Publié par : Memento Mouloud | juin 20, 2017

Daech : le mode d’emploi syro-irakien du takfiriste au combat

Réda ‘’In fire’’Bekhaled dit le chevalier du zodiaque, pilote, depuis son ordinateur à Vaulx-en-Velin, des djihadistes au combat en Syrie. Notamment trois de ses frères  déjà arrêtés en 2014– le quatrième est rentré en France pour une permission prolongée – qui se sont enrôlés au sein de l’État islamique.

Lecteur de Soral, il avait pour objectif avant son arrestation un attentat contre une soirée-débat sur l’antisémitisme organisée au siège de la région Rhône-Alpes pour marquer les 70 ans du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, en Rhône-Alpes. M’Bala M’Bala n’en a toujours pas fait un sketch.

Le 3 avril 2014, le chevalier Réda ordonne ainsi à son aîné de « sécuriser une route pour qui [il] sai[t] ». Le 23 juillet 2014, alors que des combats font rage à Alep, un autre de ses frères le supplie de dire au « Grand » de récupérer « son sniper » et de lui passer la consigne : « Si tu l’as, dis-lui : ça tape sec ici la nuit ! Qu’il récupère son truc. » Car si « l’immeuble tombe, c’est perdu ». Il raconte subir les assauts d’un « hélico » qui « jette de très haut. Tu vois pas, t’entends pas ». Réda s’engage à faire passer le message et, en attendant, lui conseille de neutraliser l’hélicoptère à la « 23 », un canon anti-aérien de fabrication soviétique. Dix jours plutôt, Réda lui avait recommandé de placer « les frères à la 23 » sur les immeubles, « pour un meilleur champ de vision et d’action ».

Réda Bekhaled est interpellé le 16 septembre 2014. Un an plus tard, une première exploitation « partielle » de l’ordinateur familial saisi lors des perquisitions passe à travers les conversations Skype. Il faudra une année supplémentaire et une analyse plus exhaustive du disque dur pour mettre au jour le rôle joué dans la guerre syrienne par un intégriste de 19 ans derrière son écran dans la région lyonnaise.

24 mois en tout pour éplucher un ordinateur familial. On sent que la guerre déclarée par Hollande nage en pleine efficacité opérationnelle.

« Réda Bekhaled assure la gestion à distance des déplacements de djihadistes sur le territoire syrien, écrit dans une note du 9 septembre 2016, le magistrat de la section antiterroriste du parquet de Paris et néanmoins stratège amateur qui analyse, selon un rythme réduit, le contenu des conversations. Relais essentiel de certains combattants djihadistes présents en Syrie, Réda Bekhaled est en mesure de déclencher l’intervention d’un sniper lorsque les combattants de l’État islamique sont en difficulté et qu’un immeuble tenu par Daech risque de tomber dans des mains ennemies… ». Etrange qu’un magistrat français écrive ennemi pour adverse, mais passons, la confusion règne.

La révélation du stratège-magistrat est bouleversante. Daech utilise des snipers dans le combat urbain. Rappelons qu’en juin 1993, les 50 ennemis au compteur neutralisés par l’armée française à Mogadiscio furent le fait d’une dizaine de snipers made in France sur 200 soldats déployés. Qu’en est-il de l’efficacité du pilotage à distance d’un homme qui ne sait pas qu’il est sur écoute alors qu’il s’engage dans une guerre asymétrique ? Nous n’en serons rien.

Une note de la DGSI présente le semblant de plan mis en place par les soldats du califat dans la bataille de Mossoul qui démarre à l’automne 2016. Depuis le 17 octobre, l’armée irakienne, les milices chiites et les combattants kurdes soutenus par la coalition internationale ont lancé une offensive. Les premières forces spéciales irakiennes sont entrées dans Mossoul le 1er novembre.

« Aux premières semaines de l’offensive, l’organisation terroriste semble privilégier une stratégie défensive de retardement. » Pour ce faire et en prévision de cette bataille, l’État islamique, en bonne logique clausewitzienne de la supériorité de la défense sur l’attaque, a transféré, au cours de l’été 2016, un important contingent de djihadistes depuis la Syrie vers la capitale autoproclamée du califat en Irak. Parmi eux figurent plusieurs dizaines de francophones appartenant à la katiba Tarek Ibn Zyad, un berbère qui avait servi dans l’armée omeyyade.

Dans l’attente de l’arrivée de l’adversaire, les takfiristes ont creusé des tranchées tout autour de la ville, dans lesquelles ils ont versé de l’essence. Une fois la bataille démarrée, ils y mettent le feu, ainsi qu’à « des puits de pétrole ou des tas de pneus, […] pour gêner les avions de la coalition ». Le 22 octobre 2016, ils incendient une mine de soufre, située entre Mossoul et le village de Qayyara, cette fois pour gêner la progression des troupes au sol. Les soldats sont obligés de mettre des masques à gaz pour se protéger des émanations toxiques.

Jusque là, la tactique est éprouvée depuis la guerre de Sécession.

