Publié par : Memento Mouloud | novembre 11, 2016

Trump un idéologue à la Maison Blanche

1 Contrairement aux idées reçues, Trump n’a pas bénéficié d’un raz de marée, 47 % des suffrages exprimés de 54 % des américains inscrits, font à peine ¼ du corps électoral. Il s’agit donc d’un président sans véritable assises populaires.

2 Trump a perdu dans quasiment toutes les grandes métropoles américaines et ce malgré le rejet d’Hillary Clinton dans le pays et de ce qu’elle représente : l’inféodation à Wall Street et la roublardise des politicards du Congrès.

3 Millionnaire, ses actifs doivent se monter à 250-500 millions de dollars, son endettement, en partie soutenu par des montages fiscaux tout à fait légaux font de Trump un représentant éminent de cette classe de capitalistes pour laquelle s’applique la règle d’airain du revenu minimum garanti pour le capital, les pauvres ayant droit quant à eux aux expulsions et aux tickets de disette.

4 Endetté, il n’est pas un homme indépendant mais un homme tenu en laisse, ce qui explique qu’un ancien de Goldmann Sachs tienne la caisse de sa campagne.

5/ Trump est un représentant de cette classe de capitalistes américains pour lesquels le monde n’est pas un territoire où déplacer ses actifs et ses liquidités. Elevé aux hormones de la spéculation, sa marque de fabrique et de faillite c’est le made in America, la vente en leasing du rêve américain faisandé aux seuls américains neuneus.

6/ Trump est une pure créature du Spectacle : vulgaire, télévisuelle, outrancière, bas du front, exposant sa jouissance à tout bout de champ.

7/ La victoire de Trump signe la faillite de cette gauche incapable d’inscrire ses valeurs dans le symbolique de la Loi et l’architecture des institutions. Il est en effet incompatible de défendre à la fois le droit des individus et celui des minorités, Wall Street et un financement sain de l’économie capitaliste, les droits sociaux et les sociétés d’assurances, la prohibition du port d’armes et la privatisation des écoles, la liberté de conscience et la coexistence des superstitions, l’américanité et sa réduction à ses slogans et gestes fabriqués par les industries du divertissement, la rhétorique cicéronienne et les impératifs de la décision souveraine, la transition énergétique et le pétrole ou gaz de schiste, l’absence de racisme institutionnel et le transhumanisme, l’immigration légale et la gratuité des droits d’installation dans le pays d’accueil, l’hospitalité et le refuge, la démocratie et ses seules formes électorales.

8/ Comme le prouve le vote à 80-90 % pour Trump de certains comtés, Trump est dépendant de son colistier et de la droite évangéliste qui l’a soutenu. Il a les Temples derrière lui, les Temples en attendent donc quelque chose.

9/ Ses diatribes contre les latinos ne sont pas une erreur mais un axe stratégique de sa campagne. Sans le dire, Trump pense que les latinos vont entamer le plasma germinatif de la race blanche américaine et introduire à toutes les échelles de la dysgénie. Il est donc persuadé que la race blanche a vocation à diriger le monde en se préservant dans son bastion nord-américain des intrusions de ces métis dégénérés d’indiens, de nègres et de blancs décadents qui en sus causent un espingouin déclassé. Il se voit donc en paladin de la race dolichocéphale d’où ses œillades à Poutine.

10/ Sa sortie sur les femmes qu’il tient par le sexe est d’un évolisme basique, évolisme selon lequel le pansexualisme est d’essence féminine et qu’il est donc dans la nature de l’homme de gouverner la femme et de lui imposer des valeurs spirituelles supérieures, ce qui passe par le nœud gordien de sa domination absolue.

11/ Avec la victoire de Trump, la nouvelle droite américaine pense prouver son premier axiome, le peuple est trop con pour se diriger, il lui faut un chef qui ouvre les voies de l’avenir comme chaque entreprise est dotée d’un mini-Führer. Derrière le clown Trump, il y aura donc un gourou à venir.

12/ De quoi le soutien essentiel du directeur du FBI à Trump est-il le nom ?


Responses

  1. Rahhh… Cassez pas l’ambiance ! 🙂

  2. Il est impossible à un homme politique d’être indépendant. La question essentielle est de savoir de qui Trump est dépendant. Des évangéliques, certainement, des « conservateurs » religieux de tendance autoritaire. Mais est-ce bien un problème ? Le choix se posait ici entre religion et religion, entre autoritarisme et douce tyrannie.

    La personne/le personnage Trump est peu attirant, je vous l’accorde. Il est le nouveau prête-nom d’idéologies, d’accord. Mais peut-on faire autrement ? Ne vaut-il pas mieux en définitive, que celui-ci ne se prenne pas pour un éducateur du genre humain ? Que d’autres derrière se croient sages est sans doute inquiétant, mais il est tout de même plus facile de discuter avec eux que de faire comprendre à un gauchiste que le multiculturalisme est une chimère et une somme d’emmerdements concrets. Tout repose sur la capacité de Trump à ne pas se montrer trop influençable : il me semble qu’il ne le sera pas trop, pour la simple et bonne raison qu’il se fiche pas mal des doctrines religieuses et politiques. Je ne crois même pas qu »il y ait chez lui quoique ce soit d’un « white supremacist », contrairement à vous.

