctable, un avenir fermé et obstrué. Parce qu’ils se perçoivent comme faibles et impuissants, les partisans de cette vision voudraient entrer dans une composition de granit, un corps de pierre, une falaise de Bretagne, inaltérable si on préfère l’image. Dans les faits, ils délèguent leur souveraineté, ils s’en défont jusqu’à la nudité, ils se font rouage d’une machinerie, celle du ou des maîtres autoproclamés.

        A mon avis, il faut absolument sortir de ce cul de sac que la vision raciale du monde ne fait que confirmer

      • Je suis aussi d’accord pour sortir du cul de sac racial mais cela ne se fera pas en niant la chair. Je me suis peut-être mal fait comprendre. Quand je dis race, ethnie, chair, c’est pour que vous saisissiez ce que je veux dire. La France, ce n’est pas que des livres écrit par une poignée d’écrivains.

        L’idée que la France ne soit qu’un Esprit qui s’incarne dans les personnes venant du monde entier, les Français ont essayé d’en l’Empire, ça ne marche pas. Quand les immigrés arrivent, l’école est certes importante mais les codes implicites et les coutumes, ils les apprennent en vivant au côté des Français.

        Le déclassement des classes populaires joue certes dans le développement de la vision raciale. Mais en France, la non assimilation joue aussi. On en est maintenant en France à avoir des personnes qui se définissent par leur communauté d’origine et de manière ethnique et raciale (je parle identitairement): ce n’est pas ça la France.
        Ce que cela donne, c’est un bloc de Français auxquels les anciens Italiens, Espagnols, Polonais se sont assimilés, plus un autre d’Africains, un autre d’Arabes, un autre d’Asiatiques, un autre de Juifs liés à Israël, un dernier d’Européens qui refusent l’assimilation puisque les Afro-Maghrébins la refusent aussi, pourquoi être des dindons ?
        J’appelle ça l’Empire colo en métropole, mais pas la France. Un fantasme d’USA qui débouche sur l’empire colonial fr. Vu comment il finit sur deux continents, je préfère éviter.

        Aux USA, vous semblez ne pas voir que chaque communauté est libre de garder ses caractéristiques et de les mettre dans l’espace public, même si le gouvernement et ce peuple avec sa religion civile arrivent encore à « fabriquer » des Américains. Mais donc si chacun garde ses codes, un afflux massif d’un groupe fait pencher la balance et ce quelque soit la richesse. Le vote compte.
        Quand il y a plusieurs ethnies, c’est toujours la plus nombreuse qui impose sa marque et assure la cohésion. La Californie est désormais à majorité hispanique, et petit détail, la loi sur l’affirmative action, faite pour eux au départ quand ils étaient en minorité, n’a pas été supprimée parce qu’elle les favorise. Chacun son clan. Pourquoi croyez-vous que les Hispaniques sont moins regardants sur l’immigration clandestine ? parce que c’est les leurs qui viennent. Évidemment, vous aurez des distinctions entre Hispaniques, comme les Cubains qui ont fui Castro et ne veulent pas retrouver ceux qu’ils ont fui ou des pop qui partagent les idées castristes ou socialistes-communistes. Mais dans l’ensemble, chacun sa race et son clan. Donc c’est pour cela, entre autres, que les Blancs ont voté Trump. Pas parce que leur pool pur va être entaché par les dégénérés mexicains.

      • Je ne suis pas états-uniens Daredevil mais français et je pense que la peinture que vous en brossez oublie simplement de préciser la chose suivante : Les Etats-Unis sont nés d’un génocide, celui des indiens, de l’esclavage, d’une guerre civile sans merci (en 1776 comme en 1861) enfin d’un impérialisme racial à l’encontre du Mexique, ce que vous appelez le maintien des communautés dans leurs caractéristiques, c’est l’incapacité des Etats-Unis à se maintenir unis sans la guerre extérieure permanente donc le siphonage des ressources mondiales pour la financer. Pour le reste, je suis matérialiste dans mes analyses : un pays n’existe qu’à travers des liens matériels : la langue, des institutions, une répartition des propriétés et des revenus, l’esprit se rapporte donc à ces grandeurs de chair, les valeurs de même

  2. quel est l’écrivain africain qui dit « la terre , ‘histoire et le sang constituent l’identité , le sang est la meilleure carte d’indentité qui soit »?
    et ne me répondez pas zemmour !
    hu hu hu

    • Un doctrinaire du génocide rwandais ?


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