Les takfiristes ont également creusé des tunnels, certains à quatre mètres de profondeur, afin de se protéger contre les frappes aériennes de la coalition. Une pratique déjà conseillée, le 25 décembre 2013, par le jeune Réda Bekhaled, spécialiste lyonnais en tactique des jeux de guerre, alors qu’un de ses frères, 55 de QI, se plaignait d’être trop « à la portée des canons ». Réda l’avait incité à creuser des galeries souterraines « comme les rats », pour « l’évacuation, le ravitaillement, etc. », insistant – « Parles-en, faut se réveiller ! » – et envisageant que ces galeries puissent servir à organiser des guets-apens – « Comme ça, quand ils croient qu’ils ont eu tout le monde, vous, vous êtes dans les terriers. Et, quand ils rentrent, bye bye… ». Spécialiste en éthologie du rat, le chevalier Réda devrait savoir que selon l’espèce, certains rats vivent dans les étages supérieurs des bâtiments, tandis que d’autres occupent le sous-sol et abord des bâtiments. Mince Réda a encore confondu avec Bugs Bunny.

À Mossoul, les tunnels servent aussi à « retarder la progression des adversaires …grâce à des attaques surprises permises par des sorties éclairs des Inghimassi », constate la DGSI. « Inghimas » signifie en arabe « infiltration » et s’applique, dans le langage spécifique des takfiristes, au fiancé de la mort qui réussit à s’infiltrer derrière les lignes ennemies avant de se faire exploser.

Interrogé par la police fédérale belge le 7 novembre 2013, le repenti Jejoen Bontinck a détaillé le processus, sommaire, de sélection des candidats aux attentats suicides : « On pouvait soumettre sa candidature […] via son propre émir. Au moment approprié, on appelait la personne concernée et on te donnait une cible, à savoir un endroit où il y avait beaucoup d’ennemis. Aucune formation n’était prévue. » Le futur Inghimassi est alors équipé, toujours selon Bontinck, d’une ceinture « avec différentes poches séparées, que l’on porte autour du corps »« transformée et équipée d’un mécanisme de traction »« les explosifs sont mis dans les sachets ».

Au sixième jour de la bataille de Mossoul, des Inghimassi ont mené une contre-attaque à Kirkouk, située au sud-ouest de Mossoul. « Cette posture avait pour objectif de détourner les forces de la coalition », estime la note de la DGSI. Par ailleurs, l’État islamique s’est doté d’une brigade très mobile, constituée d’une centaine de djihadistes « chargés du combat de retardement », parmi lesquels « de nombreux snipers » et d’autres combattants armés de mortiers, de mitrailleuses et de lance-roquettes. À l’extérieur de la ville, des équipes munies de missiles antichars ont été déployées.

De nouveau, la révélation est immense. Daech coordonne ses mouvements, tente des diversions. Dans les faits, l’étouffement est inéluctable.

Dès l’instauration de son califat, l’organisation avait fondé à Mossoul une force spéciale dénommée « Jaysh al-Ousra » – « L’armée des jours difficiles » –, d’environ 3 000 hommes, répartis en neuf bataillons mobiles. Dans une note secret-défense datée du 3 septembre 2015 et déclassifiée à la fin de l’année dernière, la DGSE insistait : « Sur le terrain, les combattants de l’État islamique se distinguent par leur mobilité et leur capacité à se déployer rapidement sur l’ensemble des territoires contrôlés et sur plusieurs fronts. »

À Mossoul, les djihadistes ont aussi jalonné les routes et certaines habitations d’IED (pour « Improvised explosive device », selon le jargon militaire américain, qui désigne ce qu’on appelle plus prosaïquement une « bombe artisanale »). Fabriquées à partir d’obus trafiqués conçus pour exploser à la réception d’un signal électronique ou de bonbonnes de propane bourrées d’explosifs, les IED constituent une « technique largement éprouvée par l’organisation ». Cette technique avait été abondamment utilisée lors de l’insurrection irakienne au mitan des années 2000, insurrection à laquelle participaient sous l’étendard d’Al-Qaïda en Irak la plupart des caciques de l’actuel État islamique.

« Les IED peuvent également être enfouis sous terre, dans les rues, être dissimulés dans des pneus ou des ordures et peuvent prendre toute sorte de forme », souligne la DGSI. Dans son ouvrage La Guerre sans fin (Albin Michel, 2008), le grand reporter américain Dexter Filkins énumère certaines déclinaisons inventées par les insurgés irakiens, comme les « DBIED » pour « Dog-borne-IED », des engins explosifs transportés par des chiens, ou encore ce mulet portant une ceinture d’explosifs, que des marines seront contraints d’abattre à distance un jour de l’automne 2005, dans les environs de Ramadi.

Manquent des Women in Nikab-Ied.

Par la charge contenue, les IED se révèlent redoutablement meurtriers. Toujours au cours de la seconde guerre en Irak, des Humvees américains ont été coupés en deux par le souffle de l’explosion. Un transport de troupes blindé de 57 tonnes a aussi été soulevé et envoyé valdinguer de l’autre côté d’une route par une de ces bombes enterrées sous la chaussée.

Autre « arme tactique traditionnellement utilisée par l’État islamique » et utilisée sans modération dès les premiers jours de la bataille de Mossoul : les VBIED, pour « Vehicle-borne-improvised-explosive-device » (toujours l’héritage du jargon militaire américain). Au sixième jour de l’offensive sur Mossoul, 58 véhicules piégés ont été lancés sur les Kurdes, les troupes de l’armée irakienne et les milices chiites, afin « de rallonger la durée des combats à l’extérieur de Mossoul, permettant ainsi d’affiner les préparatifs de défense à l’intérieur de la ville », selon l’analyse de la DGSI.

Ces VBIED sont stockés sous des abris dans des villages voisins pour être utilisés dès que les forces armées arrivent, « prouvant ainsi un degré élevé de préparatifs de la part de l’organisation ». Selon le renseignement intérieur français, ces actions à l’aide de véhicules piégés seraient l’œuvre de la katiba Tarek Ibn Zyad. Prépositionnée sur le front nord de Mossoul et « disposant d’un vivier particulièrement important de kamikazes, cette katiba a enrôlé un grand nombre de francophones, privilégiés pour ce type d’attaque ». C’est un peu la division Charlemagne des takfiristes.

Dans la note du 3 septembre 2015 précitée, la DGSE considérait que, cumulée avec le recours systématique à des fiancés de la mort-happening et au « déploiement d’une violence extrême », l’utilisation de véhicules piégés était « propre à produire un effet de sidération sur l’adversaire ». Les services secrets français illustraient leur propos avec l’exemple du précédent siège de Mossoul en juin 2014. À l’époque, c’était l’État islamique qui cherchait – et allait réussir – à s’emparer de la ville. « Les forces irakiennes ont rapidement abandonné leurs positions, note la DGSE, alors qu’elles bénéficiaient d’un rapport de force nettement favorable, tant en effectif qu’en armement. » Un repenti d’origine asiatique, entendu par un juge français, estimera que les djihadistes, lors de la prise de Mossoul, étaient « seulement 500 […], alors qu’en face, il y avait entre 7 000 et 12 000 personnes ».

Ce qui indique assez le degré de professionnalisme de l’armée irakienne et de ses formateurs américains.

De pareils exemples existent sur le front syrien. Ainsi, le 5 août 2013, l’État islamique s’emparait de la base aérienne de Mennegh, au nord d’Alep. Huit mois de siège n’avaient pas fait fléchir l’armée de Bachar al-Assad, mais le lendemain d’une attaque suicide au cours de laquelle un djihadiste s’était fait exploser dans son véhicule blindé à l’entrée des bâtiments abritant le QG de la base, les militaires avaient battu en retraite. Pas sûr que les gars du Hezbollah soient aussi impressionnés par l’attentat au camion piégé qu’ils ont breveté aux dépens des français et des américains au Liban.

Le repenti précité, qui avait pour nom de guerre « Abou Saïf al-Koury » (« le Coréen »), racontera avoir participé en octobre 2014 à une « rimas ». Une action, selon lui, différente d’une inghimas« Cela consiste à foncer sur l’ennemi en étant équipé de six kilos de C4. Ce n’est pas une opération kamikaze. Nous avançons et en cas de capture, nous mourons sur place en nous faisant exploser en actionnant une grenade. » Cela se passait à Samara, en Irak. « Ce jour-là, je n’aurais pas dû revenir vivant. En face, ils étaient dix fois plus nombreux. Ils ont vu qu’on était un groupe d’émigrés complètement déterminés, et cela les a fait fuir… »

Parfois, la réalité syrienne est moins glorieuse. De retour d’un combat, un djihadiste s’époumone auprès d’un proche : « Je suis dégoûté, j’ai tout perdu : mes clés de voiture et de maison ! […] Elles étaient accrochées à la ceinture d’explosifs, elles sont tombées… » Ou encore ce martyr mort après s’être « trompé de route » « Il a pris tout droit, il devait tourner à droite en face. […] Les chiens, ils ont tiré quand il était près. […] Il en a pris une dans la tête et au ventre », pleure un des frères d’armes du « martyr », ne comprenant pas pourquoi ce dernier ne portait pas sur lui sa ceinture explosive.

L’EI privilégie désormais, poursuit la note de la DGSI, « des actions par petits groupes d’unités mobiles et spécialisées, utilisant parfois la population comme bouclier humain ». Au début de la bataille de Mossoul, l’État islamique aurait, selon l’ONU, retenu jusqu’à 8 000 familles en otage autour de la ville et les utilisait afin de dissuader les frappes aériennes de la coalition.

Durant le premier semestre 2014, 1’organisation terroriste bascule ses capacités militaires vers le sud afin de s’étendre en Irak. Falloujah tombe, Mossoul aussi. Le califat est prononcé et, début août, une offensive est menée dans le Kurdistan irakien. Le 8 août, alors que les djihadistes prennent le contrôle du barrage de Mossoul, les États-Unis commencent leur campagne de frappes aériennes dans le pays de feu Saddam Hussein. Le 12 août, Abou Djaffar se trouve là où « les Américains bombardent ». Quelques jours plus tard, ne pouvant plus combattre longuement en raison d’une blessure à la jambe qui a nécessité une greffe et l’empêche de rester debout, « il s’est inscrit pour se faire exploserpour mourir en martyr dans une grosse opération », résumera dans une écoute téléphonique son épouse. Sur Facebook, celui qui se félicite de son sort – « C grave bien d’être un terroriste » – vient de se faire filmer – « Une production Abou Djaffar » – en train de confectionner et tester une ceinture explosive dans un désert.

Les jambes, encore, et le dos du djihadiste cannois écopent, le 16 octobre 2014, alors que le candidat kamikaze éclopé effectue un tour de garde à Deir Ez-Zor, une ville au centre de la Syrie. L’État islamique et l’armée de Bachar al-Assad se disputent son aéroport militaire. Au téléphone, la mère d’Abou Djaffar confie à une proche : « Rached a été blessé […]. Il a une tache provoquée par une bombe et des éclats dans le corps. » Les analystes de la DGSI estiment que « les taches » mentionnées par la mère de Rached Riahi ont pu être occasionnées par du gaz de chlore ou du gaz moutarde. Durant plusieurs jours, Abou Djaffar est soulagé à base de morphine. À la fin de sa convalescence, un mois plus tard, il est de retour à Deir Ez-Zor, où la bataille continue.

Le 2 janvier 2015, un voisin d’Abou Djaffar alerte sa famille : il a une fois de plus été blessé, sa jambe est même « complètement foutue » et il « souffre beaucoup ». Ce jour-là, les forces américaines ont bombardé Raqqa afin de préparer une opération pour libérer un pilote jordanien, qui sera finalement immolé le lendemain dans une cage. Le coup de fil à la famille d’Abou Djaffar est attribué à “Abou Hafs”, alias Tyler Vilus, un Français originaire de Troyes, interpellé l’été suivant à Istanbul et que les enquêteurs suspectent d’avoir été, au moment de son arrestation, sur le point de rejoindre le futur commando du 13-Novembre.

On n’en est pas encore là. En ce mois de janvier, les frappes de la coalition commencent à produire leurs effets. Faute de matériel, les djihadistes ne peuvent pas soigner Abou Djaffar, qui est transféré 450 kilomètres plus loin, à la frontière avec le Liban. Sur son lit, il fait une hémorragie avant d’être enfin opéré. Cette fois, le tibia d’une jambe et le fémur de l’autre ont été touchés, paralysant toute la partie inférieure du takfiriste.

L’année 2016 voit le territoire de l’État islamique rétrécir de près de 40 %, l’organisation terroriste abandonner Falloujah en Irak, Palmyre, Jarablous et Manbij en Syrie. Et Abou Djaffar perdre la vie. Du moins, en théorie. Ses proches, en France, ont reçu un appel annonçant la mort du djihadiste. Depuis fin avril, il est jugé par contumace dans le procès de Cannes-Torcy qui réunit 20 hommes accusés de l’attaque d’une épicerie juive à Sarcelles et de plusieurs autres projets d’attentats en France. Ces gars qui rient quand on les juge.

À l’occasion d’une précédente blessure à la jambe, son épouse et sa belle-sœur s’étaient inquiétées de sa perte de mobilité : « Il ne pourra déjà presque plus plier sa jambe et quand t’es au combat, t’as besoin de tes jambes, t’as besoin de courir ! […] Je ne sais pas si son martyre pourra compter parce qu’il se jettera dans la gueule du loup… »  On se pose donc plein de questions au pays des takfiristes.

Ainsi Tyler Vilus, le voisin qui annonce les problèmes de santé de Rached Riahi, décrivait sur les réseaux sociaux la mort d’un frère au front : « La sensation quand tu entres dans un hangar au milieu des combats, des bombardements, des feux, des odeurs de poudre et j’en passe… Et que tu sentes cette odeur de musc que seul un frère tombé peut dégager… Mach’allah, ce frère sentait bon. Qu’Allah accepte ses actes. » Un autre complice d’Abou Djaffar dira à son propre père à propos d’une bataille victorieuse : « Les anges, ils combattent avec nous ! »

Dieu, les anges, tout le monde aime le sang, l’odeur de poudre et de cadavres, les têtes coupées, les mains qui virevoltent, les trous béants parce que ça sent le musc l’anus dei.

L’État islamique dispose d’une main-d’œuvre désireuse de se sacrifier mais aussi qualifiée. Et là, on reparle des frères Bekhaled. Cette fois, de l’aîné. Né le 6 mars 1983, Mohamed Bekhaled officie au sein de l’armée djihadiste en tant que sniper. De retour de Syrie, l’ex-épouse d’un membre de la fratrie confirmera aux policiers : « [La femme de Mohamed] m’a dit que son mari se donnait à fond dans son métier et qu’il était passionné par les armes et les tirs. »

Les fournitures qu’il commande au cadet Réda en France témoignent de sa méticulosité. Le 18 avril 2014, Mohamed Bekhaled réclame un « anémomètre thermomètre digital de poche », d’une valeur d’environ 50 euros, et un « télémètre Bushnell fusion 1600 arc », coûtant entre 850 et 1 000 euros. Le premier permet de mesurer la force du vent et le second est une paire de jumelles mesurant la distance jusqu’à la cible choisie. Quatre jours plus tard, il insiste à propos des jumelles de haute précision. Il a déjà « testé » le tir « jusqu’à 900 mètres », mais vise « la perfection ».

Jusqu’à 900 mètres quand l’adjudant Benjamin Gineste tire à 3700 mètres avec un fusil CheyTac M200. En effet, les takfiristes, c’est la perfection pour les nuls.

Interrogé en janvier 2016, un consultant en informatique décrit un camp dans les montagnes de Deir Ez-Zor. Les recrues sont logées dans des cavités, sans eau ni électricité. À l’extérieur, « de grosses citernes métalliques recouvertes pour être camouflées ». Un livreur apporte « de temps en temps » la nourriture. Le vendredi, tout le monde se lave en se baignant dans l’Euphrate. Interrogé par la brigade criminelle, Chemsedine raconte avoir dormi à la belle étoile dans une forêt en périphérie de Raqqa. Une usine désaffectée faisait office de salle de sport et un ancien camp de l’armée de Bachar al-Assad de pas de tir.

Les téléphones, les ordinateurs sont proscrits. Les montres aussi. Les jours fériés, les permissions sont prohibées. Seuls les encadrants peuvent échanger au moyen de talkies-walkies et se déplacer à moto. Comme leurs élèves, ils viennent des quatre coins du monde. On dénombre des professeurs syriens, bosniaques et tunisiens, un ancien karatéka marocain, d’anciens militaires égyptiens comme ouzbeks. Parfois, ils sont accompagnés de traducteurs.

Quel que soit le camp, le déroulement des journées se ressemble, d’un témoignage à l’autre. Après la prière du matin, les candidats au Koh-Lanta takfiriste s’adonnent au jogging, parfois dans la montagne ou dans la forêt, pratiquent des exercices de renforcement musculaire (pompes, abdominaux, gainage). « Nous devions faire des roulades au sol ou ramper », ajoute Chemsedine dit Ramballal. Au bout de trois ou quatre heures à ce régime, les candidats s’alimentent d’un petit-déjeuner roboratif – « deux œufs durs, un pain, de la confiture et du fromage » – pour enchaîner sur le décervelage islamique, toujours intense.

L’après-midi est dédié à des manœuvres tactiques et autres aspects techniques rudimentaires (maniement, montage et démontage d’armes). Le professeur, un ancien d’Afghanistan, explique « à la craie sur tableau vert la stratégie à adopter pour des groupes de combat de deux hommes », leur enseigne « à se positionner à une distance suffisante les uns des autres pour ne pas tous mourir d’un coup en cas de tir adverse à l’arme lourde ». Quant au repenti belge précité, Jejoen Bontinck, on lui enseigne, entre autres, la manière de réagir en cas de bombardement aérien. Certains djihadistes préciseront avoir également appris des techniques permettant de se repérer ou d’évaluer une distance. Certains ont même appris à lire Sayyid Qutb, le Philippe Sollers takfiriste.

Chemsedine estime avoir fait feu à 500 reprises. « Nous avons appris à tirer à la kalachnikov à 200 mètres. Dans différentes positions : 1) debout avec une chèvre, 2) un genou au sol en position haute sur un âne 3) un genou au sol en position basse mais la bite à la main, 4) assis sur les fesses, jambes croisées devant, un Coran entre les dents 5) debout à une main avec chute au sol, avec salto arrière 6) couché sur le ventre avec bascule et les deux mains dans le dos. 7/ sur un amoncellement de têtes coupées en faisant le poirier…Un campement militaire de six mois, mon pote ! C’est un truc, tu sors, t’es genre une tuerie, s’extasie sur une écoute téléphonique un djihadiste du Val-de-Marne. Genre, t’apprends tous les trucs archi-bien ! Genre, tu ressors, t’es un chef militaire. Tu vois c’que j’veux dire ? »

D’après Jejoen Bontinck, on peut également suivre une formation « pour devenir pilote ou pour conduire des chars ». Une nécessité. Lors de la prise de la base aérienne de Mennegh déjà évoquée, l’État islamique met la main sur des hélicoptères, des avions de chasse. « Mais il y a personne qui peut les conduire », se désespère le djihadiste du Val-de-Marne si favorable aux stages de six mois. Difficile avec un Bac pro français en poche et quand on ne maîtrise ni le français, ni l’arabe, ni les maths, ni la physique, ni rien.

Des enfants combattants, « âgés de 7 à 17 ans », sont intégrés dans les katibas « Achbal al-Khilafat » (« Les lionceaux du califat »), où on leur dispense une formation militaire « intensive ». Une récente vidéo de propagande montre trois enfants âgés de moins de dix ans en train de nettoyer un immeuble truffé, à dessein, de prisonniers menottés dans le dos mais laissés libres de leurs mouvements. Les gamins, habillés d’un treillis militaire à leur taille, équipés de caméras GoPro et d’armes de poing montent dans les étages, se couvrent les uns les autres et abattent un par un les détenus.

Une sorte de cryptie takfiriste empruntée aux spartiates par un amateur d’antiquités.

Mediapart/BAM/ La Dépêche


Responses

  1. « Jusqu’à 900 mètres quand l’adjudant Benjamin Gineste tire à 3700 mètres avec un fusil CheyTac M200. En effet, les takfiristes, c’est la perfection pour les nuls. »

    Bonjour Memento,

    Là, vous êtes sévère.

    • Et encore vous n’avez pas lu l’article d’origine. On aurait dit un dépliant de propagande pour Daech, dans le genre Signal mais avec quelques prises de distance. Soit le journaliste n’avait pas compris que qualifier des blaireaux et des tueurs de guerrier est un acte de bienveillance envers Daech et il est con, soit il l’a compris et Mediapart a quelques questions à se poser sur sa grille de lecture des articles postés

  2. l’énumération des positions de tir fait penser à du riad sattouf avec pascal brutal variant les techniques de coït

    et encore ça reste soft

    pour le reste, le mec demande un télémètre, rien de moins

    j’avais appris à l’époque la formule machin x 1000 divisé par le nombre de mil/grad pour évaluer la distance d’un objet….mais ça date de l’autre siècle

    pareil pour la vitesse du vent , petites feuilles déplacées 5 à 10km/h , petites branches 20km/h , branches moyennes 30 à 40km/h , au delà…on fera jamais mouche à longue distance…

    • L’original est le suivant Kobus

      « La deuxième semaine, les apprentis djihadistes tirent enfin. À foison. Chemsedine estime avoir fait feu à 500 reprises. « Nous avons appris à tirer à la kalachnikov à 200 mètres. Dans différentes positions : 1) debout, 2) un genou au sol en position haute, 3) un genou au sol en position basse, 4) assis sur les fesses, jambes croisées devant, 5) debout à une main avec chute au sol, 6) couché sur le ventre avec bascule sur le dos. »

      L’idée du journaliste c’était de démontrer le professionnalisme des combattants de Daech. A mon avis, il aurait du se renseigner avant d’écrite, ça évite de trouver exceptionnel ce qui est la base de tout entraînement

      • dans quelle mesure le journaloppe ne mouille-t-il pas pour les valeureux kombattants du derche?

        virilité par procuration comme autrefois pendant la guerre d’espagne, la lutte sur le front de l’est ( ha , ces feuillets qu’on dirait froissés lors d’une manustrupration fébrile….relisons galtier boissière ….ou brasillach…) ou la résistance héroïque du nord vietnâm contre l’ignoble impérialisme américain ou lors de la première guerre du golfe , la célébration de la ruée des troupes du bien contre le diktateur irakien….

        je cite rarement soral mais ,là , en ce cas précis comme en beaucoup d’autres , un journaliste est une putasse à vendre

      • Pour ce qui est de Soral il est un des principaux approbateurs du clan des takfiristes qui vont terminer chez Daech parce qu’il renforce par sa rhétorique de canapé un pseudo-modèle de décérébré-résistant-musulman à l’empire américano-sioniste, décérébré qui a des couilles et qui s’en sert. En langue soralo-dieudonienne dans le texte quenellien s’entend

        En ce qui concerne le journaliste, je ne crois pas qu’il a les yeux de Chimène pour Daech mais son point de vue est le suivant : il veut traiter les combattants de Daech comme ceux d’une armée normale, il les présente donc en professionnels. Pourquoi une telle erreur. J’émets une hypothèse, comme tous les modernes, il pense que la religion n’est qu’un vernis hypocrite qui n’est pas agissant et son article ne rentre jamais dans le détail de l’enseignement religieux au sein de Daech ni des références qui sont celles des combattants ni de la langue dans laquelle ils s’expriment, ni de la manière dont se partage le butin entre les forces combattantes. On peut ajouter qu’en tant que journaliste de gauche il est persuadé que la machine de propagande occidentale ment sur Daech et qu’il faut rétablir une sorte d’équilibre ou du moins de pondération car la première est condamnable puisqu’impérialiste. Vous avez donc une combinaison de trois facteurs : un manque d’informations à propos de ce qu’est un professionnel du combat ; un biais cordicole selon lequel la religion n’existe pas comme force agissante ; un biais idéologique selon lequel il faudrait rétablir une vérité obscurcie par les méchantes forces occidentales car vous n’aurez pas « ma haine »

      • je ne nie Habsolument pas que Soral mouille pour le virilisme moyen oriental ( même si c’est orienté , ha ha )

        il reste qu’il est totalement dans le vrai

        nos journaloppes sont soit des chômistes soit des putasses à vendre

        preuve en est que ces garçûs si sourcilleux de leur indépendance se sont laissé traiter comme des chaochs de la plus basse extraction par le petit banquier

      • Les journalistes n’ont rien de chômeurs en sursis. Quand ils sont visibles, les barbier, les elkrief, les zemmour, les polony, etc. ils appartiennent à une cabale quelconque, quand ils ne sont pas visibles ils se divisent entre journalistes compétents, journalistes neu-neux et journalistes serpillières. Les futurs membres des cabales se recrutent donc dans la première et la dernière catégorie

  3. Complètement d’accord avec vous !

    (A part sur le côté, journaliste de gauche qui est, à mon avis, bien trop élaboré car je pense sincèrement qu’il s’agit seulement d’incompétence et d’inculture).

    En passant très rapidement sur ses compétences en termes de combat in situ (notez au passage qu’il ne doit se référer à aucun spécialiste du tir longue distance), la plupart des journalistes français (à part les spécialistes) ne connaissent rien aux groupes dont ils parlent… (et je pense ne comprennent strictement rien à cette partie du monde)

    Normal et assez simple à comprendre, car comment auraient-ils accès aux informations ?

    Soit journalistes embraqués « embed » (donc dépendants des forces militaires officielles sur place qui pour le moment n’en veulent pas), soit lisant et au mieux décryptant les communications officielles des différents groupes « islamistes » combattants, ils n’ont jamais de quoi recouper les informations.

    A ce sujet, même les analystes des SR ont eux-mêmes du mal à suivre les alliances (quartier par quartier), les retournements d’alliances (même échelle), les coups tordus des services de renseignement présents sur place dont parfois plusieurs d’un même pays avec des intérêts contradictoires, etc.

    Donc, ces journalistes (et je pense et cela sans s’en rendre compte) créent des images, presque des mythes du combattant performant, sur-motivé, celui de l’Etat Islamique (on a essayé avec le Peshmerga mais personne n’a rien compris !).
    Cela leur permet d’éviter d’écrire  »Désolé les gars, on ne sait rien ou pas grand chose. Parce que primo nous n’avons pas accès au terrain des opérations et que secundo nous sommes de bonnes buses question mili… »

    Il devient alors très facile oublier l’ensemble les différents groupes, à qui ils sont liés, de ne jamais parler des déserteurs, des informateurs, des massacrés, des recyclés plus vite que nature, des disparus sans nom.
    Alors après reste à se boucher le nez très fort, lorsque les Russes rasent la moitié d’Alep, en serrant les fesses pour qu’ils réussissent quand même ! Les prisonniers ? Quels prisonniers ?
    Vous verrez, ils feront de même dans quelques jours pour Mossoul et dans quelques mois pour Raqqa.

    Donc intégrons tous bien sagement que le combattant de l’EI (que personne n’a jamais vu au passage) même si il est parfois ras-du-front est un super soldat, à la fois pilote de drone, sniper, kamikaze, hyper-motivé, artificier, multilingues, génie du combat de rue, stratège visionnaire étudié à Coëtquidan…

    A triompher sans gloire…

    • Merci pour Corneille, Cliff, ça ne vous rappelle pas la guerre civile libanaise, avec ses coalitions islamo-progressistes contre les phalangistes réactionnaires, les méchants israéliens traversant les misérables camps palestiniens de réfugiés, ses chroniques interminables sur les combats de rue et d’immeubles, ses « encore un attentat », ses analyses périmées avant que l’encre sèche, ses reporters déjà abonnés aux milices locales ou à l’hôtel du coin, ses tractations répétées de la dernière chance, ses incapacités à saisir l’émergence d’un acteur politico-militaire aussi important que le Hezbollah après que l’Iran était intervenu sur l’échiquier politique local, ses portraits de la Syrie comme une sorte de Prusse du coin, puis on eut la même avec le conflit bosniaque et les fascistes toujours serbes. On dirait un disque qui n’en finit plus de tourner comme s’il n’y avait pas de métier dans le journalisme mais une succession de canevas, la commedia dell’arte

  4. Cela assez juste pour la comparaison avec le Liban et peut-être même la Yousgoslavie en ajoutant au passage le Rwanda.

