Publié par : Memento Mouloud | février 17, 2016

Arnaud (Mimran) les garçons et l’entourloupe de la taxe carbone

« Dans le Milieu, on ne désigne jamais un truand, à l’ancienne, ou un gangster, plus moderne, par le terme de « parrain ». Vous imaginez un homme interpeller un autre, « oh, parrain, tu trafiques quoi en ce moment ? » Franchement…! », lâche Milou. « Le terme de « parrain », précise-t-il, a été propagé par les caves, les gens normaux, aidés bien entendu des journalistes, puis des policiers, lorsque des mecs de la Mafia se sont mis à table, à la fin des années 1960, lorsqu’ils ont décrit le fonctionnement des groupes italiens. Sans parler du film Le Parrain évidemment. Nous, dans le Milieu, si l’on doit parler d’une personne qui « pèse », c’est-à-dire qui fait vivre au minimum 400 familles, qui dispose d’une véritable armée, de cent mecs prêts à se faire tuer pour lui, de territoires, de l’entregent dans le monde entier, d’un empire financier et surtout d’une réputation sans failles chez les hommes d’argent et de pouvoir, politiques compris, alors on parle d’un homme de poids. Et croyez-moi, des hommes de poids, il y en a toujours et il y en aura toujours, contrairement à ce que des imbéciles racontent. « 

Milou

Le 30 avril 2010, le corps d’Amar Azzoug, dit “Amar les yeux bleus”, gît, criblé de balles, dans la brasserie du Bois doré à Saint-Mandé, en proche banlieue parisienne. C’est un ancien braqueur reconverti dans le « recouvrement de créances ». Il était porteur de documents au moment de son assassinat. La victime, réputée proche du clan corso-marseillais des Barresi, était également accompagnée d’un certain Patrick Bellaiche.

 Le 14 septembre 2010, le corps de Samy Souied, transpercé de six balles de 7.65, gît entre deux voitures, face contre terre, devant le Palais des congrès, Porte Maillot, à Paris. Il vivait dans la banlieue chic de Tel-Aviv, à Herzliya, en Israël, et descendait dans les plus luxueux palaces de Paris quand il venait en France. C’était un habitué des hippodromes et des cercles de jeu. Il était associé avec Marco Mouly et Arnaud Mimran, un golden boy aux prises avec la justice à intervalles réguliers, joueur de poker invétéré dont les frasques font régulièrement les choux gras des sites people. Au moment de son assassinat Samy Souied avait rendez-vous avec Arnaud Mimran. C’était le troisième de la journée.

Le 25 octobre 2011, un majordome et une infirmière découvrent dans la chambre d’une villa de 1 000 m2 de Neuilly-sur-Seine le corps sans vie, criblé de trois balles tirées par derrière, du propriétaire des lieux, le milliardaire Claude Dray, ancien patron de la marque de parfum Patchouli et magnat paranoïaque de l’immobilier. Arnaud Mimran était son gendre. Il aurait déclaré, “Je pisserais sur sa tombe si jamais il crevait”. » Le 8 avril 2014, le corps d’Albert Taieb, dit “Bébert”, homme de main sexagénaire du cousin de Marco Mouly, repose devant un ascenseur dans la cage d’escaliers d’un bel immeuble haussmannien du XVIIe arrondissement de Paris, lacéré de coups de couteau au thorax, dans le dos, à la nuque et la tête.

Qui est Mimran ? Déjà confondu en 2000 dans une affaire boursière aux États-Unis – il a consenti à restituer 1,2 million de dollars avec ses complices – et condamné en décembre 2007 pour fraude fiscale, il est dépeint par les juges de l’affaire des quotas carbone comme un athlète des techniques de blanchiment : utilisation de comptes bancaires au nom d’autrui, usage de comptes ouverts dans des casinos pour y récupérer des espèces après conversion en jetons, faux prêts de jetons entre joueurs au casino, transferts transfrontaliers d’espèces ou de chèques non déclaré. En perquisition dans l’un des appartements de Mimran, les enquêteurs découvriront des RIB chinois, britanniques ou portugais, tous aux noms de sociétés exotiques. Les juges ont aussi saisi un compte à la HSBC France valorisé en février 2015 à 7,7 millions d’euros, après avoir déjà fait l’objet d’une saisie précédente de 5 millions d’euros. Ils ont également établi à 5,5 millions d’euros la valeur du patrimoine immobilier de Mimran en France, dont un triplex dans le XVIe arrondissement de Paris avec piscine, jacuzzi, hammam et salle de sport.

Les juges le soupçonnent d’avoir orchestré, en janvier 2015, l’enlèvement et la séquestration durant six jours dans un appartement d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) d’un financier suisse et, dans le même temps, au même endroit, d’avoir simulé le sien. À la clé : 2,2 millions de dollars d’ordre d’achat d’actions d’une société minière canadienne, Cassidy, que le financier suisse a dû opérer sous la menace de ses ravisseurs. L’argent a finalement atterri sur un compte à Dubaï que les juges soupçonnent d’appartenir en sous-main à Mimran. Des écoutes téléphoniques « font effectivement ressortir Arnaud Mimran comme le donneur d’ordre concernant ce compte » à Dubaï, écrivent les magistrats.

La « fraude à la TVA sur les quotas du carbone » fut, à l’exception de celles tout à fait usuelle des firmes multinationales, la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref ».  Son montant serait de 1,6 milliards d’euros. Quand un coup d’arrêt lui fut donné en juin 2009, les fraudeurs se déplacèrent dans d’autres Etats. L’ETS (Emissions Trading Scheme), organisait les échanges entre les entreprises qui dépassaient un plafond, fixé par les autorités, d’émissions de gaz à effet de serre, et les entreprises qui étaient en-dessous de ce plafond. Les fraudeurs ont appliqué un système dit du « carrousel » : des sociétés, souvent créées pour l’occasion, achetaient hors taxe des quotas de CO2 dans un Etat membre, les revendaient en France en facturant la TVA de 19,6 %, et disparaissaient sans payer la TVA à l’Etat français. Le tout noyé dans un maquis de sociétés-écrans répondant parfois aux noms facétieux de Fantomas Organisation ou Carbonara, et de comptes offshores localisés en Lettonie, à Hong Kong, Chypre, Dubaï. Les facilitateurs : la Caisse des dépôts et consignations, sa filiale Bluenext, plate-forme boursière du marché, l’administration fiscale, et enfin le système Tracfin de lutte contre le blanchiment.

Les quatre meurtres sont liés à cette fraude. Aucun tueur ou commanditaire n’a, à ce jour, été formellement identifié par la justice. Il n’y a eu aucune mise en examen prononcée. Aucune piste d’enquête ne semble même être sérieusement privilégiée dans chacun des dossiers.

La police s’est retrouvée face à un phénomène d’un genre inédit. Un agencement qui réunit une finance border line, composée d’aigrefins franco-israéliens rompus aux escroqueries internationales (minutes de téléphonie, panneaux photovoltaïques, puis les quotas carbone), et un grand banditisme classique, issu des milieux corso-marseillais ou des banlieues parisiennes. L’éthique du premier groupe se résume ainsi « On a été éduqué dans le même groupe. On n’a jamais été formaté à faire du mal, mais formaté à gagner de l’argent. ». Si ce que dit ce type est vrai, les aigrefins franco-israéliens sont des imbéciles mais des imbéciles parfaitement adaptés à la règle copains-coquins de la finance internationale. Si ce que dit ce type est faux, les aigrefins franco-israéliens ont pris un ou plusieurs partenaires pour des cons et la réplique est venue.

L’argent est un système de dettes, un jour ou l’autre, la facture se paie comptant c’est la morale Shylock, elle est toujours en vigueur.

Mediapart / L’Obs/ Thierry Colombié / BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 16, 2016

Nicolas Sarkozy : le flouze pour la vie

« Je ne protège personne mais il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique… « Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont débordé de tous les côtés Et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Rien n’a été contrôlé. (…) Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… »

Jérôme Lavrilleux

« Nous n’avons plus d’argent. JFC en a parlé au PR [président de la République] ».

SMS de Guillaume Lambert à Jérôme Lavrilleux

Aucune mise en examen pour « usage de faux »« abus de confiance » ou « escroquerie » n’a été infligée à l’ancien président de la République, les enquêtes n’ayant pas démontré qu’il aurait donné l’ordre de masquer certains de ses frais de campagne, ni même qu’il aurait été informé de la fausse comptabilité mise en œuvre par son équipe pour tromper les autorités de contrôle. Sur ces trois points-là, le juge s’est contenté de le placer sous le statut de témoin assisté (c’est-à-dire qu’il « existe des indices rendant vraisemblable » qu’il ait pu commettre ces infractions).

Alors que la loi lui interdisait d’engager plus de 22,5 millions d’euros de frais, l’instruction a démontré que Nicolas Sarkozy avait, au minimum, doublé la mise. Non seulement des liasses de factures de meetings émises par Bygmalion ont été secrètement basculées sur l’UMP pour « alléger » le candidat (pour plus de 17 millions d’euros), mais les juges ont pisté d’autres dépenses dissimulées, qu’il s’agisse d’une « douloureuse » d’Agence publics à 1,5 million d’euros pour le meeting géant de Villepinte ou de factures escamotées par un expert-comptable de la campagne (trains, cars, tee-shirts, etc.), dont le montant n’a pas été précisément chiffré. Il y a un mois les mis en examen s’appelaient le préfet Guillaume Lambert (ex-directeur de campagne), le député Philippe Briand (ancien trésorier) et l’avocat Philippe Blanchetier (ex-trésorier de l’association de financement de la campagne).

Déjà mis en examen pour « abus de confiance » ou « escroquerie » en juillet 2015, l’ancien expert-comptable du candidat Sarkozy, Marc Leblanc, a ainsi été le premier, le 30 novembre dernier, à voir sa mise en examen étendue à ces nouveaux faits. Au-delà du volet Bygmalion, le juge Tournaire le soupçonne désormais d’avoir « volontairement omis d’inscrire dans le compte de campagne de Nicolas Sarkozy un ensemble de dépenses électorales payées par l’UMP », dans le dos de la CNCCFP. Les juges peuvent s’appuyer sur le travail de bénédictin accompli par une « petite main » discrète, Éric G., comptable de l’UMP et simple témoin dans ce dossier. C’est lui, en 2012, qui triait les factures adressées chaque jour au siège du parti par des prestataires en tous genres : d’un côté, les dépenses habituelles de l’UMP ou celles destinées aux législatives ; de l’autre, les factures liées selon lui à la présidentielle. Ces dernières, Éric G. les déposait dans des bannettes à l’intention des experts-comptables de Nicolas Sarkozy, chargés d’établir le compte de campagne. Consciencieux, le salarié recopiait aussi leur montant dans un tableau Excel de sa propre fabrication, bricolant son propre « suivi budgétaire » de la présidentielle. Ainsi les juges peuvent aujourd’hui comparer ses archives avec la version officielle du compte Sarkozy, et ça diverge.

ils ont ainsi découvert qu’une facture de 230 000 euros émise par la SNCF pour le meeting de la Concorde, correspondant au transport de 1 400 militants, dûment archivée par Éric G., n’apparaissait pas dans le compte de campagne déposé par l’ex-chef de l’État. Idem pour une facture SNCF de 329 000 euros liée à la manifestation du Trocadéro. Une facture de 110 000 euros pour des prestations techniques liées au meeting de Lyon, dûment enregistrée par Éric G., s’est aussi volatilisée. De même qu’une facture de 53 000 euros du parc Chanot, à Marseille. Les enquêteurs ont également déniché quelque 500 000 euros de factures de l’entreprise VIPARIS destinées à l’aménagement du hall de Villepinte, supportées par l’UMP au lieu de Nicolas Sarkozy.

Plus l’addition grimpera, plus la position de Jean-François Copé, qui dirigeait le parti à l’époque, deviendra difficile à tenir. « J’ai du mal à penser qu’à aucun moment le président du parti ne se soit interrogé sur les causes (…) qui amenaient à un déficit à 39 millions d’euros et à un endettement net de 80 millions au 31 décembre 2012, a déclaré le président de la CNCCFP, au cours de sa déposition. Si c’est le cas, j’ai tendance personnellement à y voir une défaillance grave et incompréhensible de management. » On connaît le refrain sarkozien. « J’ai découvert le nom de Bygmalion et de Event [filiale chargée des meetings dirigée par Franck Attal] plusieurs mois après être parti de l’Elysée », dégaine Nicolas Sarkozy chez les policiers. Quant à Franck Attal, qui a reconnu avoir été informé au cœur de la campagne du système de fausse facturation, « je ne savais même pas qui c’était ». « Ce n’est que bien après que j’ai appris que c’était lui qui me tendait le micro au pied de la tribune », insiste l’ancien candidat.

A l’écouter, si les magouilles de Bygmalion ont rendu service à quelqu’un, il faudrait plutôt chercher du côté de Jean-François Copé, ami de Guy Alves et Bastien Millot, patrons de l’entreprise à l’époque: « Partout où est passé Jean-François Copé, il a pris Bygmalion », cingle Nicolas Sarkozy. Dans l’instruction, cependant, rien ne montre que la marge réalisée par Bygmalion sur la campagne présidentielle (aux alentours de 40%) ait alimenté une quelconque caisse noire de Jean-François Copé. En conclusion si Sarkozy avait été réélu, personne n’en aurait rien su. Vae Victis.

Mediapart / Le Monde/ L’Obs

Publié par : Memento Mouloud | février 12, 2016

Scènes de chasse à Calais

 « Ce qu’on y désigne couramment comme « la jungle » n’est rien d’autre qu’un bidonville de plus de 3 000 personnes installé sur une décharge publique battue par les vents, « la zone industrielle des dunes ». On ne s’y croit plus en France mais dans un pays pauvre. Ou en guerre. Ou victime d’une catastrophe. Et encore… L’une de nous était en Albanie, près de la frontière du Kosovo en 1999 : le camp de réfugiés était mieux tenu, tous avaient un abri. »

C’est en avril 2015 que ce vaste bidonville s’est créé dans la lande de Calais. A cette époque, la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchard voulait une dissolution magique des malvenus. L’Etat avait demandé aux associations d’inciter les migrants à se regrouper autour du nouveau centre d’accueil de jour Jules-Ferry (offrant des douches et un repas quotidien), précisant à l’époque qu’ils y seraient « tolérés ». Dès septembre 2015, Emmaüs, rompt le dialogue avec le gouvernement sur la situation calaisienne. Elle plaide pour une ouverture des frontières entre la France et la Grande-Bretagne, ainsi que pour une renégociation des accords du Touquet. Signés en 2003, après la fermeture de Sangatte, ces accords ont renforcé les contrôles pour réguler le nombre de migrants cherchant à se rendre au Royaume-Uni via la France, et ont notamment permis à des agents britanniques de procéder à des vérifications à Calais.

En octobre, le camp a son hôpital, ses écoles, sa bibliothèque, sa salle de spectacle. Une boutique tenue par une Britannique de Leeds a ouvert pour offrir des vêtements et des produits de première nécessité aux femmes. Elles sont nombreuses, peu visibles, et les 115 lits du foyer qui leur étaient réservés affichent complet. Au fil des jours, la dizaine de restaurants améliorent doucement les plats servis, et une bonne douzaine d’épiceries permettent désormais aux familles de cuisiner « chez soi ». D’autres ont trouvé un créneau qui nécessite moins d’investissement. Najibullah s’affaire près de sa machine à rouler les cigarettes. Assis par terre, dans une cabane en construction, il s’active avec Ahmed à envelopper ses cigarettes manufacturées par petits paquets. La débrouille pour ceux qui peuvent, la déliquescence, la folie pour les autres.

Dans cette lande, on trouve des enfants seuls, des femmes errantes, des blessés en pagaille, une épidémie de gale, des viroses, des demandes d’avortement, des abcès dentaires, des indices de masses corporelle atteignant 19, parfois moins, une humanité en déroute définie comme un danger ou plutôt, du côté de l’Etat comme un prurit nécessaire pour prévenir la sortie des britanniques de l’UE. La France fait son job, on ne va pas expliquer aux calaisiens qu’il va leur falloir vivre avec un camp de réfugiés, un vrai. Quant aux réfugiés on évitera de leur dire qu’ils seront la proie des quolibets, c’est la moindre des atteintes, des cogneurs à la petite semaine, en uniforme ou non, du moins ceux-là ne tuent pas ou pour certains pas encore et des voyous de toutes sortes en quête de profits, ceux-là peuvent égorger d’ailleurs la vie humaine dans ce camp comme dans les autres, ne vaut rien, plus rien. On trouve de tout au camp, des armes, des putes, des faux passeports, l’inventaire complet de la misère humaine mais on n’y joue pas les enfants du paradis, on essaie juste de survivre en attendant le lendemain.

 « En janvier, nous avons délivré plus d’une centaine de certificats médicaux constatant des violences subies », rappelle le chef de la mission Médecins sans frontières. A Médecins du monde, où l’on consigne les témoignages, la coordinatrice régionale, Isabelle Bruand, note aussi que « depuis le début de 2016, nous avons une recrudescence de récits d’attaques en groupe, organisées, ciblant des migrants. Certaines semaines, c’est même arrivé plusieurs fois ». Les dénonciations ont un strabisme évident. La violence des passeurs, des proxénètes, des protecteurs, connaît pas ; celle qui peut se plaider devant l’opinion est donc mise en exergue et la procédure vaut pour toutes les plaintes.

Mercredi 3 février, Xavier Bertrand, président Les Républicains (LR) de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui a bien compris la recherche d’un bouc quelconque par les français, n’avait pas eu de mots assez durs contre ceux qu’il qualifiait « d’agitateurs » et de « provocateurs ». L’ancien ministre réclamait que soient « mis hors d’état de nuire » ces militants qui « viennent activer les migrants et parfois (…) dire à certains “attaquez les CRS” ». Il fut rejoint par la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), qui estimait nécessaire, « qu’on éloigne [de la ville] ceux qui doivent l’être. Y compris les No Border et les activistes ».

Les deux élus, reçus, mercredi 3 février, au ministère de l’intérieur, ont eu l’oreille de Bernard Cazeneuve, qui a dénoncé « l’irresponsabilité » et le « cynisme » des militants de No Border. Comme si l’Etat n’avait démontré son cynisme à toute épreuve en organisant le camp sans barbelés de Calais. Ce qui était visé dans cette démonstration de concorde nationale par temps d’Etat de sécurité, c’étaient les incidents du 23 janvier où, après une manifestation, une cinquantaine de migrants avaient réussi à s’introduire dans un ferry en partance pour l’Angleterre.

Or, les No Border, groupe tout à fait informel, revendiquent une présence à Calais depuis juin 2009, où ils vivent au plus près des migrants. En novembre, la préfecture du Pas-de-Calais comptait « entre quarante et cinquante » No Border en semaine à Calais, un chiffre pouvant, selon elle, « doubler le week-end ». Les intéressés assurent eux être « beaucoup moins de cinquante ». ce qui les rend tout à fait infiltrables et infiltrés.

Selon Philippe Wannesson, « ils n’ont jamais été plus d’une trentaine ». Ce militant, auteur du très documenté blog Passeurs d’hospitalités, estime que, depuis plusieurs mois, « on met derrière le terme  “No Border” beaucoup de gens, y compris des Belges et des Britanniques, qui sont sur le terrain, dans le bidonville, sans qu’ils aient forcément de liens avec le mouvement ». La mairie les accuse de squatter des logements ou d’attiser les réactions de groupes d’extrême droite comme si l’extrême-droite ne s’attisait pas elle-même et ne grimpait pas sur le mur de l’Etat de sécurité pour lequel le spectacle du désordre est toujours la meilleure arme pour démontrer sa légitimité permanente.

Les militants d’extrême-droite ont un rôle précis dans la partition, démontrer par leur imbécillité hyperbolique la sagesse des forces de l’ordre, prouver par l’absurde que l’inspecteur Harry est bien un type sympa, même quand il cogne.

Le scénario est toujours le même. Une voiture sombre et des hommes armés vêtus de noir qui frappent des migrants à la barre de fer, au poing américain, parfois avec des couteaux. Mme Bruand rappelle que « des dizaines de personnes ont été tabassées à Calais avec notamment des barres de fer, provocant plusieurs fractures » ces derniers mois. Visiblement, plus de 1700 CRS et gendarmes n’ont rien vu, rien su.

C’est justement en flagrant délit de ce type d’agression que sept hommes ont été interpellés à Loon-Plage (Nord), près de Dunkerque, dans la nuit de mercredi à jeudi. Ils venaient de blesser quatre migrants kurdes irakiens. « Ces sept hommes ne partagent pas vraiment de points communs, hormis le mobile idéologique de leur acte », souligne le procureur de Dunkerque, Eric Fouard. « Ceux qui viennent de Calais ou ses environs sont proches ou membres de Calais idéoscope », un rassemblement qui se proclame, sur sa page Facebook, « libre d’être patriote ».

Le 6 février, date évidemment choisie au hasard, une manifestation avait été organisée malgré son interdiction par la microscopique branche française de Pegida (acronyme de « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident), rejointe par le général Christian Piquemal, ancien commandant de la Légion étrangère. Arrêté, l’ancien membre du cabinet militaire de trois premiers ministres socialistes au début des années 1990 (Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy), l’ancien patron de la Légion étrangère entre 1994 et 1999 et l’ancien président de l’Union nationale des parachutistes (UNP), jusqu’en 2014, cet ancien là, 75 ans au compteur était devenu le héros de la droite libérale-racialiste ou racialo-protectionniste.  Or le mouvement d’où sont issus les 7 était représenté lundi 8 février au palais de justice de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) où ont été jugés en comparution immédiate des porteurs d’armes arrêtés autour de la manifestation interdite

Le préfet du Pas-de-Calais Fabienne Buccio a annoncé, vendredi 12 février, qu’elle donne une semaine aux migrants qui campent dans la partie sud du bidonville pour quitter les lieux. Entre 800 et 1 000 personnes, installées sur 7 hectares dans des tentes ou des cabanes, seraient concernées. Dès janvier, elle a entamé la réduction du campement. Tentes et abris ont été évacués sur une bande de 100 mètres, officiellement pour créer une zone tampon entre le bidonville et l’autoroute et séparer les migrants des premières maisons.

Le CAP, qui jouxte le bidonville, est une structure composée de 1 500 places d’hébergements dans des conteneurs chauffés, alignés et empilés derrière des grillages. Une première moitié des places a été remplie ces dernières semaines par des Afghans et des Syriens dont les tentes ont été démontées. L’autre moitié sera disponible à compter de samedi pour ceux qui sont à leur tour appelés à quitter leurs abris et ne veulent pas partir ailleurs en France. Les CAO, eux, sont des centres plus ou moins improvisés dans 70 villes de France, où près de 2 500 migrants ont choisi d’aller passer l’hiver, afin de réfléchir, selon la novlangue actuelle, à leur projet migratoire. Les premiers d’entre eux ont été ouverts en octobre 2015.

Si son plan fonctionne, il devrait rester dans la lande, hors ces camps « officiels », un peu moins de 1 000 personnes, il sera alors temps de constater qu’il n’y aura pas un camp mais deux. .

Le Monde / BAM

 «la philosophie est devenue « pour tous ». Je n’ai rien contre le fait de l’ouvrir, mais encore faudrait-il pouvoir de temps en temps la fermer. L’état de la philosophie française, dans laquelle les critères du journalisme prévalent – livres vite écrits, vite publiés, vite oubliés, l’absorption des livres de philosophie dans la catégorie essais voire dans celle du roman – est telle que son enseignement le plus classique, celui que donnaient les universités et le lycée, a quasiment disparu. Le philosophe médiatique n’est plus l’exception, mais la règle. On le voit bien dans l’obsession de nos contemporains pour les questions de la vie pratique et « ordinaire », de l’éthique. Mais celle-ci ne doit surtout pas se fonder sur des principes, des règles, ou des impératifs. Elle doit être toujours particulière, quotidienne, attentive aux situations, aux individus, aux cas. La casuistique a remplacé la morale ; le care et la sollicitude ont remplacé les devoirs. Tout comme déteste les règles, on déteste les professeurs, qui furent les maîtres de la République. Mais ce n’est sans doute pas nouveau.  Comme le disait le grand sociologue Maurice Halbwachs : « L’organisation pédagogique nous apparaît comme plus hostile au changement, plus conservatrice et traditionnelle peut-être que l’église elle-même, parce qu’elle a pour fonction de transmettre aux générations nouvelles une culture qui plonge ses racines dans un passé éloigné…. les hommes de la Renaissance, par hostilité vis-à-vis de la scolastique, n’ont pas retenu de l’enseignement médiéval ce qui méritait d’en être conservé, le souci d’une forte culture logique, et ont ainsi frayé les voies à une culture purement littéraire, gréco-latine, qui cherche à former surtout des écrivains diserts, des maîtres d’éloquence, des causeurs mondains.» Mais même les causeurs en question ne sont plus gréco-latins. »

Pascal Engel

Palmarès 2011-2015

Frédéric Lenoir : 2,2 millions d’exemplaires. D’après les chiffres communiqués par le cabinet GfK, il a généré, sur dix années, plus de 35 millions d’euros soit l’équivalent du salaire annuel du pilote de Formule 1 Fernando Alonso (17ème sportif le mieux payé au monde). Il a pour agent Susanna Lea, définie comme une maman en Louboutin. Son éditeur est Sophie de Closets, fille de François et agrégée d’Histoire. Elle aussi est une maman qui « a compris » que les auteurs veulent être aimés. Fredo palpe 15 % de droit d’auteur par exemplaire vendu.  Le décryptage du Da Vinci code le lance sur le marché mais sa consoeur reste sur le carreau. En 2013, il sort du bonheur qu’il intitule un voyage philosophique. Il en ressort que le bonheur c’est être soi-même dans le respect des autres. Il le fait suivre par la puissance de la joie où la joie c’est être soi-même dans le respect de la tristesse des autres. C’est le fils d’un ancien secrétaire d’Etat de VGE et d’une mère spécialisée dans les codex médiévaux, détenteur d’une thèse en sociologie des religions à l’EHESS, sur le bouddhisme en Occident. Il est rédacteur en chef du Monde des religions et producteur sur France-Culture qui est une plateforme de lancement essentielle auprès du public cultivé ou prétendu tel. Il fourguerait sa camelote au Québec, aux Pays-Bas et en Asie du sud-est où il est vendu dans les bordels.  Il est traduit, en anglais, chez Melville House. Avant son débarquement en Corse, il écrivait, « Auparavant, j’ai eu une demeure en Normandie, puis dans le Lubéron. Mais comme je venais très souvent en vacances dans l’île, où j’étais accueillie chez mon amie Nathalie Rheims à Saint-Florent et mon éditrice Nicole Lattès à Porto-Vecchio, j’ai eu envie d’avoir un endroit bien à moi. Je pense sincèrement qu’Erbalunga, loin du tourisme de masse que je ne supporte pas, est une sorte de nid idéal pour écrire et réfléchir. »

Christophe André : 1,2 millions d’exemplaires. Voici ses cinq conseils pour mieux vivre : 1. Ne nous décourageons pas. C’est l’une des grandes affaires de notre vie que de travailler à notre équilibre émotionnel. Et nous ferons régulièrement des rechutes. 2. Tout faire pour ne pas médire des gens ; et si je le fais quand même, m’efforcer de ne dire que ce que j’oserais leur dire en face. 3. Conjuguer la liberté au pluriel. Elle est un bien commun. 4. Ne jamais oublier d’être bienveillant pour soi-même. Cela facilitera la bienveillance envers les autres. 5. Et si nous en faisions moins pour vivre mieux ? Et si nous gardions du temps. Cet homme serait psychologue.