    Ce que vous décrivez des contradictions de la gauche américaine pourrait se dire aussi bien de sa droite – pour ne rien dire des nôtres. A mon avis, ce sont les Etats-Unis eux-mêmes, dans les principes de leur constitution, dans leur protestantisme sectaire et leur héritage lockien qui sont une somme perpétuelle de contradictions, de conflits internes et de compromissions perpétuelles dans l’intérêt de l’ordre établi. Je n’attends rien des Etats-Unis qui puisse me satisfaire politiquement et intellectuellement.
    Mais du coup, je me trouve plus optimiste que vous, à la fois concernant Trump et ses dépendances humaines et idéologiques : il lui est peut-être impossible de faire bien, mais possible de faire mieux.

    Merci du billet, qui me fait réfléchir (c’est ce qui compte le plus).

    • Effectivement, Emmanuel, on peut toujours se demander si l’Amérique est l’autre de l’Europe occidentale ou une autre Europe en mieux, du moins les américains se le demandent à notre place et ils y répondent par des élections. Avec Trump ils ont choisi la première option, comme ils l’avaient choisi avec Bush junior, ça ne nous a pas porté chance. Je pense, c’est vrai, que Trump est un idéologue. Si je me trompe, il ne se passera rien, si je ne me trompe pas, c’est l’équivalent de la présidence Lincoln ou Roosevelt, un coup de force constitutionnel (cas de Roosevelt) soit extra-constitutionnel (cas Lincoln) est à attendre et cette fois-ci ça n’ira pas vers un approfondissement de la démocratie, la baleine blanche risque de muter.

  3. 1/Bouée argumentaire à laquelle se raccroche le camp perdant. Le système des grands électeurs a justement été mis en place pour protéger les résidents des zones moins peuplés, les préserver d’un éventuel diktat des grandes villes. J’aurais cru à la sincérité de la remise en question AVANT les résultats présents. Ici c’est de l’immaturité, de la mauvaise foi.

    2/Voir 1

    3/ et 4/ J’ai lu 8X plus… ce qui relativise la fragilité. Déjà qu’avec 250 Millions j’aurais tendance à être -vachement- indépendant… Renoncer a jouer avec les cartes de l’adversaire, en l’espèce les montages fiscaux est une erreur tactique et stratégique qui touche beaucoup de monde. La distinction entre « eux » et « nous » peut se faire sur d’autre points. La radicalité totale est une forme de piège.

    5/ N’est ce pas le ciment de chaque société ? Plutôt que les sauterelles apatrides ?

    6/J’ai de gros gros doute sur la faiblesse de ses capacités intellectuelles. je doute qu’il nous sortent un vaccin contre le cancer, c’est certain, mais la forme d’intelligence consistant à gérer ses émotions et les transformer en levier pour les autres, la capacité politique née du charisme, oui çà, c’est indéniable.

    7/La fin des chimères.

    8/Et c’est très bien.

    9/Et c’est mal ?

    10/Bravade publique. Dans l’intimité c’est toujours la Femme qui gagne.

    11/Je vois surtout la dernière chance de maintient du système actuel. Un échec signifiera la sécession.

    12/Aucun soutien. La fuite proviendrait de la base grondante. Monsieur Comey ayant précedemment gentiment recouvré la raison sur le tarmac d’un aéroport.

    • Bonjour, Ag
      1/ Simple constat Trump est minoritaire dans le pays ; pour les règles vous avez raison, soit on les conteste avant, soit on les accepte
      3-4 / Trump est un homme du sérail mais d’un autre sérail que les Clinton et les Bush
      5 Remarque purement sociologique, en revanche je ne crois pas que Trump trie dans l’origine des fonds qu’il a engloutis
      6 Trump est un bon bateleur et on lui a appris certains signes dont certains sont empruntés aux évangélistes
      7 Je ne confonds pas la gauche avec des chimères. La gauche s’est détruite elle-même c’est la preuve même qu’elle existait
      8 Le grégarité m’a toujours paru fumeuse, encore plus le gouvernement pastoral
      9 C’est une chimère raciale et, en effet, une faute morale parallèle à celle des communistes pour lesquels toutes les valeurs sont issues du Travail et tous les hommes sont égaux dans l’universelle communion des hommes de toutes les couleurs
      10 J’en doute Ag
      11 Quelle sécession, Ag ?
      12 ça me paraît non seulement le soutien décisif mais aussi ce qu’il faut expliquer

      De toute façon Ag, on va se marrer

      • Quelle sécession ? Mais des blancs 🙂

        Ça c’est sûr.

      • Tenez Ag, si vous êtes intéressé par les moeurs d’une certaine élite américaine, tapez le nom de Jeffrey Epstein, vous y retrouverez, notamment, Bill et Donald

  4. écoutez les couineries des journaloppes vronzais ( donc zozialistes , c’est quasi un pléonasme ) à l’énoncé des résultats de l’élection américonne

    un pur régal!

    bon, la schadenfreunde , cépabien , je sais

    j’ai pas retrouvé votre article intitulé « hillary clinton , une dingo au state department »….ça serait cool de mettre ça en parallèle avec le présent article

    • On n’a pas entendu la même chose Kobus, ce n’était que louanges, appels de trompettes et grosses caisses à l’annonce des résultats, HistoriK qu’ils disent

      • ou alors lorsque obama a eu le noble de la paix
        quel dithyrambe !
        paix et prospérité sur la terre , louanges au ciel et toute la lyre

        existe-t-il corporation plus infâme , endoctrinée et asservie que les journalistes?
        on peut en douter

      • Ils valent ce que valent leurs patrons. En résumé peanuts


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