Publié par : Memento Mouloud | mai 25, 2017

De l’intégration chez les franchouilles

Je suis franchouille, il faut donc commencer par là. Quand on est franchouille, il est nécessaire de partir d’un constat simple : la France est un pays de pleutres, du moins il l’est depuis 1918. En 1918, la France n’a pas cherché une paix équitable dans un monde où 1,5 millions de ses enfants avait péri, elle a cherché à dominer l’Europe. A ce jeu, elle a perdu. Aussi, en mai-juin 1940, la majorité des français ont préféré se rendre plutôt que de combattre le boche, pour les plus cons, les nazis pour les plus conscients. Bilan, à peine 1 % de résistants en 1944 dont René Char et Jean Gabin. Peu de monde en vérité.

Il y eut bien un sursaut patriotique en 1944-1954, une volonté de se retrousser les manches et de bâtir de nouveau mais ponctué d’une soumission aux Etats-Unis et de guerres coloniales ubuesques où les cadres de l’armée française ré-apprirent, tradition coloniale oblige, la torture de masse et la destruction des villages au jugé. Quand vint le tour de l’Algérie, Guy Mollet renonça à une paix de compromis après quelques jets de tomates et devant cette guerre sans issue, le nombre de déserteurs, 500, est à comparer avec les plus de cent mille conscrits américains qui refusèrent de s’engager pour laminer les vietcongs et conserver intacte l’image impériale de la République de Johnson et Nixon. Les pieds-noirs avaient édifié l’alternative : « ou les arabes ou nous », ce furent les arabes et ils prirent leur valise et s’en allèrent laissant l’OAS pratiquer la tactique de la terre brûlée. Quelques desperados fascistes mirent le feu à la bibliothèque universitaire d’Alger, plastiquèrent à la va comme je te pousse puis expliquèrent que tout ça c’était la faute des barbares du FLN. Bilan la France donna, clé en main, l’Algérie aux types de l’ALN planqués en Tunisie et laissèrent les sbires du FLN massacrer à Oran et un seul jour les pieds-noirs, ailleurs et en continu, les harkis.

Heureusement les crédits à la consommation et les crédits immobiliers allaient transformer les français en un peuple moderne et majoritairement propriétaire. Chalandon est le héros méconnu de cette France néo-orléaniste mais césarienne qui porta au pouvoir Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande et, in fine, Macron. Les français avaient abandonné la révolution en 1968, ils votèrent donc à gauche en 1981 sous le slogan bouffon du changer la vie (avec des bouquets de roses) qui se résumait à l’échec d’une relance keynésienne prétexte à une marche forcée vers l’intégration européenne, la version continentale du néo-libéralisme impulsé par des dirigeants aussi à gauche que Thatcher et Reagan. Puis la gauche, après le mythe errant, prit le visage pluriel de Jospin, bécassine de Royal, normal de Hollande. Personne ne remarqua que cette gauche en perdition avait porté sur les latrines de l’Elysée un couple avant de couronner un grand garçon qui a quelque difficulté à franchir son stade oedipien.

C’est à cette France qu’on demande aux afro-musulmans de s’intégrer. Or que veut-on dire par s’intégrer ? On prétend souvent qu’il n’y eut aucune difficulté à intégrer les polonais, les italiens, les espagnols, les portugais, les juifs etc. Je constate que les franchouilles qui énoncent cela ne veulent rien savoir de la manière dont cette intégration au tissu français se fit. Les franchouilles ne firent aucun cadeau, certains, nettement plus rares furent accueillants, mais la ligne de basse est dissonante, elle ressemble à une symphonie de Stockhausen et non à une musique de chambre. Qu’aujourd’hui des descendants d’italiens, d’espagnols, de portugais, de juifs votent Front National et pointent les lascars afro-musulmans, rien de plus normal, quand tout un chacun pense en terme d’eux et de nous, mais qu’est-ce que le nous ?

Ce nous franchouille est parfaitement inconsistant soit il fera une place à toutes ces composantes en créant et en organisant les procès et les exécutions des traîtres, musulmans ou non, soit il se déchirera en une multiplicité de chapelles mues par la haine et les passions industrielles mises en paroles et musiques par le Spectacle permanent de la France à crédit et de la France qui réussit, la France Hanouna.