Erik Orsenna : 0,8 million d’exemplaires. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros. Il est d’ailleurs associé au capital de l’agence les rois mages. Académicien, il fut converti à l’affairisme par son grand frère, Jacques Attali. En 2006, il planche pour Suez sur l’avenir de l’eau. Conseiller en éthique d’Areva il prodigue ses merveilleux conseils au mari de Lauvergeon et à la patronne de la boîte qui va conduire le navire-amiral du tout-nucléaire hexagonal à la faillite. Membre du conseil stratégique d’Ernst and Young, escrocs certifieurs, président du prix Orange du livre et des nids d’or de la sodomie de la Fondation Nestlé (c’est mieux avec du chocolat en poudre, carnet de voyages d’Erik p. 122). Son activité de conseil infatigable lui rapporte en 2014, plus de 400 mille euros. Un seul discours de Sarkozy le pulvérise. Il est donc administrateur de trois entreprises : Carbios, Greenflex et Géocorail toutes cop21-compatibles. D’ailleurs il pontifie sur le changement climatique de tables en séminaires. Parfois il disserte, en province, sur terroirs et gourmandise, fellation et pot au feu.

Michel Onfray : 0,78. Il a pour agent François Samuelson. Sur Michel : https://bouteillealamer.wordpress.com/2015/06/11/onfray-inc-une-entreprise-francaise-suivi-de-la-mort-dun-piposophe/

Pierre Rabhi : 0,61. Idole de la gauche de la gauche. Avec son association Colibris, il fait de la publicité pour Ecover, devenu le premier fabricant mondial de produits d’entretien 100% écologiques. Parmi les membres de sa fondation : François Lemarchand, fondateur de Nature et Découverte, 472e fortune de France, Charles Kloboukoff, président fondateur du groupe Léa Nature, Jacques Rocher, actuel « Directeur du développement durable et de la prospective » du groupe Yves Rocher, 26eme fortune de France avec sa famille, selon le magazine Challenges. Dans le comité exécutif de cette fondation Rabhi, on trouve le directeur général du WWF, Serge Orru, qui est un grand spécialiste du « Greenwashing » et du partenariat avec de grandes entreprises.

L’association vit grâce à ses adhérents et donateurs mais aussi aux souscripteurs du livret Agir mis en place par le Crédit Coopératif, banque « éthique et solidaire ». « La CGPI a convaincu le Crédit coopératif d’intégrer, parmi les bénéficiaires de son Livret de partage Agir, l’association Terre et Humanisme, fondée par son ami et mentor Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur français. L’association reçoit 350 000 € de dons annuels par ce Livret, via 4 300 souscripteurs. Soit autant de clients potentiels pour Josette Amor. ». Josette Amor est membre de Finansol (en tant que personne qualifiée).« Fondée en 1995, Finansol est l’association professionnelle qui fédère les organisations de finance solidaire en France que sont les financeurs solidaires et certains établissements financiers distributeurs de produits de partage et d’investissement solidaire. Sa mission et de promouvoir et de valoriser le principe de solidarité dans l’épargne et la finance, de développer la collecte d’épargne solidaire et l’emploi d’investissements solidaires, de garantir la solidarité et la transparence des placements financiers labellisés (cf. infra — Le label). » On trouve parmi ses membres l’ensemble des grandes banques comme la Banque Populaire, BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Lyonnais, la Banque Postale.

Il dispose, avec ses disciples de Terre et Humanisme ou pour un pétainisme de gauche, d’une ferme dite expérimentale en Ardèche, le Mas-de-Beaulieu, qui repose, en grande partie, sur une main d’œuvre gratuite.  En effet, 175 stagiaires (Pour un stage d’initiation à l’agroécologie d’une durée de 5 jours, le prix minimum est de 350 euros, mais si on le souhaite, on peut payer davantage. Prenons le tarif du stage le moins onéreux et multiplions-le par le nombre de stagiaires reçus par an : 175 X 350 = 61 250 + 3 200 d’adhésion obligatoire + le temps de travail) et 150 bénévoles (à raison de 10 jours X 6 heures par jour X 150 personnes = 9 000 heures de travail gratuit par an) interviennent à l’année sur ce petit terrain d’un hectare.

A ce jour la dite « ferme expérimentale » n’est absolument pas autosuffisante mais Pierre Rabhi vend ses livres.

Alexandre Jollien : 0,6. « La vie est un laboratoire. En montrant le laboratoire tel qu’il est, je rappelle que l’on n’est pas dans une carte postale, celle d’un philosophe qui a surmonté son handicap, qui a une famille, qui écrit des livres… J’ai beaucoup souffert d’angoisses. J’avais peur d’attraper le sida au point de ne pas pouvoir toucher les poignées de porte par exemple. L’anxiété est un laboratoire. Le feu émotionnel aussi. Le lieu de la libération est là. Depuis que je suis en Corée, j’ai beaucoup moins peur. Je me suis aussi libéré de l’armée de médecins qui m’entourait en Suisse. L’ascèse, une forte hygiène de vie m’ont libéré de certaines tutelles. ». L’Éloge de la faiblesse, publié en 1999, est vécu comme un « grand saut », dans l’écriture et le dialogue avec un public, et obtient à la fois le Prix Mottard de l’Académie Française et le Prix Montyon de litttérature et philosophie, pour « l’ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs ». Cette réception très positive aboutira aussi, entre autres effets, à la mise en scène de Charles Tordjman, en 2007, au Théâtre de la Manufacture à Nancy.

Eric Zemmour : 0,59. Sur Zemmour : https://bouteillealamer.wordpress.com/2014/10/23/zemmour-la-droite-et-le-pseudo-darwinisme/

Matthieu Ricard : 0,55, ce fils bouddhiste de Jean-François Revel disait « la consommation, ce n’est pas seulement aller au supermarché, c’est aussi la recherche d’un bonheur hédonique, l’importance donnée à l’image et au matérialisme. Les personnes les plus portées sur la consommation sont les moins heureuses, en moins bonne santé, elles ont moins de vrais amis et sont plus obsédées par la mort. Je parle d’un bonheur eudémonique, avec un sentiment d’accomplissement et de plénitude, plutôt que la poursuite d’un plaisir incessant. On va dire que je suis un imbécile parce que je suis plus heureux dans mon ermitage sans chauffage que dans un appartement luxueux, mais c’est vrai ! ». Ses lecteurs continuent à alimenter leur chauffage.

Jacques Attali : 0,49. Il a pour éditeur Sophie de Closets. Intervenant pour Speakers Academy, qui a des bureaux à Paris, Rotterdam, Barcelone, Berlin et Hong Kong, et propose les services de 2 000 conférenciers français – du diplomate Hubert Védrine à la navigatrice Maud Fontenoy.

Il prend au-dessus de 10 mille et laisse tomber le reste. Il est pulvérisé par Bernard Kouchner qui palpe au-delà de 40 mille euros par conférence. En effet, les agences américaines ont l’exclusivité d’orateurs prestigieux – Bill et Hillary Clinton, Larry Summers, Robert Reich, Carly Fiorina, etc. – et les classent par fourchettes de tarifs. Les deux seuls Français du Washington Speakers Bureau – Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner – appartiennent à la catégorie 6 : plus de 40 000 dollars, et ce n’est que le prix d’appel.

En 1982, Jacques Attali s’est fait prendre la main dans le sac du vieux Jünger. Certains passages de l’«Essai sur le temps» de l’écrivain allemand ont été purement et simplement recopiés dans les «Histoires du temps». Et les journalistes enquêteurs de l’époque avaient également remarqué des démarquages tout aussi peu discrets de textes de Jacques Le Goff ou de Jean-Pierre Vernant. Après une tentative d’explication très médiatisée, Jacques Attali lâcha avec un bel aplomb: «Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse.». En 1993, nouvelle affaire, L’objet de la polémique tient principalement dans la publication de notes prises lors d’entretiens à l’Elysée, entre François Mitterrand et différents interlocuteurs, dont Elie Wiesel, prix Nobel. L’éditeur de ce dernier, Odile Jacob, affirme que quarante-trois passages de ce qui devait devenir un livre de conversations entre le président et le prix Nobel ont été reproduits dans l’ouvrage de Jacques Attali, Verbatim, alors conseiller du président. «Il a gardé le texte, mais il a changé les lieux et les dates, commente Elie Wiesel dans «Libération», et, surtout, il fait croire que ce sont des propos tenus pour lui et recueillis par lui, ce qui est doublement inexact.». D’autres interlocuteurs de François Mitterrand, dont les conversations sont aussi reproduites dans le livre (Jack Lang, Robert Badinter, Pierre Mauroy et Laurent Fabius), affirment aussi que leurs propos ont été déformés.

Comme l’a dit François Mitterrand,  » Ce monsieur est un petit épicier. Je me suis trompé ».

Charles Pépin : 0,38. Il participe aux beauty talks de l’Oreal, lui aussi est très joyeux.

Michel Serres : 0,35. Peut-on, de plus, accuser nos penseurs français d’ignorer les mathématiques et la physique ? Michel Serres, qui allie aux talents du philosophe ceux du marin, du mathématicien et du rugbyman, ne peut être soupçonné d’ignorer ces disciplines.

André Comte-Sponville : 0,248. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros, moitié moins qu’Hubert Védrine. Grand spécialiste du discours en entreprise, il oscille entre le bonheur au travail et les moyens d’obtenir des salariés la motivation. Il considère que le métier de faire travailler les autres est vraiment difficile. Sa société l’Art de conférer affiche un bénéfice de 129 mille euros. Il travaille aussi pour le publicitaire Nicolas Teil de ConfAnim où il voisine avec l’ex-secrétaire d’Etat Madeleine Albright ou l’économiste Jeremy Rifkin.

Alain Finkielkraut : 0,247. Il perçoit 800 euros par émission sur France-Culture. Retraité de Polytechnique, marié à l’avocat d’affaires, Sylvie Topaloff, il  a mené son petit bastringue au port. Ses amis sont les suivants : Denis Olivennes, François Pinault, Patrick Drahi, Serge Weinberg, Eric de Rothschild, Olivier Merveilleux du Vignaux.

Échappé de l’Ulysse de Joyce, il poursuit chaque semaine le monologue intérieur de Léonard Bloom dont il est une incarnation post-moderne.

Selon Elisabeth Lévy, les adversaires de Finkielkraut seraient des « ânes et ânesses à carte de presse » car les autres n’existent pas. Les ennemis du « Rabbi » seraient gonflés de fiel et se répandraient en « détestation vociférante ». Ils le calomnient, caricaturent sa vision du monde et l’insultent car les ennemis de ce grand homme sont méchants. Finkie n’aurait été atteint que par les attaques basses pourtant comme le disait Beaumarchais il n’y a que les petites gens qui craignent les petits écrits, même émis d’une planète groupusculaire. C’est donc un écrivain de combat, un éveilleur d’âmes engagé dans la lutte contre le saccage « pseudo-progressiste » car on ne sait jamais il peut y avoir des lecteurs de gauche embusqués qui lisent Causeur donc Babeth insiste sur le pseudo, son camp incarnant le vrai progressisme voire le vrai progrès, on ne sait plus trop.

L’Académie Française qui distribue des épées en toc est une sorte de place forte d’où lancer l’assaut final, dès lors il est bon que Finkie l’occupe dans la position de l’inquiet tandis que Carrère d’Encausse pourra s’en prendre aux polygames et Jean-François Revel à la parade des gauchos, bien qu’il soit mort car un immortel ne meurt jamais c’est même pour ça qu’on lui offre une épée : son sexe est en berne mais son âme est éternellement brillante dans le vide de l’infini terrifiant.

Une inquiétude « fondamentale » guide la plume et la pensée du professeur-lieutenant français, les autres inquiétudes étant superfétatoires. Aude Lancelin qui  a conduit l’entretien entre Finkie et Badiou dont les éditions Lignes ont fait un livre est une péronnelle servile envers ses maîtres parce qu’elle ose écrire que l’identité malheureuse est « d’une grande faiblesse intellectuelle ». Puis vient le tour du manieur de crachats et intermittent de l’antisémitisme Aymeric Caron qui l’a peint en Philippulus, ce qui encore une fois démontre que l’Inconscient de ce Monsieur est encombré.

Contre Finkie, tous les coups sont permis dit-elle. Quand Léon Poliakov écrivait de Gilles Deleuze qu’il était un antisémite patenté, on était bien entendu dans le débat à fleurets mouchetés.

La faute de Finkie est ailleurs et elle est politique. En effet, il écrit « ce qui s’esquisse face aux gros bataillons du nouvel antiracisme, c’est la communauté de destin inattendue des « sionistes » et des « souchiens ». D’une part, il n’y a pas d’autre communauté de destin que celle du combat si bien que toute alliance est conjoncturelle et ne concerne en aucun cas la destinée de chacun, tout au plus celles de groupes fantasmés. Tant qu’on n’a pas défini une menace principale, on n’a rien dit, rien fait. Ensuite dans l’opposition qu’il trace entre souchiens/sionistes et gros bataillons, il indique une fracture racialo-idéologique. L’adversaire est indistinct, ce n’est pas seulement la gauche mais aussi le délinquant afro-maghrébin à capuches et le tenancier de kébab voire Pierre Perret chantant Lily, c’est la tournure paranoïaque de la pensée Finkie.

« Je ne sais pas si en 2005 vous vous souvenez d’un article de Marion Van Renterghem. C’était La Courneuve, cité des 4 000. Elle rencontre une femme, Catherine C. Une femme de 40 ans, assez élégante. Cette femme dit son désarroi à La Courneuve. Elle en a assez de ne parler à personne, de croiser des femmes voilées qui ne la regardent pas, d’entendre le Coran à fond les cassettes, qu’on la regarde d’un drôle d’air si elle fume pendant le ramadan. Et surtout, elle se sent de plus en plus isolée et elle a cette phrase : “C’est difficile de devenir une minorité chez soi vous savez.

Je ne suis certainement pas devenu identitaire, mais, depuis peu, je m’interroge sur l’identité française. Jusqu’à une date très récente, la France, je n’y pensais pas plus qu’à l’air que je respire. Français, je l’étais par la langue, par l’école, par la littérature : c’était une évidence. J’étais reconnaissant à mon pays des possibilités qu’il m’avait données d’être ce que je voulais être, mais je me définissais politiquement, et non nationalement : dans ma période progressiste, comme dans ma période antitotalitaire, l’universalisme était ma patrie.

J’ai été brutalement renvoyé à mon identité par ceux qui, de plus en plus nombreux, déclarent leur hostilité au pays d’accueil et par le défi à nos valeurs et à nos moeurs que représentent leurs références et leurs usages. Aussi le Front national gagne du terrain parce que la gauche a laissé tomber Catherine C et Alain F. Parce que c’est ce parti et un ancien militant fasciste, apôtre jusqu’à son dernier souffle d’une Europe païenne, qui ont pris en considération le malheur de cette femme et partant le mien car je suis une femme, quelque part et Marine est ma sorcière bien aîmée, Dom Venner, mon révélateur.

Quand le cybercafé s’appelle Bled.com et que la boucherie ou le fast-food ou les deux sont halal, ces sédentaires [les autochtones] font l’expérience déroutante de l’exil. Quand ils voient se multiplier les conversions à l’islam, ils se demandent où ils habitent. Ils n’ont pas bougé mais tout a changé autour d’eux. Car tous ne meurent pas mais tous sont touchés, c’est la peste, les gars. Nous sommes au confluent de deux épidémies : une immigration que nous ne savons plus maîtriser, et qui débouche, en France, sur une crise aiguë de l’intégration, et un processus démocratique, lui-même incontrôlable, qui en vient à aplatir toutes les hiérarchies. Au nom du principe de  » non-discrimination « , la France plonge voluptueusement dans l’océan de l’indifférencié. Au prétexte de lutter contre les discriminations, on renonce à l’assimilation, cette vertu fantasmatique de la civilisation française qui m’a permis d’être français sans m’empêcher d’être juif mais ne permet pas facilement d’être français et musulman, faut bien le dire sans le dire c’est pour ça que je suis structurellement hypocrite.

Singulier quand je suis juif, universaliste standard quand je suis français, tolérant quand je cause des muzzs selon les grands principes de l’antiracisme et de 1789. Aussi je suis bien obligé de vous concéder, « l’islamophobie véritable consisterait à dire : votre religion est incompatible avec notre identité, vous n’avez rien à faire ici », le genre racisme ethno-différentialiste, c’est pas poli de dire des choses pareilles.

Dans les faits, l’universalisme français a ses limites parce qu’on n’entre pas en francité comme on entre en religion catholique, apostolique et romaine. Une nation c’est pas une classe de collège, ni une nef d’Eglise avec salut à l’est, c’est un destin, une vie continuée pour laquelle des gens sont morts. On ne meurt pas pour une langue, une école ou des bouquins, on meurt pour une sale question d’honneur qui tient aux tripes et parfois on se dézingue entre compatriotes. Une nation, ça pue le charnier, c’est à ses cimetières et à ses Institutions qu’on la reconnaît, aux cuisses entrouvertes de ses femmes aussi. Pour résumer une nation c’est une érotique collective de la vanité.

En clair et en décodé, une nation n’a rien à avoir avec la vérité mais moi Finkie je dis que non, j’suis oppressé par les kébabs, les voitures, les bibliothèques, les crèches, les collèges brûlés et les minarets.

L’assimilation a été remplacée par l’intégration, puis, aujourd’hui, par la  » société inclusive « , concept introduit dans un rapport du conseiller d’Etat Thierry Tuot. Ce fonctionnaire lyrique oppose, à une France repliée sur  » la célébration du village d’autrefois « , la diversité de ses sources de peuplement et la magnificence de ses visages contemporains. Citant Novalis, il exalte  » l’étranger, superbe aux yeux profonds, à la démarche légère, aux lèvres mi-closes, toutes frémissantes de chants. Putain le gars devrait arrêter les back-rooms. C’est difficile de définir une nation comme on se fait enfiler, c’est un exercice qui demande un voile poétique. On voit tout de suite à quoi ça sert, généralement, la poésie, à ripoliner le sperme, le sang et la merde.

Je détesterais qu’on me dise, à l’instar de Maurras, que, Français de fraîche date, je ne peux comprendre le vers de Racine :  » Dans l’Orient désert quel devint mon ennui.  » Reste que, pour moi, être français, ce n’est pas être une composante de la diversité française. Là je m’emmêle un peu mais s’en prendre au vieux Maurras c’est toujours payant. N’empêche c’est le point de vue qui importe. Maurras a mille fois tort s’il prononce sa phrase du point de vue du fait grammatical, c’est-à-dire du point de vue du sujet, en revanche du point de vue politique-mensonger-hypocrite, je vois mal ce qu’un type hostile à la langue française qu’on ne lui a jamais enseignée correctement peut comprendre à Racine, encore moins à l’histoire française, ce qui suffit à le traiter en menace puis en ennemi, saut qu’il m’arrive d’accomplir mais saut périlleux.

Vous me direz qu’un poilu de 14 n’y comprenait pas grand-chose non plus mais qu’importe la principale menace ne consiste pas à traiter les hommes, la Terre et les cieux en dépotoirs et en matières premières dépourvus de toute parole mais à entendre ici-même des trucs sans rimes ni raisons, un salmigondis consumériste et vide de sens naviguant en survêtement un wesh lâché toutes les 10 secondes, smartphone en main et du tétrahydrocannabinol plein les synapses.

Je ne suis pas un Français de souche et, déjà, je suis français autrement que mes parents étaient juifs. Réécrivons cette phrase en explicitant ce qu’elle implique : je ne suis pas un Français biologique de souche et, déjà, je suis français autrement que mes parents étaient juifs biologiques. Même Alain de Benoist du temps de la sociobiologie en folie et des indo-européens à la une n’aurait pas osé. Le champ magnétique du frontisme, la parole souffrante de français en perdition conduisent droit aux écueils, aux affects tristes et aux délires, je devrais nager dans tout cela comme un Mao dans l’eau mais j’en suis comme emporté, cloué nu aux poteaux de couleurs, je dévale le fleuve maurrassien sans même le vouloir.

Je ne suis pas français comme l’était le général de Gaulle car je suis modeste et républicain. Au lieu de me comparer à monsieur tout le monde, je vais chercher de Gaulle, un monarque républicain, comme ça je concilie les deux France et même les trois si nécessaire. J’ai toujours en tête la phrase de Levinas sur Blanchot, auquel il fut lié par une indéfectible amitié même quand Blanchot causait en terroriste cagoulard. Pour Levinas, Blanchot était  » comme l’expression même de l’excellence française « . Levinas n’était donc pas français comme Blanchot était français, et il le savait. Faut dire que Levinas il venait de Lituanie et que Blanchot il causait latin, en famille. Je dis que si on nous interdit ce pseudo-savoir car qu’est-ce que c’est, putain, que l’excellence française ? on nous rend complètement idiots. C’est cela : l’antiracisme actuel fait de nous des imbéciles ! Au lieu d’un principe de résistance, c’est une forme de lobotomie. En fait ça l’a toujours été. Né en URSS, l’antiracisme est le frère jumeau des lois de Nuremberg.

J’oublie juste de préciser que l’antiracisme est compatible avec l’existence des libertés, qu’il en est même un adjuvant alors que le racisme ne l’est pas, mais j’embraye sur du binaire et des renversements, l’antiracisme est le communisme du XXIème siècle, j’en tremble.

Je n’aime pas ce que devient la France. Mon amour pour la France est un amour pour quelque chose de périssable, dont je sens la fragilité, mais qui n’a pas encore entièrement disparu. Je me suis retrouvé, par hasard, entre Sarlat et Brive, dans le Périgord. Je suis tombé en pâmoison devant un petit village, Saint-Amand-de-Coly, avec une église merveilleuse. Il est bon de vivre dans une France sécularisée, mais il y a une dette de la culture vis-à-vis de la religion. Le sentiment religieux a produit en France tant de beauté qu’on ne peut qu’être rempli de gratitude pour le fait de vivre ici. Là, je mouline un max dans les effluves de Chateaubriand, non ? Certains partisans du « mariage pour tous » voudraient rejeter, dans les ténèbres de la barbarie, la France des vieux clochers et du « mâle blanc hétérosexuel et catholique ». Cette attitude, ainsi que le refus de l’assimilation par un grand nombre d’immigrés et les critiques américaines de notre laïcité, m’ont amené à prendre conscience de ce que la France représente pour moi. J’ai trouvé mes quatre Etats confédérés les mecs : les pédés, les muzzs, les intellos météquophiles et les vendus aux yankees libéraux, j’ai ressuscité Maurras mais sans le dire, désormais je peux mourir à l’Académie.

Pourtant un philosophe devrait savoir que mourir couché au pied de la Croix, même repeinte aux couleurs de la France n’est pas exactement le chemin escarpé vers la vérité mais une rechute dans l’insignifiance hexagonale verbeuse morte en 1945 et ressuscitée sous Giscard.

Luc Ferry : 0,245. Spécialiste des croisières, il en fait 3 à 4 par an, parfois avec Stéphane Bern. Il est à noter qu’on lui reprocha en 2011 de ne pas faire cours à l’Université. Il tapine dans les séminaires pour 6 à 8 mille euros. Il fut l’un des rhéteurs du 68ème Congrès de l’Ordre des experts-comptables. Sur Luc les mains propres : https://bouteillealamer.wordpress.com/2011/05/31/luc-ferry-se-lache-et-balance/

Thomas Piketty : 0,23. Il a vendu le capital du XXIème siècle à 1,5 millions d’exemplaires dans le monde. Depuis l’Obs le qualifie de gourou. A comparer au discours à la pièce de DSK, entre 75 et 150 mille euros.

Quelques éléments autour de la condition intellectuelle

On compte 25 mille enseignants-chercheurs  en France : Ils perçoivent 1800 euros net/mois en début de carrière, 6 mille au maximum en fin. Ils peuvent se renflouer à l’étranger puisque les universités suisses, anglaises et américaines paient 10 à 20 mille euros pour quelques semaines de travail.

L’auteur perçoit entre 8 et 14 % du prix de vente d’un livre. Le succès est atteint avec 5 mille exemplaires, on devient un phénomène à 50 mille. Peu dépassent ce seuil. Aussi il est possible de trouver d’autres sources de revenus.

Comme le géographe Christophe Guilluy, on peut conseiller des collectivités territoriales voire, tel François Jullien enseigner l’esprit chinois au groupe belge Umicore, éventuellement jouer les paléoanthropologues chez SCOP BTP comme Pascal Picq qui officiait en compagnie de Jérôme Bonaldi.

Pascal Picq a d’ailleurs rejoint l’Association Progrès du Management de l’ancien empoisonneur en chef de Sodexo, Pierre Bellon. Il campe aussi au comité des parties prenantes de Sanofi, au sein de la communauté d’innovation de Renault avec des sujets tels que le suicide chez les Bonobos et les néanderthaliens, étude comparée, ou effectue des missions pour EDF et la SNCF.  Il plafonne à 8 mille euros bruts par mois, il en est fier, il gagne plus que ses anciens collègues et se trouve bien sapé. Il aurait pu rencontrer Matthieu Sinclair, le magicien qui bosse pour Coca-Cola, Thales, Suez, les universités d’Orange et de la SNCF où il  accueille les nouveaux embauchés ou récompense les « hauts potentiels ». Ses thèmes : les limites de la rationalité dans la prise de décision ou l’apport de la magie à la mnémotechnie.

De son côté, Raphaël Enthoven ne néglige même pas l’université d’automne de la boulangerie. On peut comme Cespedes, chroniqueur chez France-Info, donner 80 conférences par an dont une cinquantaine en entreprises pour mille à 5 mille euros la prestation.  Hà Giang est sa partenaire dans Matkaline, sa boîte qui lui verse un salaire de 1500 euros brut. Comme le dit, le patron d’une compagnie d’assurances inviter un philosophe en séminaire c’est plus smart que d’avoir Patrick Sébastien. Si on y ajoute des escort girl, ça devient parfait.

Cet univers reste très frileux, aussi bien dans le choix des personnalités que des thèmes abordés. L’an dernier, les deux tiers des demandes adressées à l’agence Plateforme concernaient trois sujets : leadership et management/esprit d’équipe, performance/adaptation au changement, nouvelles technologies de l’information. « La crise a encore renforcé le besoin de valeurs sûres, comme Jean-Pierre Raffarin, Joël de Rosnay ou l’entraîneur de handball Daniel Costantini », assure Bruno Duvillier. « Au jeune économiste de Sciences Po, Yann Algan, que j’aimerais pousser, les clients préfèrent des experts établis comme Jean-Paul Fitoussi, Daniel Cohen ou Elie Cohen », regrette de son côté Bruno Faure. Quitte à ce que les stars les plus sollicitées pour jouer les têtes d’affiche fassent parfois faux bond quand leur agenda déborde, comme Jacques Attali ou Alexandre Adler. Ou qu’elles s’impliquent peu dans leurs interventions, à l’instar de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui demeure malgré tout le chouchou des chambres de commerce.

La conférence s’est tellement généralisée qu’elle assure aujourd’hui le gros de l’activité de bon nombre de personnalités. Edgar Grospiron, premier champion de ski acrobatique dans les années 90, prendrait part à une soixantaine d’événements par an. Laurent Combalbert, ex-négociateur du Raid, en enchaîne trois à quatre par semaine. Rares sont désormais les stars qui refusent ces sollicitations, sources à la fois d’argent et de publicité. Parmi ces exceptions, l’économiste Thomas Piketty a coutume de répondre qu’il n’est « pas intéressé » quand les agences le démarchent pour étoffer leur catalogue. Ce qui ne l’empêche pas de rencontrer un énorme succès, jusqu’aux Etats-Unis

Pour les médiatiques, il existe les sempiternelles piges à la radio, à la télé, dans la presse écrite ou chez Costa Croisières et Ponant. On peut aussi jouer les têtes de gondoles chez Speakers Academy comme Pascal Bruckner, Caroline Fourest, Emmanuel Todd, Paul Jorion, Pascal Blanchard. .

On peut tomber, par hasard sur des firmes plus intelligentes mais ça ne dure jamais, l’intelligence en entreprise étant nécessairement intermittente. Ainsi Nivea a donné carte blanche à Gilles Boëtsch pour réunir une équipe autour du rapport des français au corps (l’historien Georges Vigarello, le philosophe Bernard Andrieu, le sociologue David Le Breton, la dermatologue Nadine Pomarède). Pendant plusieurs années, l’équipe se réunit tous les trimestres et leur travail aboutit à la rédaction de trois ouvrages, une revue et deux expositions au palais de Tokyo.  17 bourses de 10 mille euros furent offertes à des doctorants. La direction a évidemment mis fin à l’expérience.

Les économistes ont depuis longtemps intégré les rouages de la machine. Patrick Artus est membre du comité exécutif de Natixis, administrateur de Total et d’Ipsos, Olivier Pastré est président de la banque tunisienne IM Bank, administrateur de CMP banque, de l’association des directeurs de banque et de la commission de surveillance de la CDC. Jean-Marie Chevalier conseille Areva, EDF, Rexel, IBM ou Westinghouse.  Daniel Cohen, membre du conseil de surveillance du Monde, ancien conseiller du gouvernement grec et conseiller pérenne de la banque Lazard intervient régulièrement sur les crises de la mondialisation dans les chambres de commerce de province et à l’étranger. Il traite aussi du « bonheur au travail », comme au salon du bien-être dans l’entreprise. Jean-Hervé Lorenzi, membre du directoire de la banque Rothschild, administrateur d’Euler Hermès, du Crédit foncier et de BNP Paribas Cardif n’a « jamais vu un économiste écrire une ligne pour défendre la position d’une institution ou d’une entreprise avec laquelle il aurait des liens financiers ». En effet, il préfère défendre l’ensemble du dispositif.

L’Obs / Afis Ardèche / Le Point / Paris-Match / Elle / Le Temps / L’Humanité/ le Monde / Actusports / Mediapart/ Les Echos/BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 11, 2016

Casting (gouvernemental) avant la déroute

 

 

 

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Benjamin Girette / IP3 : Pascale BOISTARD and Alain VIDALIES present the National Plan against gender harassment and sexual violence in public transport, in Paris Gare du Nord, France on July 9th, 2015. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree791713.jpg) [Photo via MaxPPP]

 

 

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juju

 

 

estelle

 

 

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Segolene-Neuville

Fabius quitte le Quai d’Orsay sur la même absence de résultats qu’il a connue dans tous les ministères qu’il a occupés. Ou plutôt la même absence de résultats pour la position de la France dans le monde ou l’ensemble des français. Dans le premier cas, Fabius a toujours choisi la voie moyenne de feu le giscardisme. La France applique une politique qui oscille entre le pseudo-réalisme et l’histrionisme de l’idéal. Dans le second, il y a longtemps que Fabius a choisi l’oligarchie, offrant Boussac à Bernard Arnault pour le franc symbolique ou des dérogations fiscales à ceux qu’il aimait bien. Pour les autres, on connaît la chanson, elle est la même depuis Pompidou : renforcer le patrimoine, édifier la rente sous sa forme immobilière en voie sacrée à défendre et soutenir la finance coûte que coûte car c’est la modernité. Rosanvallon avait appelé cet instant, le moment Guizot, nous y végétons depuis.

Parmi ses intimes, Louis Schweitzer, PDG de Renault, Serge Weinberg, président du directoire de Pinault-Printemps-La Redoute, Charles-Henri Filippi, directeur général du CCF, et Patrick Careil, président de la Banque Hervet ou Patrick Ponsolle, ex-président d’Eurotunnel, Marc-Antoine Jamet, LVMH, Jean-Pascal Beaufret, directeur financier adjoint d’Alcatel, Lionel Zinsou, associé gérant chez Rothschild et cie, Philippe Calavia, directeur général délégué d’Air France, Jean-Dominique Comolli, PDG de la Seita. On le voit une brochette de subversifs.

Mais le cursus de Laurent Fabius sera essentiellement marqué par: l’affaire du sang contaminé qu’on peut résumer ainsi : à la fin de l’année 1984, quand des recherches montrent qu’il est possible d’inactiver le virus en chauffant des extraits du plasma, la France refuse d’importer du sang de l’étranger et des produits non chauffés sont distribués aux hémophiles porteurs du LAV, la première appellation du HIV. Or l’échange de produits sanguins entre hémophiles est une pratique courante, et des personnes atteintes du virus partagent leurs traitements avec des personnes non contaminées qui contractent le virus de cette manière.

Néanmoins, la perception du VIH doit être mise en perspective. Depuis Louis Pasteur, la médecine considère que la présence d’anticorps est la preuve que l’organisme a développé un système de défense contre la maladie : leur présence signifie donc protection. Beaucoup espéraient encore, début 1985, que les séropositifs étaient protégés de la maladie ou au moins n’étaient pas contagieux. Dans les années suivantes, il fallut se rendre à l’évidence : les séropositifs sont porteurs chroniques du virus et le transmettent.

Le professeur Montagnier lui- même s’interroge dans Le Nouvel Observateur, le 8 septembre 1985 : « Quelle est la signification exacte de cette « positivité » ? Le virus est-il encore présent malgré les anticorps ? A quoi servent ces prétendus anticorps – destinés en principe à protéger – si la maladie n’apparaît justement que quand ils sont là ? Le sujet positif est-il contagieux, transmetteur du virus ? ».

N’empêche, Dès 1984 le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta reconnait l’efficacité du chauffage des produits sanguins contre la propagation du virus. En octobre, le professeur Montagnier recommande la mesure. Il faut attendre janvier 1985 pour que le centre de la transfusion sanguine de Lille commence à chauffer les produits sanguins.

Aux Etats-Unis, le National Institute of Health organisait un appel d’offres pour la mise au point d’un test avec à la clé un engagement de pré-licence rapide du produit : ainsi, cinq sociétés américaines seulement eurent le droit de vendre des tests aux Etats- Unis. Parmi elles, Abbott, géant de l’industrie des tests de diagnostic, qui devenait le « poulain » officiel du gouvernement américain dans la course mondiale au test. Désormais, tous les coups seront permis pour l’aider à s’approprier l’essentiel du marché national et international. La tentative de Pasteur de pénétrer aux Etats-Unis en s’alliant à une des cinq sociétés retenues, Genetic Systems, sera un échec.

Une course de vitesse s’engage dès le mois de février 1985, date à laquelle deux industriels, Abbott et Diagnostics Pasteur – société industrielle de développement des découvertes de Pasteur -, déposent, à quelques jours d’intervalle, une demande d’homologation de leur test de dépistage du virus VIH auprès du Laboratoire national de la santé, qui effectue les tests préalables à la mise sur le marché de médicaments (il a été remplacé depuis par l’Agence du médicament). Deux questions se posaient pour le test Abbott. Etait-il fiable ? Existait-il en quantité suffisante pour fournir le marché français dans le cadre de la politique de dépistage systématique décidée par le gouvernement le 19 juin 1985 ?

Or la firme américaine a constamment présenté de manière fallacieuse les caractéristiques réelles de son test : elle cherchait avant tout à obtenir le contrôle total du marché. Ainsi, pour obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA) et signer un accord d’exclusivité avec la Croix-Rouge américaine, qui lui assurait l’hégémonie commerciale sur le marché américain, Abbott a présenté en janvier 1985 des résultats « parfaits », qui sont tronqués et bien peu reproductibles. Personne ne s’inquiète du fait que seuls 93,4 % des malades sidéens avérés, et donc probablement porteurs de grandes quantités d’anticorps, sont détectés par le test, alors que la sensibilité annoncée dans la notice d’utilisation était de 97,5 % à 100 %.

De nombreux documents et articles scientifiques démontrent  que le test Abbott était de mauvaise qualité. Ses faiblesses portent non seulement sur sa mauvaise spécificité (nombre élevé de faux positifs), qui était connue en France dès février 1985, mais aussi sur sa faible sensibilité, c’est-à-dire son incapacité à détecter tous les porteurs de VIH (faux négatifs). Plusieurs personnes ont d’ailleurs été contaminées aux Etats-Unis par des échantillons sanguins pourtant testés négativement par le test Abbott. De plus, la reproductibilité des performances du test Abbott d’un lot à l’autre est faible.

Le 9 mai 1985, une réunion interministérielle présidée par François Gros (ex-président de Pasteur), conseiller de L. Fabius retarde l’enregistrement du test Abott. L. Fabius dira qu’il n’a pas été informé de la gravité et de l’urgence de la situation. Louis Schweitzer était alors son directeur de cabinet. On peut se demander si la séquence est réellement celle-ci.

En effet, le test Diagnostics-Pasteur est de bien meilleure qualité, comme le confirment les tests pratiqués aux Etats-Unis fin 1985 et en 1986, notamment par la Croix-Rouge américaine. Sa sensibilité est ainsi bien meilleure puisque le test Pasteur détecte plus de sujets porteurs du virus que celui d’Abbott. Pasteur utilise une technique moderne automatisable. La Croix-Rouge américaine confirmera le 7 octobre 1986 que, même après les modifications demandées, les performances du test Abbott restent mauvaises par rapport à celles de son concurrent.

Le test de Diagnostics-Pasteur avait de plus l’avantage, fin février 1985, d’avoir été déjà évalué avec succès en France. Il pouvait donc être enregistré immédiatement. Mais le lobbying agressif de la firme américaine entraînera la mise en place d’un essai comparatif à grande échelle de l’ensemble des tests industriels. Or Diagnostics- Pasteur pouvait commencer à livrer des tests en grande quantité dès le 15 avril 1985. Le directeur de Diagnostics-Pasteur, M. Jean Weber, préconisa alors vainement un scénario à l’américaine : autorisation immédiate de son seul test avant même que sa société soit capable de fournir 50 % du marché français. Le dépistage serait recommandé (comme en Allemagne et aux Etats-Unis) mais non rendu obligatoire : la précocité de la mesure avait pour corollaire une montée en puissance progressive.

C’est un tel scénario qu’aurait choisi le gouvernement français s’il avait eu pour objectif principal de favoriser les intérêts de la société Diagnostics-Pasteur. Mais, à partir de la réunion interministérielle du 14 mai 1985, la décision est prise de s’orienter vers un dépistage systématique de tous les dons de sang, et donc de ne pas autoriser les réactifs avant début juillet, pour que tous les produits sanguins puissent être testés simultanément.

Le test Diagnostics-Pasteur sera certes agréé fin juin 1985, soit un mois avant le test Abbott, mais tous les tests industriels concurrents seront sur le marché et également remboursés le 31 juillet 1985, date du début du dépistage obligatoire. Et Abbott prendra environ 50 % du marché français.

Laurent Fabius considère cette affaire comme sa « plus grande épreuve ». « C’est un malheur épouvantable pour les personnes touchées et même si ma mise en accusation était totalement injuste, la justice l’a reconnue, il était hors de question compte tenu de la douleur que je me prévale de quoi que ce soit », a-t-il lancé. « La justice a dit que monsieur Fabius était innocent et qu’il avait pris les bonnes décisions (…) Pendant dix années, cela a été très pesant et j’en parle encore avec beaucoup de réserve », a-t-il ajouté.

Dans les faits, il ne s’agissait pas d’un malheur mais d’ une accumulation d’irresponsabilités professionnelles et politiques car sous le prétexte de choisir le plus efficient des diagnostics voire de soutenir l’industrie française du vaccin, on a laissé s’écouler des lots non-chauffés en pensant, sans doute, que les dégâts seraient minimes. C’est la théorie du dommage collatéral appliquée à l’ingénierie d’Etat.

Mais cette accumulation d’irresponsabilités est aussi un aveuglement devant la technoscience, aveuglement que poursuit Laurent Fabius en se plaçant à la tête de la COP 21 pour un monde meilleur, car n’en doutons pas, Fabius suppose que le monde sera meilleur et, corollaire, affirme qu’il en connaît le chemin. Evidemment, il en néglige les détails comme pour l’affaire du sang contaminé. Le monde meilleur ne connaît pas les ornières et les travers, il n’agit qu’à la grosse truelle des maçonneries à prise rapide comme une coulée de béton en continu. Pour un père incapable de raisonner son fils, un peu plus d’humilité serait de rigueur mais Fabius fut le plus jeune premier ministre de France et l’impossible revenant. Il était la promesse du mythe errant, il en est le déchet.

Aveuglement devant la technoscience et accointance permanente avec les entrepreneurs. Selon Marie-Ange Poyet, Mérieux, continua tranquillement à destocker tous ses lots de produits sanguins sans les chauffer. Le firme ne pouvait pas ne pas savoir, et a envoyé malgré tout des milliers de lots dans des pays lointains ou proches, en tout cas des pays périphériques, Tunisie, Grèce, Irak. Elle en a identifié 11. Elle dit que des enfants sont morts, pas grave Fabius répondra aux questions prioritaires de constitutionnalité, c’est désormais un sage.

RTL / RTS / Philippe Froguel/ Le Monde/ BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 11, 2016

Folklores français du pet de déshibernation à l’académie

 

 

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Académie Française : Entreprise de taxidermie littéraire impulsée par Richelieu. S’y préparer.

Action Française : débris de ce qu’elle fut. A noter qu’une branche canadienne du mouvement maurrassien fut fauchée en plein vol par la condamnation pontificale de 1926.

Adaptation : Si la vie était une question d’adaptation, nous serions encore des bactéries.

Agrariens : Nobliaux enrichis par la vente des biens nationaux, un réseau d’hommes de paille ou le milliard des émigrés de 1825. A la suite de la crise de 1846, ils préconisent le retour à la Terre. Ils seront les fers de lance du premier syndicalisme agricole, à cheval sur le second Empire et la Troisième République. Bien entendu, ils formeront la colonne vertébrale du projet vichyste de Corporation paysanne.

Allemagne : Les fourmis allemandes ont coulé la zone euro. En 2010, l’association des exportateurs allemands fanfaronnait, « nos principaux arguments de vente ce sont la qualité et l’innovation ». Dans les faits, la tricherie, la corruption et le cynisme apportent aussi leurs contributions respectives.

