Publié par : Memento Mouloud | décembre 19, 2018

Alex (Benalla) et Alex (Djouhri) : retour vers le futur (sarkozyste)

Les deux Alex vivent un été indien londonien, flottant sur l’atmosphère douce du Brexit, au restaurant, dans un bar privé ou dans les salons d’un hôtel de prestige où Djouhri a ses quartiers. Si proches des oligarques aux paronomases en ov et en ic, si loin des gilets des péquins. « Je suis un homme poli, je rencontre les gens qui le souhaitent, c’est tout ». Alex Djouhri, assigné à résidence attend son éventuelle extradition en croisant les doigts. Et si la justice britannique se conformait aux usages français. Enfoncer Kerviel, sauver le staff de la Société Générale. De la raison d’État au gros rouge Pétrus. Cette fois-ci c’est l’alliance Macron-Sarkozy, cet attelage d’une caste en perdition qu’il faut baptiser au champagne. Exit l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy. L’ombre du despote de Tripoli ressemble à celle d’Héliogabale, tous deux achevés près d’un égoût. Dans un rapport de février 2018, les membres du Parquet national financier, sans doute atteint par la thrombose frontiste, affirment que l’enquête judiciaire « démontre son implication centrale dans un réseau organisé de corruption, ayant agi en France comme à l’étranger ». Le déterminant possessif évoque Alex (Djouhri) pas Dominique de Villepin. L’un est né dans un gourbi, l’autre d’une particule. Nuance donc, la pureté du sang doit crier quelque part Montjoie Saint Denis, même quand la particule sent son Louis-Napoléon, une particule d’emprunt contre une mauvaise réputation. Comme si les arcanes d’État ne se confondaient pas avec la corruption, comme si les sales besognes de l’État monarchique, républicain, ce que vous voudrez n’avaient pas un goût de latrines, de sperme, de billets fripés, de comptes numérotés, d’escort-girl, de cadavres dans le placard, de grands hôtels et de petits malfrats dont certains seront devenus grands.

« Tournaire [le nom du principal juge d’instruction de l’affaire libyenne], c’est le soupçon du soupçon que ma grand-mère a des couilles. ». Formulation très djouhrienne car le brave Alex semble obséder par le volume comparé des testicules. Mediapart fait « partie du complot » mais « avec un flingue ou un stylo sur la tempe, jamais je ne céderai. Il faut me tuer pour cela. » Alex joue donc son rôle dans les trois jours du butor.

Au sein de la Macronie, Alexandre Benalla n’est pas le seul point de contact dont Alexandre Djouhri peut se vanter. L’intermédiaire sarkozyste est aussi très proche de l’actuel secrétaire général du ministère des affaires étrangères, Maurice Gourdault-Montagne, qui l’avait invité à une réception officielle en décembre 2017 à l’ambassade de France, sise à Alger. Entendu par les policiers anticorruption de Nanterre dans le cadre de l’affaire libyenne, l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait confirmé que c’était le numéro 2 du Quai d’Orsay qui avait insisté pour que Djouhri soit invité à la réception avec Macron. Un complot, vous dis-je.


Responses

  1. [RÉVÉLATIONS] Macron-Sarkozy, Benalla-Djouhri: les étranges alliances du “nouveau monde”. « J’ai rencontré Alexandre Djouhri, oui, plusieurs fois, et je suis très content de l’avoir fait », déclare Alexandre Benalla. https://t.co/H9VfdBarOt— Fabrice Arfi (@fabricearfi) 19 décembre 2018

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