Publié par : Memento Mouloud | décembre 29, 2018

Retour à Nîmes

Comme une avenue titiste qui mènerait au palais, la perspective s’enfuit dans le décor de la zone commerciale où défilent les boulangeries, les enseignes et les terre-pleins, jusqu’aux arènes, jusqu’à la maison carrée, jusqu’au carré d’art, jusqu’aux jardins de la Fontaine avec sa minable tour Magne à Nîmes, calembour trépassé. Le ludibrium s’efface dans le décor Chantilly du musée de la romanité, néologisme tocard dans des yeux de camés Boulevard Gambetta. Fume et Fume la ville aux crocos en croco la ville des crocos, la ville aussi vieille que le meurtre, les putes et les drogues. Un parfum d’immémorial flâne sur le carré de béton de l’agglo, une sérigraphie de Montpellier en plus moche défie le catafalque peinturluré, en botox en détox qui fait du centre, de la place aux Herbes à la frise des déboutés du Paradis l’écrin d’un joyau qui s’éteint vers les 18 heures. Plus de terrasses, plus de touristes, plus de flâne ; la grande roue vide veille sur les teints ocres et basanés des sud-américains en transit par l’Espagne, des maghrébins en survêt qui jouent la vie de ma mère et sur la Mecque de mes couilles à toute heure en se tenant par l’épaule, lé bédeau figé, fixé dans les ténèbres. Nîmes est une ville de racleux et de bourgeois réfugiés sur leurs collines avec tessons, barbelés et caméras. Nîmes la parano avec ses canaux qui suintent jusqu’à la statue d’Antonin le Pieux qui n’avait pas de punaises, ah les yeux décavés de ce gars perdu sur sa bite démâtée, l’humeur en crack et déjà en partance vers l’antre du démon, pardon du shaitan, pardon de l’Iblis qui lui tend sa fourche. Viens, mon blaireau, viens, la farandole est en place, tu pourras toujours cirer les chaussures avec ta langue. Le monde est une enclume et Nîmes est son maillet qui t’arrachera la tête et la langue sous le soleil exactement, le soleil des sacrifices et des exécutions. Ludibrium donc. Sur le rond-point, des gilets jaunes attendent la livraison de bières en brûlant des cageots, la nuit tire sur le rouge, sur la rouille, les lumières des feux clignotent, rayonnent dans l’absence, Nîmes se perd dans le lointain.


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