Amérique (Etats-Unis d’) : Les américains se demandent, parfois, « pourquoi la France ? » Les réactionnaires se demandent toujours par quel mauvais tour de l’Histoire, les uns sont hégémoniques et les autres décadents. Orgueil et mépris accueillent le nom d’Amérique comme le manteau d’Arlequin d’un examen de conscience. Finalement, le réactionnaire se pose la même question que certains américains, mais en plus nombriliste. Pour des raisons inexpliquées, Alain Finkielkraut prétend que l’Amérique est indemne face à la naissance, au développements et aux effets post-mortem du nazisme

Anti-Lumières : Les sources de la pensée contre-révolutionnaire sont nombreuses. Pour de Maistre, l’esprit de la Révolution serait un amour malheureux de la noblesse ; l’Histoire, de la politique expérimentale ; la métapolitique, ce qui échappe à la politique expérimentale, la chose « en soi » qui réintroduit l’ectoplasme de Dieu dans le cours du temps. A ces thèses contre-révolutionnaires s’oppose le jeu des analogies de l’empirisme organisateur de Maurras qui consiste, entre deux constats, à faire émerger une vérité générale. Il trouve le modèle de ce dogme de la ressemblance chez Sainte-Beuve.

De Rousseau à Pascal, le chemin va à reculons mais ne cesse de dire la même chose puisque « l’art de bouleverser les Etats…c’est un jeu sûr pour tout perdre ». A contrario de cet immobilisme, Burke, demandera de tirer le meilleur parti des matériaux existants. Aussi il attribue à l’intellectualité des Constituants, l’idée de table rase et l’abstraction des échafaudages révolutionnaires. En effet, les droits de l’Homme se présentent comme un frein au pouvoir politique. Seulement, ils ne permettent pas de distinguer entre un gouvernement despotique et un autre qui respecte les libertés aussi les droits ainsi conçus entretiennent l’illusion de la mise à feu et le prurit de l’incendie. Plus tard, mais dans le même esprit, Tocqueville opposera le mode d’action de l’écrivain et de l’homme d’Etat. La vertu de l’un étant le vice de l’autre.

Mais le contre-révolutionnaire est aussi un antiquaire, un érudit, il n’est pas systématique. Sa cible, c’est le culte du progrès qui désarme toute morale de l’action. Le grand cauchemar c’est l’enfant qui court après le wagon de tête, en implorant qu’on lui laisse enfin une place de peur de camper parmi ces congénères, ringards et autres moisis.

Arabe : Ne jamais dire crouille, bicot, raton, petit gris mais le penser très fort. Souhaiter son éradication, la prêcher parfois. L’arabe est racailleux de nature, il est le parfait antonyme de l’honnête homme, la figure sur laquelle cracher, le type à exécrer. Si c’est une femme, sa sensualité orientale échappée d’une danse du ventre peut parfois attirer. Il est donc symptôme et matrice de tout le mal dans le pidgin réactionnaire standard, ce qui maintient, en retour, la fascination pour cet être fantasmatique

Arabes chrétiens : Leur abandon serait le symptôme d’une démission identitaire

Argoud (colonel) : « le renseignement est obtenu à n’importe quel prix. Les suspects sont torturés comme les coupables, puis éliminés si nécessaire »

Baby-krach : cri doloriste des lapinistes

Banalité du mal : Cette notion introduite par Hannah Arendt à propos du cas Eichmann ne tient pas debout. Il n’y a aucune banalité du mal mais une inclination différentielle à en jouir de manière consciente ou non selon les individus et à la faveur de situations d’exception ou de guerre.

Barreau J-C : Ancien président du conseil d’administration de l’INED, selon ses dires il y avait au milieu des années 1990, 8 millions de musulmans en France.

Christianisme (vu par les néo-païens) : Contempteurs de toutes les raisons de dire oui à la vie. Il choisit le pauvre contre le riche, le corrompu repenti contre le juste, l’homme de rien contre le maître du monde, l’affligé contre le joyeux, le simple d’esprit contre le docte, le sophiste crucifié contre Dionysos.

Chômage : En 1970, 300 mille personnes étaient inscrites à l’ANPE, en 1976, la barre des 1 million est atteinte pour atteindre 2 millions dès 1983. Ce phénomène s’accompagne d’une dévalorisation des formations dites techniques des jeunes et d’une obsolescence des qualifications acquises. Ainsi, dès 1993, 44 % des plus de 55 ans étaient sans emploi

CIDAS : Organisation de la nouvelle droite italienne, elle allait réunir des évolistes mais aussi des néo-libéraux tels que Sergio Ricossa, admirateur de Louis Rougier. En 1974, le colloque se réunit autour de Jacques Médecin, alors maire de Nice. On y croise le conservateur allemand Armin Mohler mais aussi Alain-Gérard Slama sans oublier Louis Pauwels avant sa conversion.

Connaissance : Dispersée, fragmentaire et sans horizon de totalisation, elle n’a aucune consistance propre c’est pourtant sur cet édifice bancal qu’Hayek va bâtir son apologie du libre marché. Il suffit d’imaginer une langue qui se formerait selon le récit épistémologique du sieur Hayek, elle ne prendrait jamais.

Contestationnaire (univers) : Dans cet ouvrage mai 68 se réduit à une révolte contre le Père-Juif, à partir d’une analogie entre judaïsme et christianisme et discours bourgeois et discours révolutionnaire.  L’étudiant contestataire achèverait son parcours par une identification à la mère sadique-anale  au cours d’une sorte de transe antisémite autour de l’objet de sa haine. En finir avec mai 68 reviendrait donc à en finir avec l’antisémitisme et l’impureté (anale) de l’argent, ce qui revient à confondre le juif, le bourgeois et l’argent (l’Amérique ?).

Contrat à durée indéterminée : Il ne devient la norme qu’entre 1950 et 1970 à la faveur du quasi-plein emploi. On pourrait le définir comme un contrat qui dure tant que le patron ne l’interrompt pas.

Crime of obedience : notion dépourvue d’intérêt. Le crime ne réside pas dans l’obéissance mais dans l’assentiment à l’acte criminel

Démocratie (haine de la) : Sous prétexte que l’égalité naturelle des hommes se traduit par l’attribution des mêmes droits et compétences à chacun d’entre eux, cette même égalité conduirait au collectivisme sous les deux formes du socialisme d’Etat et de la dictature.

Démocratiques (passions) : Entraînements borgnes de majorités passagères qui par un bricolage électoral sont la fiction de la continuité d’une nation ou d’un collectif.

Dénaturalisation : La procédure était recommandée, dans un rapport de 1986 destiné au ministère des Armées, par Dupâquier, Bourcier de Carbon et Evelyne Sullerot.

Dépopulation (Alliance française contre la) : Agence lapiniste. On y retrouve Jean-Yves Le Gallou, Michel de Rostolan et le dénommé Bourcier de Carbon

Disparition : quand vous passiez chez nous, vous franchissiez un mur duquel vous pouviez très bien ne pas revenir et personne n’aurait pu dire où vous étiez.

Dupâquier Jacques : Démographe délirant pour lequel le vieux ethnique issu du paléolithique dominait dans la France des années 1980

Egalitarisme : tentative, vouée à l’échec selon Louis Rougier, d’égaliser les conditions à l’arrivée.

Elite : Pour tout homme de droite, ce problème passe avant celui du peuple.

Estoup (capitaine) : Monsieur le président, en langage militaire on dit faire du renseignement, en langage du monde, on dit presser de questions, en français, on dit torturer

Exactions : elles « restent accidentelles lorsqu’elles sont sous la menace de sanctions graves mais elles se multiplient avec une effrayante rapidité lorsqu’elles sont tolérées sinon approuvées par le commandement »

Exception (état d’) : petite enclave du temps de guerre dans le temps de paix devenu out of joint

Endettement : En 1973, 38 % des ouvriers accèdent à la propriété mais les 2/3 d’entre eux ont un endettement qui atteint la moitié de la valeur de leur logement.

Euro : Cette monnaie permet une certaine stabilité monétaire qui se paie de la disparition de toute souplesse en cas de choc. Comme l’a énoncé Otmar Issing, en 2010, « les règlers sont qu’un pays doit recourir à des politiques nationales pour réduire son déficit ». Phrase à laquelle Irwin Stelzer répliqua « vendre les bijoux de famille pour financer les dépenses courantes n’est pas la route d’un avenir réaliste ».

Etat social : Principe social-démocrate de gouvernement de la société, il suppose que l’Etat doit piloter le progrès de tous. Ce principe fut abandonné par tous les partis socialistes entre 1980 et 2010. Dans les faits, ce type d’Etat produit un individualisme paradoxal (coupé virtuellement de tout lien avec le voisinage, le lieu, la famille mais inclus de fait dans des artefacts juridico-administratifs.)

Eurabia : Complot présumé, né dans les années 1970 autour d’une revue. Bat Ye’or mais aussi bien Jean-Claude Milner, selon un autre mode (néo-structuraliste), en sont des sectateurs. Il aurait pour objectif (chez Bat Ye-or) ou pour corollaire (chez Milner), sous les atours d’un dialogue euro-arabe, une démission identitaire voire un projet impérial franco-allemand qui s’achèverait par la disparition d’Israël.

Extrême-droite (configuration ) : Elle regroupe tous ceux dont les analyses, les opinions et les recommandations convergent, se repère via les renvois d’ascenseur et les contacts publics. Pour ceux qui oeuvrent dans la sémiosphère et les différents marchés, les collaborations en sont aussi une trace documentaire.

Fallaci Oriana : « Du détroit de Gibraltar aux fjords de Soroy, des falaises de Douvres aux plages de Lampedusa, des steppes de Volvograd aux vallées de la Loire et aux collines de Toscane, l’incendie flambe ». C’est le retour du ton apocalyptique en politique. La conférence du contre-djihad tenue à Bruxelles, en 2007, décerna un prix à son nom. Filip Dewinter néo-fasciste flamand en donna la traduction électorale « nous sommes obligés de partager notre prospérité avec des dizaines de millions d’immigrés du tiers-monde dont la majorité contribue à peine à notre économie et ne cotise pas à la sécurité sociale. Ce sont des parasites…L’immigration de masse est devenue le cheval de Troie d’une religion et d’une idéologie sociale, celle de l’islam ennemi premier de l‘Europe…L’islam radical nous a en effet déclaré la guerre ». Si le dernier constat est vrai, tout le reste est une série de glissements et de métonymies monstrueuses greffées sur le corps sain de la nation (ici flamande) victime et menacée de mort.

Famille : D’un côté, elle est devenue une structure relationnelle en perpétuelle négociation, de l’autre, la plupart des familles dites monoparentales sont sous tutelle étatique.

Famille (analyse de la) : Les trois piliers du mythe du côté de la nouvelle droite en sont : le männerbund, association de guerriers à l’origine (évoliste) de l’Etat, la sociobiologie, enfin le « lignage » indo-européen.

Faulques Roger (capitaine) : Bob Ménard ne lui a pas encore consacré une rue de Béziers. Hélie de Saint-Marc disait de lui, « on le disait brutal. Il était au-delà des étiquettes ». Il avait pris l’habitude de mener la première séance puis d’en présider d’autres. Metteur en scène, Claudine témoigne de son art « j’assistais à tout cela dans un coin de la salle, nue et les menottes aux mains. De temps en temps ils me faisaient appeler pour que je la regarde » pourvue d’électrode ou à moitié asphyxiée. Il aimait aussi doser, à la louche, l’intensité de la gégène et se réservait l’interrogatoire d’après-séance. Il lui arrivait, au cours d’une partie de gégène d’appeler sa femme pour lui expliquer qu’il allait rentrer tard car il avait beaucoup de boulot. De l’autre côté de la cloison, un homme, une femme hurlaient. Alors, il raccrochait puis s’en retournait près du suppôt, cagoulé et nu, c’était la nuit.

Figaro Magazine : En octobre 1985, le magazine lance une enquête intitulée, « serons-nous encore français dans 30 ans ? ». La fécondité des femmes désignées comme étrangères avait été fixée à 4,69, le solde migratoire des non-européens entre 59 et 100 mille personnes. La projection aboutissait à un nombre compris entre plus de 10 et 12 millions d’étrangers en France en 2015. Selon le Figaro, la France était duale et ce dualisme quasi-ontologique se reflétait dans une fécondité différentielle qui prescrivait une réforme du code de la nationalité mais aussi ce que les frontistes allaient nommer la préférence nationale en matière d’allocations.

Français de souche : Pour le fabriquer, prendre une date butoir, par exemple, le français 1900 et considérer tous les autres comme étrangers.

France : Elle serait nécessaire à la stabilité émotionnelle et politique, donc ce nom de femme serait celui d’un Père ou la France comme travelo. C’est aussi une substance et selon le théorème de Zemmour, il faut y inclure Pétain.

Horloge (Club de l’) : Créateur, depuis 1990, du prix Lyssenko.

Illégalité : la rapidité de la sanction est essentielle : toute dilatation du temps met en péril la rigueur des interdits.

Islamo-progressiste : Figure jumelle du chrétien progressiste d’antan.

Immigration : Nom de la race dans les sociétés post-impériales

Imputabilité : Cette notion remplace celle de preuve en cas d’état d’exception ou de guerre

Instructions : Il n’y aura pas d’instructions écrites données par le gouvernement

Juif (Esprit) : Il se serait universalisé avec la Réforme et inscrit dans la constitution des Etats-Unis. Il paraît que le 20ème est son siècle comme 2016 est l’année du Singe.

Juifs : Ils auraient une fonction sacrale, celle du Père. Visiblement chinois, indiens, athées, néo-païens et japonais en doutent fort.

Libéral (Dogme) : Quelle que soit sa teneur, le libéralisme suppose qu’il existe un équilibre (donc un optimum) que traduit une certaine distribution des richesses à toutes les échelles.

Libérale (pensée) : Nombre de penseurs libéraux déconnectent la science économique des nécessités politiques ou sociologiques car comme le disait Adam Smith, la sécurité vaut mieux que la liberté.

Libéralisme : Il a pour principes axiologiques, l’initiative et l’indépendance spirituelle de l’individu.

Licenciement économique : Procédure qui maintient l’arbitraire patronal dans les collectifs de travail. De fait, la loi (de 1973) reconnaît que le patron est seul juge de l’intérêt de l’entreprise.

Machinisme (Anti-) : Les machines sont un Moloch charnel et spirituel.

Malin : Selon Jean-Paul II, sa tactique consiste « à ne pas se révéler afin que le Mal qu’il inculque depuis le commencement reçoive son développement de l’homme même »

Meute : forme de socialisation, l’alignement sur la meute renforce l’identité de l’aligné, plus il s’aligne puis il est Lui comme les autres, soumis à la volonté et à la présence charnelle et parlante du chef.

Mondialisation : La mise en concurrence de tous les territoires suppose un arasement permanent du salariat et, partant, une redéfinition patrimoniale des bourgeoisies nationales.

Mort violente (formes de) : On y compte l’homicide, le suicide, les accidents de la route. Le total cumulé des trois types de décès atteint les 8 % au Japon et en France (3 % au Royaume-Uni, 6 % aux Etats-Unis), soit le double de celui de l’Allemagne et de la Suède mais moitié moins qu’en Russie (18 %) et le 1/3 de la Colombie (24 %).

Mystique : Doctrine soutenue par la seule conviction. Elle refuse toute discussion et voudrait échapper au contrôle de l’expérience et plus encore de la raison. A droite, c’est toujours une esthétique.

Population et Avenir : Revue et terreau de la droite versée dans la démographie. On y trouve Jacques Dupâquier, Michèle Tribalat et J-C Chesnais.

Rapport : si parmi ces victimes quelques-unes, prises dans la bagarre, sont innocentes, la plupart devaient être sinon coupables, du moins complices ; et toutes, sauf peut-être deux qui avaient des pièces d’identité, étaient sans contredit suspectes.

Rationalisme (Anti-) : Il n’existerait pas de vérités a priori inconditionnellement nécessaires et indépendantes de notre esprit et de notre expérience

Renaissance (cercle) : Fondé par Michel de Rostolan. Il fait le lien avec les associations opposées à l’avortement. Il fondera en 1986, le groupe parlementaire Démographie et accueil de la vie où s’illustrera Christine Boutin.

Revenu / Patrimoine (rapport) : La part des 10 % recevant les revenus du travail les plus élevés est comprise entre le ¼ et le 1/3 du total, la part des 10 % de ceux dont le patrimoine est le plus élevé est comprise entre la ½ et les 9/10ème du total

Serial Killer : Il opère dans une phase de décrue des homicides.

Sévices : Les textes les interdisant abondent, leur réalité surabonde.

Social (problème) : Pour un homme de droite, le problème social n’est pas un problème moral donc de justice mais un problème culturel. La société comme forme de vie doit privilégier une organisation qui favorise la création d’une élite de la science, de l’art donc de l’Humanité.

Socialisme : Selon les libéraux, dès lors qu’il adopte pour méthode la planification de l’économie, il ne peut que déboucher sur la dictature.

Solidarité nationale (système de) : Dans ce système, les actifs paient pour l’ensemble des inactifs. Le chômage de masse, les emplois précaires, aidés ou subventionnés transforment le système des protections sociales en un dispositif de pénuries administrées où la définition des ayant-droits est instable.

SOS Jeunesse : Appel lancé par M.Godet et J-C Chesnais ainsi que le directeur de Futuribles H de Jouvenel.

SOS tout-petits : Surgeon de laissez-les vivre du défenseur intransigeant des fœtus, J.Lejeune

Subversion : Mettre sens dessus-dessous, ce seraient des entreprises d’ahurissement, un carnaval visant à abattre l’Occident.

Subversive (guerre) : on ne se bat pas pour prendre des maisons ou des quartiers mais des hommes, on se bat pour détecter un climat, une niche, un terreau.

Surnuméraires : Catégorie de la population considérée comme inemployable

Tribalat Michèle : Infatigable paladin d’une démographie « qualitative », son obsession consiste à remplacer une démographie élaborée à partir des cohortes par une démographie des groupes (étrangers, musulmans, etc.). Dès lors on peut multiplier à l’infini le nombre de générations d’immigrés.

X-DEP : n’est pas un collectif gay issu de polytechnique mais la version comique de feu X-crise. En janvier 1996, le groupe tenta de réhabiliter la mémoire de feu Jean Bichelonne. En mars 1996, dans un récit (allégorique ?), le capitaine Alfred Dreyfus offrait aux allemands les plans du canon de 75. On y retrouve Bourcier de Carbon

Publié par : Memento Mouloud | février 8, 2016

Uchronie (1) : Chroniques du désastre en cours (8 février 2016)

Bobigny

COP 21 , quelle sera l’ampleur du gâteau vert

Daallo ou l’explosion fantôme

Darfour

Deir ez zor (être gay à)

Delta 3

Raqqa

Trudeau Justin, bouffon en parade

Yuan mon amour

Bobigny

Depuis janvier, seize audiences civiles et autant d’audiences correctionnelles collégiales sont supprimées chaque mois. C’est 20 % des audiences du plus important tribunal de France après Paris. « C’est sans précédent, s’étrangle un haut magistrat du tribunal, de plus, dans le département le plus délinquant de France ».

COP 21 , quelle sera l’ampleur du gâteau vert

La présence du secteur privé était bien plus marquée à la COP21 que lors des éditions précédentes. Par ailleurs, les institutions financières mondiales se sont engagées à investir des centaines de milliards de dollars sur les quinze prochaines années dans les énergies dites propres et l’efficacité énergétique.

Du côté du volet catastrophe, une étude menée par CitiGroup souligne qu’un réchauffement planétaire excessif pourrait amputer de près de 72 000 milliards de dollars le PIB mondial. Un autre rapport, publié dans la revue scientifique Nature, conclut que le réchauffement climatique pourrait réduire de presque un quart le revenu mondial moyen. Un rapport de l’Université de Cambridge suggère que les portefeuilles d’actions pourraient perdre jusqu’à 45 % de leur valeur.

Du côté des réalités, une étude récente menée sur un échantillon de 1 700 grandes entreprises internationales a conclu que leurs investissements pour réduire les gaz à effet de serre affichaient un taux interne de rentabilité de 27 %. D’autres études, notamment un rapport publié par l’université de Harvard, ont établi que les entreprises socialement et environnementalement responsables surpassent celles qui négligent ces problématiques.

En septembre 2014, plus d’un millier d’entreprises se sont mobilisées en faveur d’une tarification des émissions de carbone. Elles ont rejoint la coalition pour la fixation du prix du carbone, la Carbon Pricing Leadership Coalition, créée à l’occasion de la COP21.  Au Panama, un consortium construit le plus grand parc éolien d’Amérique Centrale. L’installation, basée à Penonomé, aurait une capacité de 215 mégawatts. Pendant ce temps, le secteur privé joue un rôle clé dans la construction d’une importante centrale solaire de 510 mégawatts dans le désert marocain (coût, près de 3 milliards de dollars). Au Népal, le premier projet de centrale hydroélectrique du pays, qui génèrerait environ 200 gigawatts d’électricité, permettrait de mettre un terme au problème récurrent des pannes et coupures électriques, qui sont une des causes du retard industriel du pays.

Daallo ou l’explosion fantôme

L’explosion qui a eu lieu mardi 2 février 2016 à bord de l’avion de ligne de la compagnie Daallo était due à une bombe. « Des recherches supplémentaires conduites par des experts somaliens et internationaux ont confirmé que l’explosion (…) n’était pas due à un problème technique mais à une bombe destinée à détruire l’appareil et tuer tous les passagers », a déclaré Ali Ahmed Jama, le ministre de l’aviation somalien, lors d’une conférence de presse à Mogadiscio. « Les forces de sécurité ont arrêté des personnes suspectées d’avoir été impliquées » dans cet attentat, a-t-il ajouté.

Les services de renseignement somaliens dévoilaient, dans le même temps, des images de vidéo-surveillance montrant un individu soupçonné d’avoir placé la bombe qui a provoqué l’explosion à bord de l’avion. L’homme porte sur l’épaule un ordinateur portable, dans lequel aurait été placée la bombe, et qui lui aurait été remis juste avant par deux autres hommes – dont l’un est vêtu d’un gilet de sécurité – et qui apparaissent également sur la vidéo, selon l’Agence somalienne de renseignement et de sécurité (NISA). Cela fait beaucoup de conditionnel

« Environ 15 personnes ont été arrêtées jusqu’ici en connexion avec cet incident. L’enquête préliminaire indique que la bombe a été cachée dans un ordinateur portable porté par l’un des passagers », a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, un responsable somalien des services de sécurité. « Des images de surveillance ont enregistré certaines des activités et l’attaque aurait été coordonnée par un réseau d’individus, dont beaucoup ont été arrêtés ou font l’objet d’une enquête ».

Darfour

Béchir, président du Soudan, est recherché depuis 2009 par la CPI pour des accusations de crimes de guerres, crimes contre l’humanité et génocide dans le Darfour. Le conflit, depuis 2003, a provoqué la mort de plus de 300 000 personnes et l’exode de 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. La guerre continue son cours. C’est le moment qu’a choisi le gouvernement français pour reprendre ses renvois de migrants du Darfour vers le Soudan.

Deir ez zor (être gay à)

Ali*, 28 ans, vivait paisiblement dans sa ville natale de Deir ez-Zor en Syrie. Lorsque la révolution syrienne éclate en mars 2011, il gérait un café de quartier. Très vite, il prend fait et cause pour la révolution et devient journaliste-citoyen. Un an plus tard, l’armée de Bachar el-Assad bombarde sa ville et la famille perd son logement. Après des semaines de combats acharnés, le Front al-Nosra (la branche syrienne d’el-Qaëda) chasse l’armée régulière. Mais, en juin 2014, c’est l’État islamique (EI) qui s’empare de Deir ez-Zor. Dès lors, s’ensuit une période d’obscurantisme qui plonge Ali et sa famille dans le désarroi le plus total.

« Les Syriens ont toujours pensé que Deir ez-Zor, c’était le Moyen Âge. C’était tout le contraire. Il y avait un flot de touristes attirés par les ruines de Mari. La ville était un pôle dynamique pour toutes les communautés. Chaque année, les Arméniens faisaient le pèlerinage à l’église des martyrs arméniens », se souvient-il avec une pointe de nostalgie. En septembre 2014, l’État islamique dans sa frénésie destructrice a réduit cette église en un tas de ruines.

En Syrie, la sexualité a toujours été taboue. Néanmoins, sous le régime de Bachar el-Assad, la communauté gay coulait des jours heureux. Elle avait ses codes secrets. Ali nous confie que les hommes se « repéraient » grâce à leur démarche. « Quand je croisais un homme à l’allure féminine, je m’approchais et lui demandais s’il était « jaw » – du milieu », affirme-t-il. À Damas, plusieurs quartiers de « drague » s’étaient développés comme le jabal Kassioun (mont Kassioun) qui surplombe la capitale syrienne et où les hommes flirtaient au nez et à la barbe des soldats du régime. Pour ce dernier, la seule ligne rouge était la politique.

Les sites de rencontres et autres applications mobiles étaient légion. « Manjam », « Grindr » ou « Gaydar » offraient des possibilités multiples de rencontres. Certains de ses amis étaient, comme il le dit, « over » et se promenaient fardés dans la rue. Plus étonnant encore, c’était les fêtes dans des salles de mariage louées par des couples gays pour célébrer leur « union ». Ali se souvient de la dernière cérémonie, juste avant la révolution, où « un couple d’amis hommes avait mis les petits plats dans les grands pour sceller leur engagement. Évidemment, le mariage gay n’est pas légal, mais rien ne nous empêchait d’exposer, au sein de la communauté, notre amour au grand jour ».

« Vous n’allez pas me croire, mais j’ai passé mes plus belles années au service militaire. » Le jeune homme garde un excellent souvenir de ses années sous le drapeau. Durant son service, il a partagé son quotidien avec des hommes qu’il a aimés. C’est avec le sourire qu’il se remémore ces années magiques : « Un de mes amoureux m’avait avoué une très belle chose. À chaque fois qu’il me voyait à la cafétéria, il était tellement ému qu’il n’arrivait plus à manger. À l’armée, j’ai eu beaucoup d’amants. Bien sûr, nous étions vigilants. J’ai vécu les deux plus belles années de ma vie. »

Le jeune homme témoigne des atrocités qu’il a vues : « Mon premier traumatisme a été une convocation publique des jihadistes. Le rituel consistait à sommer les habitants à venir assister à des condamnations de présumés « fautifs ». Nous n’avions pas d’autre choix que d’obéir, car on ne peut pas dire non à Daech (acronyme arabe de l’EI). Sur la place publique, ils traînaient des gens qu’ils exécutaient froidement tout en récitant des actes d’accusation truqués. »

L’État islamique s’infiltre dans toutes les communautés pour mieux les contrôler et les détruire. Pour les homosexuels, la punition, c’est d’être jeté du haut d’un immeuble. Ali a au moins deux amis qui ont subi ce sort. Mais rien ne laissait présager le pire. Pour infiltrer le milieu, un jihadiste s’était inscrit sur un site gay en créant un profil. Après avoir contacté un jeune homme, Bassam*, il lui tend un piège et l’emmène dans un lieu inconnu. Avant de rendre l’âme, sous la torture, Bassam a dévoilé l’intégralité de son carnet d’adresses, livrant ainsi l’identité de ses partenaires.

Alertée par la disparition de Bassam, la communauté change ses habitudes vestimentaires. « On s’est tous laissé pousser la barbe et on a adopté une démarche macho. On s’est rendu compte que Daech notait les moindres détails de notre physique. Mes amis me disaient que je me déhanchais et qu’il fallait rester vigilant car je pouvais être facilement repéré. J’ai caché mes pantalons roses et jaunes, et je me suis entraîné à marcher d’une façon masculine. Je ne me reconnaissais plus. Je me regardais dans le miroir et je voyais un autre homme barbu et viril. C’était comme de la schizophrénie »

La route qui mène à Damas est ponctuée de barrages de l’État islamique et de factions diverses. Les trois premiers sont passés sans encombre. Au quatrième, des hommes montent dans le bus et en sortent trois garçons. Les jihadistes leur reprochent d’avoir tatoué leurs sourcils. Pour cette faute « grave », les trois garçons sont roués de 80 coups. Ensuite, les cartes d’identité sont vérifiées. Deux garçons sont retenus, le troisième relâché. Les deux malheureux sont froidement exécutés d’une balle à la tête.

« Dans le bus, tout le monde était effaré. Les femmes sanglotaient tandis que les hommes, pétrifiés, regardaient par terre. Le garçon qui avait échappé à cette condamnation était terrorisé. Un silence de mort a ensuite régné durant ce long périple d’une douzaine d’heures avant de rejoindre Damas », raconte Ali. Arrivé au Liban, Ali prend un taxi et se retrouve dans un immeuble habité par des ouvriers syriens. Une fois sur place, il s’aperçoit que huit hommes partagent une grande chambre. Pour la modique somme de 50 dollars, il pourra y loger. À la nuit tombée, épuisé, Ali est victime d’attouchements sexuels. Il s’enfuit in extremis. Une semaine plus tard, il est agressé par des Libanais qui lui reprochent sa démarche efféminée. Quand ils découvrent qu’il est syrien, ils le frappent au visage. Ali est effondré et songe au suicide. Il décide de s’inscrire auprès du HCR pour demander l’asile. « J’ai vécu l’enfer à Deir ez-Zor, et à Beyrouth le cauchemar continue », dit-il à bout de nerfs.

Delta 3

Sur la zone de Delta 3, un site bâti sur les décombres industriels du bassin minier, la famille Mulliez et ses petits camarades s’échangent de la main d’œuvre précaire pour satisfaire les exigences du « e-business ».

On y arrive par l’A1, et on a vite fait de se perdre dans le dédale des vastes entrepôts qui constituent le cœur de la zone. Delta 3, l’immense plate-forme logistique située en bordure de Dourges, au nord de Douai, est laide et sans âme. Ce conglomérat d’entreprises emploie autour de 1500 salariés. Au salon du Commerce connecté, à Lille Grand Palais, le Directeur Général d’Euralogistic vante les coulisses d’un secteur qui emploie plus de 40 000 personnes sur la région. Le type, qui pilote une partie des activités du site, se sent une vocation : « Ma mission est de faire du Nord-Pas-de-Calais la première zone logistique de France ».

Le site, lancé en 2003 avec l’aval de tous les élus du coin, cumule pour le moment plus de 300 000 m² d’entrepôts, et prévoit bientôt de doubler de surface. Sur place, des grosses boîtes appartenant souvent à la famille Mulliez et connectées aux marchés européens : DHL, Leroy Merlin, Oxybul, Décathlon, etc. Le site se gargarise de ses avantages comparatifs : un coût du foncier tassé par les élu.es pour attirer les investisseurs et faire la nique aux agglos voisines, et une plate-forme « tri-modale » qui permet d’optimiser les flux marchands. Camions, bateaux, chemin de fer : tout passe par Delta 3.

« Afin de prévenir tout risque pour la santé des travailleurs et pour les futurs utilisateurs de la plate-forme, (…) une méthode de dépollution [a permis] à Charbonnages de France de procéder à toutes les dépollutions nécessaires, mais seulement à celles-là ». Desprez venait d’admettre qu’ « arrêter les camions », l’un des objectifs vaguement affichés de la plate-forme, s’était vite « avéré illusoire ». Et de préciser : « Changer de modes de transport entraîne des coûts trop importants, c’est pas intéressant. Quoiqu’on en pense, le camion sera toujours le transport dominant ».

« Régulièrement on reçoit des colis de Chine. Et puis ben… on les réexpédie en Chine. Ou bien des trucs qui viennent de République Tchèque, et qu’on rebalance en Pologne ». C’est ce que nous raconte, sourire en coin, Thomas*, magasinier chez Décathlon. Les entrepôts de Décat’ ou Leroy Merlin réceptionnent les colis bouclés par des fournisseurs éparpillés à des dizaines de milliers de kilomètres, et les renvoient dans les magasins des deux groupes… à des dizaines de milliers de kilomètres.

Actuellement, Leroy Merlin compte plus d’une centaine d’intérimaires pour 185 salariés. Une équipe « cross web » prépare entre 180 et 400 commandes personnalisées par jour. « Les gens, ils achètent des trucs de dingue sur internet, des portes, des trucs super volumineux », rapporte Michel, un cariste qui bosse pour la firme. La boîte fait essentiellement transiter du matériau lourd : un préparateur transporte une moyenne de sept tonnes de carrelage par jour. Alors l’injonction à la e-productivité se paye physiquement. « Le classique ici, c’est les lumbagos et les sciatiques », précise Michel. « Et quand t’as été touché une fois au dos, t’es plus vulnérable pour la suite ».

Le site est quadrillé par des compagnies de sécurité privée ; il est bardé de caméras, de portiques et de pointeuses à badger. Les employés « reçoivent les ordres dans l’oreillette ou sur une tablette fixée sur l’avant-bras », poursuit le DG. Qui embraye, d’un ton exalté : « Quand la voix donne la commande, il faut répondre au micro  »OK ». Quand un voyant s’allume, on doit aller dans tel rayon chercher tel colis, et l’emmener à tel endroit en suivant les consignes de la voix. »

Raqqa

«Rasez la moustache. Laissez pousser la barbe… C’est un ordre du prophète.»», enjoint Abu Fatima. «Par Dieu le glorieux, pas un seul fumeur n’aura mon examen ni n’aura le bon qui lui permettra de toucher l’argent des moudjahidines, s’est-il mis à crier. Ni le cocu qui laisse sa femme sortir sans voile!» Les cours de charia ne sont que les sanctions les plus récemment mises au point par l’État islamique. Avant l’été, il punissait les délinquants en les obligeant à creuser les tranchées qui encerclent partiellement la ville.

La prise de Raqqa par l’État islamique en janvier 2014 a déclenché une transformation démographique sans précédent dans la ville. Des combattants étrangers ont déferlé, apportant leurs familles avec eux. Dans la forme de colonisation la plus immonde qui soit, les membres de l’EI se sont mis à vadrouiller partout à la recherche de maisons à investir. Ils ont commencé par les maisons des officiers du régime syrien, les logements qui avaient appartenu à des rebelles syriens et les logements sociaux.

Mais avec le temps, l’État islamique a réussi à recruter un grand nombre d’habitants. Ces nouvelles recrues sont principalement de jeunes hommes célibataires, voire des adolescents, qui vivaient chez leurs parents et sont incités à se marier dès leur formation militaire terminée. En conséquence, la demande de nouveaux logements n’a fait que croître. En juin dernier, la perte par l’EI de la ville frontalière syrienne de Tal Abyad a également suscité un grand nombre de nouvelles arrivées tandis que membres et supporters de l’EI s’enfuyaient vers Raqqa.

Les Kurdes vivaient autrefois aux côtés de leurs voisins arabes à Raqqa. Mais aujourd’hui, alors que les combats entre l’État islamique et la milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), s’intensifient, ils ont été chassés de chez eux.

L’EI s’était engagé à protéger les propriétés des Kurdes, promesse qui ne fut tenue que trois jours. Les propriétés kurdes à Raqqa ne tardèrent pas à être pillées et les maisons accaparées par l’État islamique qui les redistribua à ses combattants. Les locataires arabes qui occupaient des appartements ou des maisons kurdes n’eurent d’autre choix que d’en remettre les clés. Pendant que l’État islamique chassait les Kurdes de Raqqa, il essayait d’attirer d’autres habitants dans la ville. Exploitant la crise des réfugiés syriens soudain propulsée au rang de problème urgent dans les médias internationaux, l’État islamique a produit plusieurs vidéos appelant les sunnites –désignés simplement par le terme «musulmans» dans son vocabulaire –à venir vivre dans ses territoires.

Dans ces vidéos, l’État islamique montre des réfugiés noyés dans la Méditerranée ou emprisonnés par la police hongroise. Les séquences illustrant la vie dans son califat, en revanche, affichent des marchés bondés et des jardins luxuriants. Plusieurs habitants et combattants apparaissent dans la vidéo, pressant les «musulmans» de rentrer chez eux.

Il y a quelques mois, Le Califat  a privé les habitants de wifi en faisant enlever les amplificateurs de signal des toits des maisons. Le 18 novembre, les connexions internet par satellite ont été interdites, et les cybercafés ont été obligés de fermer. Le café qui désire rouvrir doit se procurer deux recommandations des forces de sécurité de l’État islamique comportant les signatures des émirs. Et il faut également un permis du bureau des renseignements de l’EI.

Les frappes aériennes ont endommagé le principal pont sur l’Euphrate utilisé par les habitants pour entrer dans la ville et ont détruit les plus petits. Il faut une heure de route pour atteindre la rive opposée. Sur la radio califale, un présentateur fait l’éloge d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques de Paris. «Par Dieu, l’État islamique va venger ces frappes aériennes. Nous allons les attaquer chez eux, vocifère-t-il. En Belgique et en Australie, au Canada, en Allemagne et à Rome…»

Trudeau Justin, bouffon en parade

Sourire de jeune premier, toujours disponible pour un selfie, le Premier ministre canadien Justin Trudeau incarne une nouvelle manière de gouverner sans but. Totalement en phase avec son époque, il a constitué un gouvernement respectant la parité ainsi que la diversité ethnique du Canada « parce qu’on est en 2015 ! » variante du si les chinois étaient à Paris, il se ferait mandarin.

Yuan mon amour

D’après les chiffres plus ou moins mensongers publiés dimanche 7 février par la Banque centrale de Chine (PBoC), les réserves de change du pays ont fondu de 99,5 milliards de dollars (89,2 milliards d’euros) en janvier, pour tomber à 3 230 milliards de dollars. Le bas de laine monétaire chinois est au plus bas depuis 2012. Pour soutenir le cours de la devise, la banque centrale achète des yuans en puisant dans ses réserves de change, qui ont fondu de 770 milliards de dollars depuis leur pic de juin 2014, à 4 000 milliards de dollars. Mais pour que cela fonctionne, le pays devra aussi stopper les sorties de capitaux (plus de 700 millions de dollars en 2015, officiellement) et convaincre les investisseurs (autre nom pour les rentiers) de rester en Chine. Ce qui exige des réformes structurelles (licenciements, précarisation toujours plus précaire des salariés, ouverture à la prédation internationale) délicates. L’indice composite de Shanghai a perdu 50 % depuis juin. Il reste néanmoins 30 % supérieur à son niveau de mi-2014, avant la formation de la bulle boursière (autre nom pour spéculation) chinoise.

Le Monde / AFP / Slate / L’Orient le Jour/ La brique / La Tribune/ BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 6, 2016

La Grâce de Jacqueline Sauvage ou le pitre et l’assassin

Sous la pression des organisations féministes, le président Hollande, le pitre Hollande a partiellement gracié une meurtrière Jacqueline Sauvage, au nom de toutes les femmes battues, ce qui constitue à la fois une négation de toute justice (on juge un cas pas une classe da faits) et un mépris évident des jurys populaires.

Je n’en suis pas étonné. Sous ses dehors de clown, François Hollande est selon la définition de Pascal, un tyran c’est-à-dire un être qui voudrait organiser hors de son ordre, la politique exécutive, une domination sans partage. Le même homme qui a permis de lever le secret de la vie privée, qui introduit l’état de guerre dans la Constitution qui rend raison au capitalisme réellement existant vient de gracier une meurtrière, avec l’accord de Madame Taubira qu’on a connue nettement plus silencieuse à propos des syndicalistes emprisonnés.

Il suffit de plonger dans le compte-rendu d’audience pour comprendre ce qu’est ce couple et cette famille. Norbert Marot ressemble très fortement au Jean Yanne de Que la Bête meure. Chef de famille, chef d’entreprise, chasseur, il est brutal, insultant, comminatoire, le beauf épiphane de Cabu en personne. Comme sa femme il doit voter Front National, comme sa femme il déteste les chômeurs et les fainéants. Comme sa femme il appartient à cette petite-bourgeoisie inculte de province qui s’estime la seule à trimer sur la planète France.

Jacqueline Sauvage fut une petite fille choyée par son père qui n’a pas hésité à exhéréder ses autres enfants en sa faveur. Violente elle insulte publiquement ceux qu’elle n’aime pas, gifle, poursuit de son ire une des maîtresses de son mari, s’avère autoritaire et rétive à l’autorité au sein de la prison. De plus, elle manie le fusil mieux que son mari. Le jour de l’assassinat comme l’a certifié l’expert les trois balles firent mouche, chacune était homicide. Norbert Marot n’avait aucune chance d’en réchapper.

La belle et la bête ont édifié leur couple autour de l’entreprise familiale qui a fini par péricliter avant le meurtre de l’Ogre, du père incestueux. Comme pour les coups répétés qu’aurait subi Jacqueline Sauvage, rien ne prouve les actes incestueux de Norbert Marot sinon les témoignages des enfants, hors celui du fils, Pascal, qui s’était suicidé la veille du meurtre. Le scénario bascule, nous ne sommes plus dans la Belle et la Bête mais dans celui de Sitcom de François Ozon, le père est un gros rat qu’il s’agit d’éliminer et c’est exactement ce que réclament les associations féministes, la reconnaissance d’une justice immanente, une justice de dératiseurs.

Un simple raisonnement et quelques faits auraient dû écarter toute grâce. Si Norbert Marot est un être violent et incestueux, pourquoi lui a-t-on confié les petits-enfants pour un voyage en camping-car dans la Somme, en 2011 ?  Si cet homme est un Ogre, pourquoi les enfants se sont-ils agrégés à l’entreprise familiale. Si Madame Sauvage a menti, par calcul, sur les circonstances du meurtre, pourquoi n’aurait-elle pas menti sur d’autres points ? Enfin si les incestes ont eu lieu, pourquoi cette femme n’a-t-elle pas protégé ses enfants ? Et mieux, pourquoi n’a-t-elle pas flanqué deux balles dans la tête de la Bête pour qu’elle meure enfin ?

Pour le compte-rendu des audienceshttp://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/gatinais/2015/12/03/assises-jacqueline-sauvage-condamnee-a-10-ans-de-reclusion-en-appel-pour-le-meurtre-de-son-mari_11685571.html

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