    Ensuite, une différence fondamentale selon moi et contrairement aux conflits précédents, est que au mois deux groupes ont attaqué le territoire national par le biais de terroristes formés localement.
    A savoir Al Qaida au Yémen lors de l’attentat contre les journalistes de Charlie Hebdo et vite oublié contre le supermarché juif de Vincennes et l’Etat Islamique en Irak et au Levant en novembre 2015.
    Dans cette série, nous pourrions compter aussi les attentats de M. Merah qui aurait été lié au Taliban. Même si à la connaissance générale, les Talebs n’ont jamais demandé à personne d’attaquer les pays dits occidentaux. Ce qui pose d’autres questions

    Ces événements tragiques auraient dû conduire ces journalistes (pas tous, quelques uns l’ont fait) à changer la nature de la perception des ces conflits. Et donc à réviser beaucoup de leurs pratiques « professionnelles » (je suis sympa pour ce dernier adjectif). Leur Nation est attaquée et les valeurs qu’elles représentent (qu’ils adulent d’ailleurs)… eux ne bougent pas.

    Logique, car

    – Il ne s’intéresse pas à leur sujet (faut quand même faire un minimum d’histoire, lire des livres, rencontrer des gens, percevoir des cultures, etc). En clair, il s’en tape. La passion, l’envie et l’esthétique ne font pas partie de leur moteurs. Impossible de faire ce boulot sans cela !
    Ce qui m’a le plus marqué ces dernières années est assez drôle. L’immense majorité veut travailler dans les pages culture, high-tech. Alors les filles c’est culture (ciné, mode, food, vacances, festivals) et les gars, c’est high tech (téléphones, apps type Uber, Air B’n’B, tablettes, jeux). Le hipster ou Génération Y est un peu plus complexe et veut aussi street food, street art, street fringues, etc, ect

    – Leur formation est désastreuse : Les écoles de journalisme (oui, oui je sais), leur apprennent à pouvoir tout traiter. Cela peut marcher dans le recopiage et l’adaptation light de dossiers de presse, plus ardu lorsque qu’on doit lire des livres, aller au devant de vrais personnes qui ne sont pas que des attaché(e)s de presse, des sources confidentielles (du Tribunal ou de la Police) qui balancent des infos.

    – Une forme de paresse et pas seulement intellectuelle. Pratiquement aucun ne lit la presse du Golfe dite locale. Elles regorgent d’informations pour qui veut bien les chercher (mais cela est en anglais, donc c’est fatigant).

    – Ils ne se déplacent pas. Pas très aventureux pourtant d’aller par exemple au Liban où vivent plus entre 1 million et 1,5 millions de réfugiés. En plus les gens sont sympas et pas mal parlent français. Mais non ! Trop compliqué, trop cher, et pas dans les habitudes. Donc un Syrien est soit Etat Islamique, soit un réfugié. Un Irakien, personne n’en sait rien. Les Kurdes, des musulmans plus sympas parce que leurs femmes combattent aussi.

    – L’information les emmerde et surtout les effraie car à un moment donné il faut savoir dire  »je ne sais pas ». Ce qu’il perçoive comme un manque de compétences (qu’ils n’ont généralement pas) alors que cela est simplement de l’honnêteté intellectuel (concept non connu).

    – Enfin : le conformisme.

    Donc sur la question, ils se sont fait atomiser par des gars qui avaient envie de bosser :
    @_DavidThomson
    @SimNasr
    @RomainCaillet
    @guicorneau
    @deSyracuse ‏
    @PetoLucem ‏

    On a le droit de ne pas toujours être d’accord avec eux (dans l’analyse) mais ils savent ce qu’ils racontent

    • De 1980 à 1986 et sans évoquer les multiples attentats de cette année en France, commandités par l’Iran, j’ai compté les suivants (tous en lien avec la guerre au Liban et ses diverses ramifications géopolitiques)

      3 octobre 1980 rue Copernic
      4 septembre 1981 assassinat de l’ambassadeur au Liban
      29 mars 1982 attentat dans le train Paris-Toulouse
      22 avril 1982 attentat rue Marboeuf
      9 août 1982 Fusillade rue des rosiers
      23 octobre 1983 attaque au camion piégé du QG français au Liban
      25 janvier 1985 assassinat de René Audran
      17 novembre 1986 assassinat de Georges Besse

      Aussi ce qui me paraît tout à fait nouveau dans la série des attentats ouverts par l’équipée de Mohamed Merah, c’est l’implication de citoyens français dans de tels attentats, en revanche la teinte antisémite (ou antisioniste mais c’est exactement la même chose) de nombre d’opérations est la même.

      De fait tout à fait d’accord avec vous. Les techniques de formations de journalistes (mais on devrait ouvrir l’enquête à toutes les professions, on verrait que la donne est générale) sont déficientes parce qu’un journaliste devrait être formé à écrire et à argumenter ce qui passe par autre chose qu’un vernis sciences-po de troisième main. Ensuite un journaliste devrait éviter d’attaquer un domaine sans un minimum de connaissances qu’il emprunte à ceux qui savent. Evidemment ça demande du temps. On ne lui demande pas d’être un spécialiste mais un honnête homme, ce que définit parfaitement Pascal : connaître un peu de tout et non pas connaître tout d’une chose mais cela suppose soit un esprit géométrique dans les domaines scientifiques et de finesse pour le reste. Il me semble malheureusement que les journalistes (comme les autres) ne sont ni fins ni géomètres, plutôt grossiers et patauds.


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