Responses

  1. Bonjour,
    Je suis nouveau ici, mais je fréquente ce blog depuis environ 1 an. Je n’ai jamais réellement osé commenter, je n’en aurais ni la prose, ni la finesse d’esprit. Cependant j’ai toujours été impressionné de la qualité des débats que j’ai lus ici, en 8 ans vous ne vous êtes attiré aucun troll. Si j’arrivais à réunir un cercle de personnes aussi triées sur le volet sur Internet, je pense que j’aurais réussi ma vie, mais ramener des gens cela signifie statistiquement ramener les mouches de la place publique. Quel est le secret de ce site ? Comment avez-vous créé et préservé cet entre-soi intellectuel ?
    Comment se fait-il que dès les premiers billets, il y avait des commentaires et des intervenants qui débarquent sur le site comme si vous vous connaissiez auparavant ? Parmi les noms que j’ai vu revenir dans les commentaires : les personnes comme Hank, Babouche, Alibekov et tous les autres sont elles parties ?

    • Pas d’inquiétude Jacopo, vous êtes le bienvenu

  2. Faire une place à toutes les composantes ? Que voyez-vous Memento ? une assimilation non voulue par les élites, un empire à la romaine (qui accepte les différences étrangères) ? Avec les origines des provenants, cela risque de redonner l’Empire colonial à la maison.

    Les Français d’avant les années 60 disaient aux immigrés  » vous devenez français et puis c’est marre » droit à la différence, en rêve.

    • Les français en 1945-1950 ont choisi les immigrés qui voulaient bien être exploités en France, pour ce qui concerne les italiens, ils ont très vite préféré la Suisse et l’Allemagne du miracle économique et surtout l’Italie du Nord malgré les dilections de de Gaulle qui aurait bien invité des nordiques et des italiens

      • vous nous parlez des vronzais de 1945-1950
        mais je suis né plus d’une décennie après
        en quoi devrais je subir ce que les mécontemporains de mes parents ont ou n’ont pas choisi à l’époque?

        car lorsque vous nous assénez « les vronzais de 45-50 ont choisi les zimmigris qui voulaient bien être exploités » , il ne s’agit aucunement des vronzais dans leur ensemble, y a eu ni référendum ni sondage…..ceux qui ont choisi , ce fut le grand kapital avec son âme damnée , le gouvernement d’alors ( ou les gouvernements successifs ) puis ensuite après , les intelligences , principalement de gauche et d’extrème , qui prétendent parler en notre nom ou parfois nous montrer le chemin ( mais qu’aurions nous à foutre d’un chemin éclairé par ce dingo de béchamèle ou cet avorton de badiasse ou ce pédéraste de foucal ? et encore ….un chemin passe encore, mais des obligations? quelle légitimité ont ces faussaires pour m’obliger , moi , pour nous obliger ,nous ? c’est à cette question , primordiale , que personne n’a trouvé le courage de répondre pendant cette campagne pestilentielle )

        ce qui renvoie à l’essentialisation , ou à la réductio ad occidentalum , comme il y a une reductio ad hitlerum

        toi blanc, mes ancêtres noirs colonisés par blancs, toi blanc coupable, toi payer moi rançon

        on notera que ce discours passe de moins en moins dans la populace soucharde , emmerdée de toutes parts , saignée par des impôts toujours plus intrusifs , des taxes toujours plus inventives , des textes de loi toujours plus ubuesques ( ha , la loi gayssot ! un exemple chimiquement pur du crimpensée cher à orwell ) , des remontrances toujours plus roides assénées par des pourritures toujours plus flagrantes mais pas vergogneuses pour deux ronds ( l’exemple de richard ferrand est bien éclairant sur ce coup là )

        c’est d’ailleurs pour ça qu’on en met encore une couche , sans attendre que la précédente aie séché

      • Je ne crois pas du tout Kobus que l’immigration résulte d’un complot des élites que ce soit dans les années 1920 ou 1945-1975, dans tous les cas, il s’agit d’occuper des postes de manoeuvres ou des postes spécialisés mais non-pourvus par les français. Disons que c’était une immigration qui avait mécaniquement pour conséquence une amélioration statutaire des nationaux (une préférence réglementaire dans la fonction publique, non-dite ailleurs). Après 1975, nous sommes dans un autre mécanisme puisque la France continue à accueillir des immigrés dans un contexte qui n’est lié ni aux suites de la guerre, ni à une croissance à 5% (c’est le moins qu’on puisse dire)


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :